Chômage, endettement, récession : les Américains ne voient pas d'issue à la crise

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Plus de 700 manifestants anti-Wall Street, qui protestent depuis deux semaines à New York contre le système financier, ont été arrêtés après avoir bloqué la circulation samedi sur le pont de Brooklyn.
Plus de 700 manifestants anti-Wall Street, qui protestent depuis deux semaines à New York contre le système financier, ont été arrêtés après avoir bloqué la circulation samedi sur le pont de Brooklyn. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le surprenant mouvement des 99% ou "Occupy Wall Street " défie les "nantis" de la finance depuis quinze jours. Le moral des ménages américains est miné par un taux de chômage record.

Quelque 700 personnes ont été arrêtées samedi à New York (photo) parce qu'elles bloquaient la circulation sur le pont de Brooklyn, provoquant sa fermeture, pour protester contre les effets de la crise économique.

"Nous sommes expulsés de nos maisons. Nous sommes contraints de choisir entre le loyer et la nourriture....Quand nous travaillons, c'est pendant de longues heures, pour des salaires misérables. Nous n'avons rien alors que les 1% restants prennent tout. Nous sommes les 99%." Dans un pays où le droit à la réussite individuelle est ancré dans la psyché collective, où la foi en l'avenir est l'un des fondamentaux de cette nation de pionniers, le mouvement des 99% ou "Occupy Wall Street " qui défie « les nantis » de la finance depuis quinze jours, si minime soit-il pour l'instant, n'en reste pas moins surprenant.

Tout à la fois peste et choléra, c'est le taux de chômage de 9,1% qui non seulement ne baisse pas mais devrait même passer à deux chiffres selon certains économistes, qui ronge les Etats-Unis de l'intérieur. Le plus élevé depuis presque 30 ans. A ce triste état de fait viennent s'ajouter des revenus en baisse de 0,1% en août comme l'a annoncé vendredi dernier le département du commerce. Une première depuis octobre 2009.

De fait, la consommation des ménages américains, cette "driving force" (pilier) de l'économie du pays, puisqu'elle compte pour 70% du PIB a stagné en terme réels au mois d'août et devrait continuer à rester atone quelques années encore tant la crainte du futur ronge une partie des foyers américains. Même si l'enquête mensuelle de l'université du Michigan publiée vendredi fait valoir une hausse du moral des ménages (59,4 en septembre contre 57,8 attendus) c'est l'exception qui semble confirmer la règle.  Car l'autre indice de confiance des consommateurs du réputé Conference Board, met lui en lumière le fait que le moral des ménages est bien déprimé : depuis le mois de juillet il a chuté de 59,2 points à 45,5.

« Récession ». Le terme revient régulièrement chez les économistes bien sûr, mais aussi dans les foyers. Absurde pour les uns car il n'y a pas eu techniquement deux trimestres consécutifs de baisse de la croissance ; réalité qui ne dit simplement pas son nom pour les autres. Nouriel Roubini, "le prophète de la crise de 2008" en tête. Pour lui, la question n'est d'ailleurs pas de savoir si les Etats-Unis sont entrés en récession mais plutôt de savoir qu'elle en sera l'ampleur.

A l'instar de la "décennie perdue" du Japon

Cette inquiétude se retrouve dans toutes les strates de la société. "Les riches s'enrichissent, les pauvres s'appauvrissent. Et au milieu la classe moyenne trinque", a martelé Richard Trumka, ancien patron de la fédération des travailleurs, lors d'une conférence à la Brookings Institution, un think tank de Washington. « 50 millions de foyers dépendent entièrement des food stamps. »

Des foyers qui peinent à se désendetter tout comme à se constituer un bas de laine. Le taux d'épargne outre-atlantique est même à son plus bas niveau depuis deux ans. "En conséquence, estiment les analystes du cabinet RDQ Economics,  il semble fort improbable que les consommateurs soient à même de contribuer à la reprise. " Certains économistes s'accordent même à dire que ce que traversent aujourd'hui les Etats-Unis ressemble à la "décennie perdue" au Japon dans les années 90.

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a écrit le 04/10/2011 à 10:26 :
américains, français, chinois et autres, on est dans la même barque qui coule. gouvernemets incapables de coopérer entre eux pour aboutir à des solutions mondiales sauf en cas de guerre militaires.. les entreprises idem, aucune vision du produit social. Ne pensent qu'au fric que ça dégage et qu'ils engrangent. quand les peuples en auront vraiment marre d'avoir passer leur vie sur terre pour rien, on changera vers un autre système. pour le moment, continuons de nous plaindre, et de faire en sorte de faire son trou malgrès les difficultés.
a écrit le 03/10/2011 à 17:08 :
Aux US, les 10% les plus riches possèdent 70% du patrimoine, ils n'ont qu'à faire un peu de redistribution. C'est vrai que ce n'est pas dans leurs habitudes .....
a écrit le 03/10/2011 à 14:48 :
On ne parle que des problèmes de la Grèce et de l'euro,mais ce qui ce passe au US est dramatique.50 millions de personne qui mangent grâce a des tickets d?alimentations,des millions de foyers mis a la rue car ils ne peuvent plus payer leur crédit,il ne faut pas se voiler la face,le big bang viendra des US.
a écrit le 03/10/2011 à 9:37 :
mis à part les pattes riches .... je ne vois pas ce qu'il reste a se mettre sous la dent !
a écrit le 03/10/2011 à 8:40 :
Si même les USA s'y mettent! Le système tout libéral mis en place sous Reegan arrive à sa limite. Ce système a le mérite de savoir créer des richesses le problème est qu'il est incapable de les redistribuer justement puisque ce système ne fait que contribuer à l'accumulation sur les plus riches. Il est temps que le balancier reparte un peu de l'autre côté avec un retour d'un minimum d'Etat. c'est ce que demandent les peuples de tous le pays. Le problème c'est que les libéraux tiennent les marchés et les organismes internationaux et qu'il faudra une forte volonté politque pour les ramener à la raison (on voit que les simples moulinets et déclarations abruptes de notre superprésident ne suffisent pas il faut une vraie volonté pas une posture pour se donner une image qui n'est pas conforme à la réalité)
Réponse de le 03/10/2011 à 10:37 :
Si les USA étaient une nation d'altruistes, on le saurait depuis longtemps. La croissance et le dynamisme de la société américaine a longtemps masqué une réalité rampante, cependant celle-ci augmente en même temps que l'économie décroît. Les américains découvrent que le "American dream" n'est qu'un songe...

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