Le Sénat américain parvient enfin à s'entendre sur un plan pour réduire la dette

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La Tribune Infographie/SSAULNIER
La Tribune Infographie/SSAULNIER (Crédits : La Tribune Infographie)
Un groupe bipartisan de sénateurs a trouvé un accord sur un plan ambitieux pour réduire la dette des Etats-Unis. Peut-être trop ambitieux pour convaincre la Chambre des représentants.

"Une marche très importante", selon les propos de Barack Obama, a été franchie ce mardi au Sénat américain, alors que le temps presse à Washington pour trouver un accord pour relever le plafond de la dette. Un groupe bipartisan de sénateurs, baptisé le "Gang des six", a finalement trouvé, après des semaines de discussions infructueuses, un compromis sur un plan combinant baisse des dépenses publiques, réforme des programmes sociaux et hausse des recettes fiscales.

Ce projet a été présenté ce mardi lors d'une réunion regroupant 70 des 100 sénateurs (47 démocrates et 23 républicains). Et il a obtenu un accueil très favorable des deux côtés de l'échiquier politique. "Ma première impression, c'est qu'il s'agit d'un plan très crédible", a expliqué à l'issue de cette réunion la sénatrice républicaine Kelly Ayotte. "Dans les prochaines 24 heures, nous allons assister à un soutien appuyé de la majorité du Sénat", prédit de son côté le républicain Tom Coburn.

La proposition du "Gang des six" permettrait de réduire de 3.700 milliards de dollars la progression attendue de la dette au cours des dix prochaines années. Un montant très proche du projet présenté il y a quelques jours par Barack Obama (4.000 milliards). 74% de ce montant proviendrait de coupes budgétaires, touchant notamment au système de retraite et à l'assurance santé des personnes âgées Medicare. Le reste (26%) serait dégagé par une hausse des impôts, en échange d'une profonde réforme de la fiscalité, réclamée par les républicains.

Si ce texte venait à être adopté par le Sénat, il resterait alors à convaincre la Chambre des représentants, à majorité républicaine. La partie n'est cependant pas gagnée d'avance. Car le poids du Tea Party, cette mouvance ultraconservatrice du parti républicain qui ne veut pas entendre parler de hausse d'impôts, y est plus important. En outre, les représentants démocrates sont moins modérés que leur confrères du Sénat et pourraient refuser des coupes dans les programmes sociaux et réclamer à la place un renforcement plus important de la fiscalité des ménages les plus riches.

Sans accord sur le relèvement du plafond de la dette avant le 2 août, échéance au-delà de laquelle l'État ne pourra plus s'endetter, le scénario catastrophe, tant redouté par les marchés, se réalisera. Le pays ferait alors défaut sur le remboursement de ses emprunts obligataires, perdrait sa note triple A et la confiance des investisseurs, et l'économie plongerait dans la récession alors même que la croissance demeure fragile et que l'emploi se dégrade à nouveau. Sans accord, 40 % des dépenses publiques ne seraient plus assurées, menaçant la capacité du Trésor à honorer ses engagements financiers.

Pour sortir d'une éventuelle impasse, le Congrès pourrait se rabattre sur la solution de secours proposée par le républicain Mitch McConnell. Ce projet permettrait au président de relever le plafond de la dette de 2.500 milliards de dollars, en passant outre l'opposition du Congrès. Il serait accompagné de 1.500 milliards de dollars de coupes budgétaires, discutées au sein d'un comité bipartisan. Accueillie favorablement par des responsables démocrates, cette proposition est rejetée par de nombreux républicains.

Le "plan B" du sénateur Mitch McConnell, vise à éviter un abaissement immédiat de la note des Etats-Unis, a estimé l'analyste de Moody's, Steeven Hess à Reuters dans une interview. "Mais les chiffres en discussion en termes d'une éventuelle réduction du déficit ressortant de ce plan ne semblent pas très importants", a-t-il prévenu. "De ce fait, ce plan pourrait se traduire par une perspective négative sur la note."

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Commentaires
a écrit le 21/07/2011 à 23:52 :
Ceci a été démenti par la maison blanche. Il n'y a pas d'accord pour l'instant.
a écrit le 20/07/2011 à 14:54 :
Le plan de réduction du déficit américain est une fausse réussite, les compromis consentis favorisent les idées républicaines. Les coupes budgétaires conduisent des milliers de personnes vers la précarité, notamment les plus fragiles. Je crois qu'un jour viendra où la majorité silencieuse se soulèvera, et ce jour là, il ne sera pas bon d'être riche dans ce pays.
Réponse de le 20/07/2011 à 17:25 :
Vous avez raison, mais cette majorité silencieuse veut aujourd'hui que l'état cesse de dépenser ce qu'il n'a pas, ce d'autant que ces dépenses visent à soutenir les oligopoles en place et les clientèles politiques.
C'est toujours facile de redistribuer ce qu'on ne taxe pas...
Réponse de le 20/07/2011 à 18:43 :
La réduction des dépenses publiques concerne essentiellement les dépenses de l'assurance santé, et du système de retraite (selon l'article). Restreindre les dépenses publiques est probablement un mal nécessaire encore faut-il choisir les bonnes lignes.
a écrit le 20/07/2011 à 10:36 :
Avec ce qu'ils dépensent en santé et en armée, il y a de sérieuses économies à réaliser. On peut regretter qu'il n'y ait pas une telle limite sur le niveau de la dette en France. Cela obligerait les partis à reformer et à se mettre d'accord, deux choses qu'ils ne font plus ou mal depuis l'avènement du scrutin majoritaire.
a écrit le 20/07/2011 à 10:13 :
Erreurs et contresens:
1. le tea party ou plutôt les tea parties ne sont pas du tout des ultraconservateurs républicains. Cette présentation est inexacte et tendacieuse. Une partie d'entre eux l'est, mais la très grandes majorité est avant tout libertarienne et attachée à la réduction de l'état fédéral à ses missions de base. Elle est en ce sens anti socialiste, mais aussi anti "chrony capitalism" et donc opposée à la majorité de l'establishment républicain de Washington. Le système du bi-partisme est à ce point contraignant que plutôt que recourrir à la 3ème voie depuis toujours vouée à l'échec, les tea-partiers ont décidé de peser en investissant les structures du parti républicain.
2. la vraie nouvelle n'est pas le come-back du lamentable "gang des 6" revisités par le soudain retour du sénateur Coburn avec un plan de réduction des dépenses insuffisant et sur 10 ans ("paroles, paroles, paroles!") et surtout une base de calcul de la réduction des dépenses qui s'appuie sur les projections et non le seuil actuel. Autant dire des économies de dépenses supplémentaires! lol
3. la vraie news est le vote par la chambre des représentants de la proposition de loi cut cap and balance. Vote effectif 234/190, le projet des 6 n'étant pour l'instant que ça.
Et enfin on remarquera que notre bon président Obama n'hésite pas à mentir pour influencer le débat en annonçant notamment l'impossibilité de payer les pensions en cas de défaut. Mensonge grossier s'il en est puisque ces paiements ne sont pas faits par l'état fédéral, mais la SS asméricaine. Or les comptes de celle-ci sont très largement approvisionnés... à moins qu'ils n'aient été illégalement siphonnés par la présente administration par un jeu d'écritures comme ce fut le cas des pensions militaires (scadale jamais relayé en France)...
Toutes informations que nous aurions plaisir à retrouver ici afin de comparer les méthodes de gestion des différents gouvernements démocratiques par exemple.
a écrit le 20/07/2011 à 8:34 :
Un pas en avant. Il faut transformer l'essai. De toute façon les américains ne s'en sortiront pas sans réduire leurs dépenses. Il faut qu'il le fasse avec le moins de dégats sociaux possible.
Réponse de le 20/07/2011 à 9:58 :
Et en ... dégâts sociaux : 48 millions d'Américains qui vivent des bons de nourriture, vous appelez ça comment..?? Ils ne pourront plus se soigner, c'est déjà ça... Leur retraite n'existe de toute façon plus, donc, tout va bien.
Réponse de le 20/07/2011 à 13:26 :
Entiérement d'accord avec Yvan. il est étonnant de lire que le plan trouve des supporters en France, aux USA de jeunes enfants meurent de tumeur bénigne non soignées, mais la génération sarkozy pense qu'il faut réduire les budgets sociaux, plutôt que d'imposer ceux qui se sont goinfrés. La crise morale est encore plus grave que l'économique
Réponse de le 20/07/2011 à 16:17 :
Désolé, mais la pire des solutions serait de rien faire. Il me paraît difficile de qualifier Obama d'antisocial. Mais dans la vie il ne faut jamais rêver. Il faut toujours gagner l'argent avant de le dépenser. La dette n'est jamais qu'une solution provisoire.
Réponse de le 20/07/2011 à 17:44 :
OBAMA est au service de la TRILATERALE, car il est sous tutelle du clan R.EMANUEL. Les budgets sociaux sont en déficit car ils ne sont pas alimentés, Waren BUFFET qui n'est pas un modèle Communiste, explique que ceux qui ont réussi doivent aider ceux qui ont moins bien réussi. Ceux qui se sont partagés le butin de la dérégulation doivent maintenant payés pour le chaos qu'ils ont créé
Réponse de le 21/07/2011 à 9:26 :
à Thierry_R : Vous attachez trop d'importance à la Trilatérale. Les membres de ce groupement sont particulièrement variés et appartiennent à tous les partis politiques. On y trouve par exemple E. Guigou. Il y a dans ce groupe nombre de compétences économiques. De là à avoir Obama à leur service, vous phantasmez !
a écrit le 20/07/2011 à 8:13 :
Victoire totale de la TRILATERALE, on réduit les retraites et le Medicare. On détruit ce qui a été mis en oeuvre par F.D.Roosevelt pour sauver les USA. La fin de l'empire est proche. Obama qui portait de nombreux espoirs est une déception totale. Il est depuis le premier jour de son mandat sous la tutelle du clan R.EMANUEL et il conduit son pays à la ruine.
Réponse de le 20/07/2011 à 19:46 :
ET VIVE LA MOQUETTE.
a écrit le 20/07/2011 à 7:30 :
3000 milliards en moins pour les retraites et medicare, les républicains ont gagné.
Réponse de le 20/07/2011 à 12:15 :
Comme toujours ce sont les plus pauvres qui passent à la caisse (ou la casserole). Rien de convaincant sur la fiscalités des très riches américains qui n'ont cessé de s'enrichir. mais comme disait l'autre: "les riches c'est fait pour être très riches et les pauvres très pauvres"
a écrit le 20/07/2011 à 0:37 :
Ok! A très court-terme, on sait tous qu'ils vont relever ce fameux plafond... Mais à LT, qu'en est-til? A quand un vrai plan de réindustrialisation du territoire? Une reprise de la solvabilité des ménages par la revalorisation de l'immobilier? La crise est loin, très loin d'être finie....
Réponse de le 20/07/2011 à 1:13 :
les americains... ils nous font marcher tous les jours. On sais bien que ni le republicain ou le democrat americain n'accepterais de voir son pays perdre la notation AAA qui fait d'eux les plus puissant. alors ils vont relever ce fameux plafond mais il faut d'abord qu'ils nous melangent comme d'habitude. vous etes fort!

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