Une ombre sur la reprise japonaise

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Chute surprise de la production industrielle, hausse du chômage, déflation, hausse du yen : un certain nombre d'indicateurs menacent la reprise de l'économie du Japon.

Après une salve de mauvais indicateurs économiques en juin, le Japon remet le couvert en juillet. La deuxième économie mondiale vient d'enregistrer la plus forte baisse de sa production industrielle depuis plus d'un an. Le ministère de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie (Meti) a annoncé qu'elle avait chuté en juin de 1,5% alors que les analystes attendaient une hausse de 0,1% ou 0,2%. Les entreprises prévoient de plus une nouveau recul en juillet.

Selon le Meti,  cette baisse est principalement due aux constructeurs automobiles et aux fabricants de composants pour téléphones mobiles, qui ont réduit leur production en raison à la fois d'un ajustement des stocks et d'un ralentissement de la demande en provenance d'Asie. Sur un an, en juin, la production industrielle s'affiche cependant  en nette hausse de 17%. Elle a redémarré au printemps 2009 après une récession d'un an, la pire enregistrée au Japon depuis la Seconde guerre mondiale.

Cette contreperformance est tout de même de mauvais augure pour la fragile reprise économique du pays, dans un contexte d'un yen fort et d'une demande en provenance de l'international qui bat de l'aile.

Le yen au plus haut face au dolar

Un groupe d'élus du Parti démocrate a exhorté le gouvernement à prendre des mesures pour affaiblir le yen. Cela n'a pas empêché la devise japonaise de progresser encore face au dollar pour atteindre un plus haut de huit mois et évoluer proche d'un pic de 14 ans. Tout renchérissement du yen  pèse sur les exportations du Japon, très dépendant de ses échanges avec l'international.

Par ailleurs, les prix à la consommation ont accusé en juin leur seizième mois consécutif de repli (-1% alors que les économistes prévoyaient -1,1%), ce qui a, une nouvelle fois, amené certains responsables politiques au pouvoir à demander à la Banque du Japon de lutter activement contre la déflation.

Le gouvernement en place s'est engagé à venir à bout du phénomène d'ici la fin de l'exercice fiscal en cours, qui se termine le 31 mars, afin d'éviter qu'il n'encourage les consommateurs à différer leurs achats (ces derniers attendant que les prix baissent encore pour consommer) et les entreprises à ralentir leur production. Pour l'heure toutefois, la consommation se maintient : les dépenses des ménages ont augmenté de 0,5% en juin alors que le consensus était un recul de 0,6%.

Chômage et endettement

De son côté, le taux de chômage a augmenté à 5,3% en juin alors que les économistes s'attendaient à une stabilisation par rapport à mai à 5,2%.

Face à ces signaux alarmants pour sa reprise, Tokyo ne dispose guère de marges de manoeuvre budgétaires, l'endettement du pays représentant près de deux fois son produit intérieur brut (PIB).

La Banque centrale du Japon (BoJ) croit toutefois en la croissance. Elle a revu ses prévisions à la hausse et table désormais sur une croissance de 2,6% pour l'année budgétaire en cours contre 1,8% estimé précédemment.

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