L'euro grimpe après l'accord sur les modalités de l'aide européenne à la Grèce

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(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
La monnaie européenne est revenue ce lundi matin au-dessus de 1 euro pour 1,36 dollar. Dimanche, le président de l'Eurogroupe, le luxembourgeois Jean-Claude Juncker a indiqué que le montant de l'aide européenne à la Grèce sera d'environ 30 milliards d'euros. S'y ajouteraient 15 milliards du FMI. Au total, ce programme pourrait atteindre 80 milliards d'euros.

Les cambistes ont bien accueilli ce lundi l'annonce des détails du plan de soutien des pays européens à la Grèce. L'euro bondit ainsi à 1,3660 dollar dans les échanges à Tokyo, contre 1,3497 vendredi soir à New York.

Une réunion par téléconférence des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe), en présence du commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn, s'est en effet tenue dimanche afin d'avaliser un accord technique obtenu vendredi. Comme l'a souligné le ministre chrypriote des Finances Charilaos Stavarakis, "nous nous sommes mis d'accord sur la manière dont les Etats membres, avec le FMI, apporteront une assistance économique à la Grèce si elle le demande".

Le montant de l'aide européenne à la Grèce sera d'environ 30 milliards d'euros a indiqué le président de l'Eurogroupe, le luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Le taux d'intérêt serait de 5% environ sur la première année d'application de ce mécanisme soit 2 à 2,5 points de moins que le taux actuel auquel emprunte Athènes. A ce montant pourrait s'ajouter une contribution du Fonds monétaire international (FMI). La règle des deux tiers pour l'Union européenne, un tiers pour le FMI devrait s'apliquer. Ce qui donnerait 15 milliards d'euros supplémentaires venus du Fonds. La question sera à l'ordre du jour d'une réunion prévue ce lundi. Le programme total pourrait même atteindre les 80 milliards d'euros.

Le FMI "prêt à se joindre à l'effort"

Dans un communiqué, le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a salué le plan de soutien financier à la Grèce annoncé par la zone euro et indiqué se tenir "prêt à se joindre à cet effort". "L'accord trouvé entre les ministre des finances de la zone euro, la Commission européenne et la Banque centrale européenne est une étape très importante", a-t-il ajouté, poursuivant : "le FMI se tient prêt à se joindre à cet effort, y compris à travers un accord pluri-annuel, autant qu'en auront besoin et le demanderont les autorités grecques".

"Il n'y a pas de décision d'activer ce mécanisme mais nous sommes prêts", a souligné de son côtéJean-Claude Juncker. Athènes a indiqué également ne pas solliciter cette aide pour l'instant et compter pouvoir continuer à se financer sur le marché. Le ministre Grec des Finances a salué dimanche cette "très importante" décision des ministres des Finances de la zone euro sur les conditions d'une aide éventuelle à la Grèce et a ajouté qu'Athènes restera fidèle à ses propres efforts pour réduire sa dette.

La Grèce va encore tester le marché

Les vice-ministres des Finances et les banquiers centraux de la zone euro étaient parvenus vendredi à un accord sur les modalités d'éventuels prêts d'urgence à Athènes. La Grèce peut encore se refinancer pour un à deux mois et ne devrait pas donc demander d'aide dans l'immédiat. Lorsqu'elle le fera, la zone euro pourrait accéder à cette requête en quelques heures. Le taux d'intéret serait de plus de 5%, sur des prêts accordés pour trois ans, voire plus. Cet accord doit permettre à la Grèce de se refinancer à un taux "moins élevé que le taux actuel du marché pour la dette grecque", sans que "ce soit un cadeau pour autant". Le taux des obligations d'Etat a touché cette semaine 7,322%, son plus haut niveau historique depuis la création de la zone euro.

Cet élément était absent du compromis trouvé le 25 mars par les dirigeants européens, lorsqu'ils avaient accepté le principe de la mise en place d'un tel dispositif de soutien. Les marchés étaient du coup rester très inquiets sur la valeur de la dette souveraine grecque qui a été mise sous une pression sans précédent avec des rendements record et un différentiel avec lex taux allemands, références dans la zone euro, également record.

Vendredi, l'agence de notation Fitch a annoncé avoir abaissé de deux échelons, à BBB- contre BBB+, la note souveraine de la Grèce et a laissé entendre qu'elle pourrait encore la descendre, en arguant de la détérioration de la situation économique et budgétaire du pays. La note d'émetteur long terme d'Athènes revient ainsi au dernier échelon de la catégorie d'investissement. La note BBB- est assortie d'une perspective négative. Fitch déclare dans un communiqué que la hausse de la charge de la dette et la dégradation des perspectives économiques vont rendre de plus en plus difficile la réalisation des objectifs budgétaires que s'est fixés le gouvernement grec.

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