Une semaine marquée par la nouvelle baisse des taux européens

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A la Une de l'actualité cette semaine, la nouvelle baisse des taux européens, portés à leur plus bas niveau historique. La forte hausse du chômage en France et aux Etats-Unis, les premiers résultats annuels du groupe GDF Suez et le versement inédit d'un dividende chez Eurotunnel ont également fait les gros titres.

LES TAUX D'INTERÊT EUROPEENS RAMENES A LEUR PLUS BAS NIVEAU HISTORIQUE

Comme annoncé, la Banque centrale européenne (BCE) a procédé ce jeudi un nouvel assouplissement de sa politique monétaire, le cinquième depuis l'aggravation de la crise financière en octobre dernier. Le taux directeur européen est ainsi passé de 4,25% à 1,5%, son plus bas niveau depuis la création de la zone euro il y a dix ans. A l'occasion de sa traditionnelle et attendue conférence de presse qui a suivi cette décision, Jean-Claude Trichet, a estimé que la banque centrale pourrait encore abaisser son principal taux directeur. "Dans l'ensemble, les taux d'inflation ont fortement baissé et on s'attend à ce qu'ils restent nettement inférieurs à 2% en 2009 et 2010", a expliqué le président de la BCE dont le seul objectif officiel est de maintenir la hausse des prix à un niveau inférieur mais proche des 2%. "Cette perspective d'inflation s'explique par la baisse des prix des matières premières et des prix et coûts au niveau domestique, reflet de la forte baisse de l'activité économique". D'ailleurs, la BCE a révisé en forte baisse ses prévisions de croissance pour 2009 et 2010. Sa prévision pour le PIB (produit intérieur brut) est désormais comprise entre -3,2% et -2,2% pour cette année, au lieu d'une fourchette de -1% à 0 annoncée en décembre. Pour 2010, la croissance est attendu entre -0,7% et +0,7%, contre une fourchette précédente allant de +0,5% à +1,5%. De son côté, la Banque d'Angleterre (BOE) a abaissé jeudi aussi son taux directeur d'un demi-point à 0,50%, nouveau plus bas historique, et annoncé qu'elle lançait un programme de création de monnaie en rachetant pour 75 milliards de livres (84 milliards d'euros) d'actifs, principalement des emprunts d'Etat.

LE CHÔMAGE EN FORTE HAUSSE EN FRANCE, A 8,2% DE LA POPULATION ACTIVE

Après le chiffre record du nombre de demandeurs d'emploi supplémentaires en janvier (90.200), le taux de chômage, annoncé désormais tous les trois mois et publié ce jeudi, confirme la tendance d'une flambée du chômage en France. Au quatrième trimestre, il a atteint 7,8% (8,2% DOM inclus), soit une hausse de 0,6 point par rapport au troisième trimestre. Cette progression est beaucoup plus importante que prévu. Les analystes tablaient en effet sur un taux de chômage français de 7,9% au quatrième trimestre. A 8,2%, c'est son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2007. Au sens du Bureau international du travail (BIT), cela correspond à près de 2,2 millions de chômeurs (2.197.000). Toutes les catégories d'âge et de sexe sont concernées par cette remontée du chômage, mais dans des proportions variables. Les jeunes sont les plus touchés. Pour les moins de 25 ans, le chômage a crû de 2,1 points à 20,4% en métropole au quatrième trimestre (contre 18,3% au 4ème trimestre 2007) et à 21,2% avec les DOM. Le chômage a augmenté pour les 25-49 ans, à 7% en métropole sur les trois derniers mois de l'année, soit 1,301 million de personnes (6,9% au 4ème trimestre 2007), et à 7,4% avec les DOM. Pour les plus de 49 ans, le taux de chômage est resté stable sur un an à 5%, correspondant à 353.000 personnes.

2 MILLIONS D'EMPLOIS SUPPRIMES AUX ETATS-UNIS SUR LES TROIS DERNIERS MOIS

La situation sur le marché de l'emploi américain s'est encore dégradée le mois dernier. La première économie mondiale a ainsi détruit 651.000 emplois en février, portant le taux de chômage à 8,1% de la population active. Au plus haut depuis décembre 1983. Les suppressions de postes de janvier ont été révisées à 655.000 contre 598.000 annoncées initialement et celles de décembre à 681.000 contre 577.000. Décembre 2008 devient du coup le plus mauvais mois pour le marché du travail américain depuis octobre 1949. Depuis le début de la récession actuel, qui a officiellement débuté en décembre 2007, l'économie américaine a supprimé 4,4 millions d'emplois. Et sur les trois derniers mois, ce sont près de deux millions d'américains qui ont perdu leur travail. Le nombre des chômeurs atteint désormais 12,5 millions. Des chiffres "épouvantables" de l'aveu même de la Maison Blanche, qui espère que le plan de relance de l'économie de 787 milliards de dollars va permettre de stopper l'hémorragie. Mais, dans son traditionnel Livre beige, la Réserve fédérale a averti que la reprise de l'économie n'était pas attendue avant la fin de l'année, voire le début de l'année 2010.

BENEFICE DE 6,5 MILLIARDS D'EUROS POUR LE PREMIER EXERCICE DE GDF SUEZ

Pour la première fois depuis sa fusion en juillet dernier, GDF Suez a publié ce jeudi ses résultats annuels. En 2008, le groupe d'énergie a dégagé un bénéfice net en hausse de 13%, à 6,5 milliards d'euros, porté par des plus-values de cession à hauteur de quelque deux milliards. Le résultat brut d'exploitation (Ebitda) progresse également de 11% à 13,9 milliards d'euros et le chiffre d'affaires de 17% à 83,1 milliards d'euros. Pour 2009, malgré la chute des cours du pétrole depuis l'été dernier, GDF Suez continue de prévoir un résultat brut d'exploitation (Ebitda) "en croissance", sans plus de précision. Il table sur une hausse de plus de 20% en 3 ans pour arriver à un résultat d'exploitation compris entre 17 et 18 milliards d'euros en 2011 "dans l'hypothèse d'un retour à un meilleur environnement économique". Mais ces objectifs ne tiennent pas compte d'une baisse prévue des prix du gaz en avril. Cette dernière est réclamée par des associations de consommateurs, qui mettent en avant le repli de près 70% du prix du baril de brut, sur lequel est indexé celui du gaz. GDF Suez estime de son côté avoir subi un manque à gagner de 679 millions d'euros en 2008 en raison du prix trop faible des tarifs réglementés.

EUROTUNNEL VA VERSER LE PREMIER DIVIDENDE DE SON HISTOIRE

Cela n'est encore jamais arrivé depuis la création de l'entreprise en 1986. Eurotunnel va verser en 2009 le premier dividende de son histoire. Un dividende modeste de 4 cents. Mais un an après ses premiers profits, le concessionnaire du tunnel sous la Manche confirme son redressement. En 2007, le groupe avait dégagé un bénéfice net d'un million d'euros. Les profits sont montés à 44 millions d'euros l'an passé, malgré le violent incendie survenu dans le tunnel en septembre. "L'année 2008 marque clairement la fin des incertitudes financières pour eurotunnel', s'est félicité Jacques Gounon, le PDG d'Eurotunnel. Le coût total de cet incendie est chiffré à 200 millions d'euros, dont 60 millions au titre des travaux et une perte d'exploitation de 140 millions d'euros. Après des années de déboires financiers qui ont mené l'entreprise au bord de la faillite, Eurotunnel semble donc sur de bons rails.

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