Christian Saint-Étienne : "Tout le monde fait le choix de préserver son économie productive"

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DR (Crédits : Marie-Lan Nguyen)
Christian Saint-Étienne, professeur d'économie au Conservatoire national des arts et métiers, souligne que, partout, les prestations sociales ont été coupées... sauf en France.

On disait que la crise consacrait le grand retour de l'État. Or, aujourd'hui, on observe le contraire...

La crise a contraint les pays, dont la dette est attaquée sur les marchés, à réduire dans l'urgence leur déficit. Or, notez bien que, conformément aux recommandations des économistes, qui ont analysé les plans les plus efficaces, ces pays choisissent plutôt de réduire leurs dépenses que d'augmenter leurs impôts. C'est le cas des « Pigs » [Portugal, Irlande, Grèce, Espagne, Ndlr], mais aussi du Royaume-Uni où, par penchant idéologique, David Cameron s'efforce de sortir d'une protection sociale dominée par l'État pour aller vers une prise en charge accrue par le privé.

La crise est-elle en train de redessiner le périmètre des interventions de l'État dans les économies développées ?

Partout, à l'exception sidérante de la France, on coupe d'abord dans les prestations sociales et le nombre de fonctionnaires, tout en préservant les dépenses d'infrastructures et de recherche, et en maintenant le niveau de l'impôt sur les sociétés. Ainsi, tout le monde fait le choix résolu de préserver la base productive de son économie et d'améliorer sa compétitivité. Plus qu'un « moins d'État », c'est donc un « mieux d'État » qui sortira de cette crise.

Vous évoquiez l'exception française ?

La France, qui a refusé de s'attaquer sérieusement à ses déficits, a totalement perdu le sens des réalités. Ses responsables n'ont aucune conscience de ce que la crise implique pour elle, ni même des changements de comportements de ses voisins, qui sont d'abord ses concurrents. Elle va le payer très cher : l'hiver va être très dur.

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