Crise grecque : pas d'inquiétudes pour les banques françaises, selon Christian Noyer

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Le gouverneur de la Banque de France estime que l'exposition des groupes bancaires français à un éventuel défaut de paiement de la Grèce reste limitée. Il reconnaît néanmoins que les autorités de régulation surveillent "de près" la situation.

Alors que la crise grecque a de nouveau secoué les marchés jeudi, les investisseurs se sont en particulier inquiétés de l'exposition des banques françaises aux problèmes des finances publiques hellènes. Après les propos apaisants du président de la BCE, Jean-Claude Trichet, le gouverneur de la Banque de France (Bdf), Christian Noyer, a donc à son tour dû rassurer.

Le responsable affirme ce vendredi ne pas avoir "d'inquiétude particulière" concernant l'exposition des banques françaises aux problèmes actuels de la Grèce, chiffrée à "une cinquantaine de milliards d'euros". Cette exposition est importante parce que les banques françaises "sont les seules à avoir des filiales" en Grèce, a souligné le gouverneur de la BdF. De fait, les banques françaises présentent "une exposition économique normale", via les crédits accordés par leurs filiales.

D'après les statistiques de la Banque des règlements internationaux, les banques françaises seraient toutefois les plus exposées en Europe à la dette grecque, d'autant plus que le coût de la dette se renforce avec un record historique pour le taux des obligations grecques. Leur exposition globale est ainsi estimée à 75,45 milliards de dollars (56,73 milliards d'euros) contre 63,96 milliards de dollars pour les banques suisses et 43,23 milliards pour les banques allemandes.

Sources de vulnérabilité

Lors des premières inquiétudes sur les finances d'Athènes en début d'année, BNP Paribas avait alors assuré que son exposition à la Grèce était "limitée" mais sans pour autant donner d'indications chiffrées. La Société générale, dont l'exposition à la dette souveraine de la Grèce est estimée par Oddo Securities à 4 milliards d'euros, a de son côté fait savoir qu'elle n'excluait pas cette année de renforcer le capital de sa filiale grecque Geniki. Crédit Agricole, présent dans le pays via sa filiale Emporiki, n'a pour sa part pas communiqué.

Sur l'autre problème de l'exposition des banques françaises aux obligations émises par l'Etat grec, Christian Noyer estime qu'elle est "dans des ordres de grandeur qui ne sont pas anormaux par rapport à ce qu'ont les autres banques européennes". Selon lui, les banques françaises détiennent des obligations souveraines grecques dans une proportion relativement faible.

Malgré ses propos rassurants, Christian Noyer reconnaît néanmoins que les autorités de régulation françaises surveillent "de près" la situation. La Commission bancaire, qui rendait ce vendredi son rapport annuel 2009, s'est d'ailleurs montrée prudente.

L'établissement met en exergue des sources potentielles de vulnérabilité pour les banques françaises comme le risque de nouvelles décotes sur les actifs toxiques ou les effets induits par les déficits publics. Dans un communiqué, l'autorité française de contrôle du secteur bancaire estime également que l'évolution des provisions destinées à couvrir les risques de crédit dépendra de la vigueur de la reprise économique.

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a écrit le 09/04/2010 à 9:51 :
Je découvre enfin avec bonheur que ce que nous appelons de "l'argent" n'a plus aucun sens, en fait les banques le créent tout simplement sur la base d'une promesse de remboursement. Cerise sur le gâteau pour 1 Euros qu'ils ont créé ils en fabriquent 9 fois plus voir 30 ! ... Tout ça est un grand carnaval puisqu'il FAUT DES DETTES pour avoir de l'argent donc on risque quoi ? Si j'en ai besoin d'un peu plus j'en recréé .... Voir comment ça marche sur http://www.dailymotion.com/video/x75e0k_l-argent-dette-de-paul-grignon-fr-i_news (aucune propagande ou opinion ça explique le principe et vous pouvez tous dormir tranquille).
a écrit le 09/04/2010 à 7:02 :
<<l'évolution des provisions destinées à couvrir les risques de crédit dépendra de la vigueur de la reprise économique>>
- Je comprends le bienfait d'avoir plus d'argent dans les caisses de l'Etat...
- Je ne comprends pas de quel levier economique on parle puisque les menages sont 'justes' pour ne pas dire 'exsangues'?
Pour moi, le ver grec est deja dans la pomme.
a écrit le 09/04/2010 à 7:01 :
Les banques françaises détenant avec 75 milliards de dollars 25% de la dette souveraine grecque, l'appréciation du gouverneur de la Banque de France, qui juge que l'exposition (les risques pour parler français) est dans des ordres de grandeur qui ne sont pas anormaux, est bien optimiste. Ne veut-il pas sous-estimer le problème pour des raisons tactiques ou, en d'autres termes, noyer le poisson ?
a écrit le 09/04/2010 à 6:52 :
La dette souveraine grecque est estimée à 300 milliards de dollars. Les banques françaises détenant avec 75 milliards 25% du total, il est difficile de partager l'appréciation du gouverneur de l

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