La Grèce appelle officiellement à l'aide l'Europe et le FMI

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(Crédits : Reuters)
Le Premier ministre grec a officiellement demandé vendredi l'activation du mécanisme d'aide financière de la zone euro et du Fonds monétaire international. La première tranche sera disponible avant le 19 mai, selon le ministre des Finances grec. Son homologue allemand a assuré ce dimanche qu'une réponse positive de Berlin n'était pas acquise. Dans un entretien au JDD Christine Lagarde explique, de son côté, qu'il faudra des "mécanismes de contrôle pour ne pas tomber dans un puits sans fond"

C'est désormais officiel. Lors d'une allocation à la télévision nationale vendredi midi, le premier ministre grec a demandé l'activation du mécanisme d'aide conjoint des pays de la zone euro et du FMI. Ce plan prévoit des prêts de l'ordre de 45 milliards d'euros à un intérêt autour de 5%. "L'activation du mécanisme (d'aide UE-FMI) est un besoin national, et pour cette raison j'ai donné l'ordre au ministre des Finances (Georges Papaconstantinou) de faire toutes les actions nécessaires. Nos partenaires feront le nécessaire pour nous offrir un port sûr pour permettre de remettre notre navire à flot (...) et envoyer le message aux marchés que l'Union europénne ne joue pas et qu'elle protège l'euro", a déclaré Georges Papandréou.

Bruxelles a réagi très vite après cette déclaration en précisant que la mise en oeuvre du plan se ferait dans les plus brefs délais :. "Tout ça va se passer d'une façon rapide et efficace" a expliqué le porte-parole de la Commission pour les affaires économiques, Amadeu Altafaj. "Nous ne prévoyons aucun obstacle", a-t-il ajouté avant de préciser qu'il revenait à la Commission d'entrer d'abord en contact avec la Banque centrale européenne puis "ce sera l'Eurogroupe qui décidera formellement de l'activation".

Le Fonds monétaire international (FMI) et l'Union Européenne ont mandaté des experts qui se trouvent actuellement en Grèce. Leur mission : préciser les modalités du plan.  "Je ne peux pas dire combien de jours ça va prendre" a expliqué Amadeu Altafaj. De son côté, Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI a promis de répondre "rapidement" à la demande de soutien grecque. Il semble d'ailleurs qu'Athènes ait reçu des assurances sur ce sujet.
"Le déblocage prendra quelques jours" a déclaré lors d'un point presse le ministre grec des Finances. Georges Papaconstantinou estime, qu'avec cette annonce, la Grèce n'a plus à redouter l'échéance de la fin mai, date à laquelle elle doit au plus tard avoir levé 9 milliards d'euros pour financer son déficit.

Berlin n'a pas tardé à réagir à cet appel au secours d'Athènes. "Il n'est pas possible aujourd'hui de livrer des informations sur la nature ou le montant de l'aide. (...) Une décision sera possible seulement quand le programme (d'économies) sera présenté" a expliqué la chancelière Angela Merkel à ses concitoyens dans une brève allocution. Pour la chancelière, l'aide à la Grèce ne sera accordée que si des menaces pèsent sur "la stabilité de l'euro dans son ensemble" et à la condition qu'Athènes présente "un programme d'économies crédible". Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances a de son côté précisé dans un entretien publié ce dimanche par la Bild Zeitung que Berlin n'avait accordé aucun blanc seing à la Grèce : "Le fait que ni l'Union Européenne ni le gouvernement allemand n'ait pris de décision sxignifie que la réponse pourra être aussi bien positive que négative" a-t-il expliqué.

En déplacement à Washington pour le G20 Finances, Christine Lagarde la ministre française de l'Economie, avait affirmé vendredi devant des journalistes qu'il appartenait maintenant à chaque pays de l'Eurogroupe de prendre les mesures nécessaires. Ce dimanche, dans une entretien au JDD, elle a précisé que si la Grèce ne peut pas rembourser, la France mettra "le pied sur la pédale de frein" et que de toutes façons, il faudra des "mécanismes de contrôle pour ne pas tomber dans un puits sans fond".
 

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Commentaires
a écrit le 25/04/2010 à 9:55 :
Version 1 :
Les Grecs ont triché. Ils ont menti et sont entrés dans la zone Euro par effraction. Alors qu'ils sortent sur la pointe des pieds....De toute façon comment prêter de l'argent que l'on n'a pas.
Version 2:
Nous ne respectons pas les règles de gestion mieux que les Grecs. Alors pour masquer notre propre incurie, on vocifére et on culpabilise les autres.

La verité c'est que l'Europe à besoin de plus d'intégration et de politiques commune, sinon elle disparaitra sous peu.
a écrit le 25/04/2010 à 7:52 :
et si la solution la plus simple et la plus efficace pour les grecs était tout simplement d'annoncer qu'ils ne rembourseront pas leurs dettes.
plus de dettes, plus besoin d'emprunter pour les rembourser ... plus besoin du FMI.
le système financier mondial étant en passe de s'écrouler totalement, le problème de la dette va se résoudre de lui-même à moyen terme, il faut juste résister à court terme pour permettre aux citoyens de vivre correctement.
a écrit le 24/04/2010 à 20:33 :
@Phidias
Comme si le problème de déficit et de dette publique était l'apanage des seuls pays du sud de l'UE ou de la France.
Il faut savoir qu'à l'horizon 2011, la très vertueuse Allemagne sera elle-même endettée à plus de 85% de son PIB, plutôt loin des critères du pacte de stabilité de Maastricht.
La dette publique est un problème d'ordre structurel à bien des égards qui touche tous les pays occidentaux. Bien évidemment, la crise n'a pas arrangé les choses et elle est très loin d'être terminée même si on claironne à qui veut l'entendre que nous en sommes sortis.
Dans tous les cas, l'Allemagne a besoin des autres pays de l'UE qui sont les premiers acheteurs des produits qu'elle exporte, elle n'a donc pas d'autre choix que celui de les aider. Elle cherche juste à gagner du temps avec la Grèce pour deux raisons : laisser passer la prochaine échéance électorale début mai et obtenir des autorités grecques la garantie d'un plan de rigueur budgétaire drastique, le dernier n'étant pas à ses yeux suffisamment crédible.
Comprenez bien qu'il n'est pas non plus dans son intérêt de demander la sortie de l'Euro de la Grèce mais si celle-ci la demandait, bien évidemment elle en serait plus que ravie, n'ayant pas à en porter ni la responsabilité ni les conséquences.
a écrit le 24/04/2010 à 7:50 :
Personne ne doute de l'importance d'aider la Grèce, ne serait-ce que pour assoir la crédibilité de la zone Euro, et la position de Madame Merkel a le mérite d'être claire en subordonnant cette aide à l'étude précise des besoins et des économies projetées, ce qui parait un minimum devant le laxisme et l'impéritie des autorités grècques. C'est également un avertissement pour la France qui est regardée avec une pointe de mépris outre-rhin en raison de ses déficits chroniques.
a écrit le 24/04/2010 à 6:39 :
Nous assistons à la dislocation géopolitique des grands blocs: Zone Euro, USA démontrée par le GEAB. La Grèce, 2 solutions pour l'Europe soit :
1. prêter non pas 30 mais 300 milliards d'euros car la dette grecque est de ce montant avec des pbs à venir du même ordre en Espagne et au Portugal
2. laisser la dette aller à la cessation de paiement et rééchelonner sa dette sur 20 ans avec abandons de créances pour les banques européennes.
A mon humble avis ce n'est pas le moment d'avoir en portefeuille boursier des banques!
a écrit le 24/04/2010 à 5:50 :
"La chancelière Angela Merkel n'a pas manqué, de son côté, de rappeler la position prudente de l'Allemagne. "Il n'est pas possible aujourd'hui de livrer des informations sur la nature ou le montant de l'aide. (...) Une décision sera possible seulement quand le programme (d'économies) sera présenté" rapporte l'article.

Comme le dit Terry 31" L 'Allemagne, qui attend que la ligne rouge soit franchie".
Ce n'est pas seulement une erreur, c'est une faute pour reprendre une formule célèbre. Détruire à un moment crucial encore un peu plus la crédibilité des engagements européens pris publiquement et solennellement plusieurs fois depuis deux mois est suicidaire pour le poids et la crédibilité de l'Europe vis-à- vis des marchés et du reste du monde mais aussi pour sa propre paix sociale et politique surtout à un moment où les peuples manifestent des sentiments d'exaspération. Raviver au plus haut point les égoismes nationaux et les forces centriguges ne peut qu'être profondément destructeur.
a écrit le 23/04/2010 à 22:56 :
Bonnes gens pourquoi s'inquiéter, se mettre en colère même après la Grèce qui nous pompe dans tous les sens du mot, il y aura une rallonge de la dette grecque de 11 milliards d'euros supplémentaires en 2013 -nous dit le chef économiste d'UniCrédit de Londres " il est clair qu'un effort de consolidarisation entrainera de nouveaux financements ce sera politiquement très difficile ". Monsieur Sarkosy Président de la République Française va chercher de l'argent en Chine ... il crée là-bas un fonds commun d'aide avec la caisse des Dépôts et la China Bank destiné au financement des PME françaises souhaitant s'expatrier en Chine et réciproquement... 1) Le Président de la caisse des Dépôts doit dire non à Sarkosy car cette décision doit être soumise aux votes des deux Chambres. 2) les banques ont le devoir moral de sauver les PME_PMI. 3) Sarkosy à ruiné beaucoup d'entreprises en acceptant les importations de Chine -les marchés de dupes. 4) nous avons assez d'immigrés en France (10 millions ).
a écrit le 23/04/2010 à 15:57 :
Tout cela est passionnant mais pourquoi La Tribune ne relaye pas les infos lorsque son propriétaire saborde un titre de la presse informatique comme SVM? Rétention d'information?
a écrit le 23/04/2010 à 14:44 :
Construction de l'Union Européenne. C'était avant. Aujourd'hui avec le "nein" allemand à la Grèce, c'est la fin de l'Europe. Ajoutez y l'éclatement imminent de la Belgique, future de l'Italie et probable de l'Espagne et vous avez un scénario réel de la destruction définitive de l'Europe. Un autre avenir se dessine. Mais que sera-t-il?
a écrit le 23/04/2010 à 13:45 :
Les pays de l'eurozone n'ont d'autre choix que celui d'aider la Grèce, c'est un fait que les marchés ont acté depuis le début, mais ils ont joué et gagné sur le temps perdu de l'eurogroupe à trouver un accord d'abord puis à accoucher de la concrétisation de cette aide ensuite.

Du temps, les marchés vont en avoir encore puisqu'il semble que tous les pays ne soient pas encore prêts à mettre la main au porte-monnaie aussi facilement (il est une chose de dire qu'on va prêter de l'argent à un tiers surendetté, il en est une autre lorsqu'il s'agit de le faire) et certains de poser leurs conditions, comme l'Allemagne, qui attend que la ligne rouge soit franchie.
On va donc voir les marchés continuer à "s'intéresser" aux taux des obligations souveraines de la Grèce, bien sûr, mais aussi du Portugal, de l'Espagne... Et si ceux-ci doivent à leur tour emprunter à plus de 5% pour aider la Grèce, je doute qu'ils s'acquittent de leur accord à ce compte là.

Quand on dit que le temps, c'est de l'argent, les marchés l'ont très bien compris, eux !
a écrit le 23/04/2010 à 12:37 :
avec les économistes 1+1= 10 ou bien 1+1=-40 ; va falloir un comptable au gouvernement en 2012 parce que 1+1=2 ni plus ni moins; y'en a mare de tous ces politiques qui se servent de notre argent, de notre économie, qui puisent dans l'épargne des plus faibles comme le livret a pour le prêter aux autres... qui prennent des calculettes et nous pondent tous les matins des arrangements à leur sauce avec l'argent des autres en essayant de s'expliquer avec des "si". avec des "ça"...
a écrit le 23/04/2010 à 10:20 :
la france qui est fauchée se met en avant pour prêter aux grecs dilapideurs et tricheurs . Sans doute avons nous beaucoup à perdre , comme la participation du crédit agricole dans la banque emperiki . On est vraiment des nuls !

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