Silvio Berlusconi en crise de confiance

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Le « cavaliere » n'a jamais vraiment réussi à redresser un dynamisme économique italien à la peine depuis plus d'une décennie.

Il se voulait l'homme du nouveau « miracle italien », capable de fournir activité et emplois. Dix-sept ans après son entrée en politique, Silvio Berlusconi court toujours après la croissance économique. Pire, il est désormais sommé par l'Europe d'adopter des réformes structurelles au plus vite pour réduire les dépenses de l'État et enclencher la relance. « Le taux de croissance pour 2010 s'est établit à 1,5 %, l'équivalent de celui de la France », a tenté de minimiser hier son ministre de l'Économie Giulio Tremonti qui a insisté : « il n'existe pas un très grand problème en ce qui concerne le différentiel de croissance ».

En réalité, cela fait près d'une décennie que l'Italie croît moins vite que la moyenne des pays de l'UE, avec notamment une chute de son PIB de 5,1 % en 2008. « En 2001, nous avons dû faire face à l'après-11 septembre, puis, après 2008, nous avons été confrontés à la plus grande crise économique depuis 1945 », se défend-on dans l'entourage du Cavaliere. Reste qu'avec un taux d'endettement de 120 % du PIB, le retour de la croissance apparaît comme l'une des conditions incontournables pour faire face à l'emballement des marchés. Or « au cours du second trimestre 2011, le PIB a cru de 0,3 %, mais durant l'été, le contexte conjoncturel s'est aggravé », a récemment souligné la Banque d'Italie.

Mis au pied du mur par l'UE, Silvio Berlusconi a adressé hier une lettre d'intentions dans laquelle, semble-t-il, il s'engage à prendre des mesures d'économies ultérieures avec notamment l'engagement à faire passer l'âge de départ à la retraite à 67 ans en 2026. En revanche, face à l'opposition de son allié de la Ligue du Nord, il a pour l'instant renoncé à réformer le système des « pensions d'ancienneté » qui permettent de partir en retraite à 60 ans avec 36 années de cotisation. Par ailleurs, le chef du gouvernement a affirmé son intention de réformer le marché du travail, de relancer les investissements en infrastructures ou encore d'adopter des mesures de libéralisation et de simplification de l'administration publique. Quelques privatisations auraient également été envisagées. « C'est un pas important. La lettre parle d'un plan de réformes organiques pour l'économie », a commenté le futur président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, qui a toutefois ajouté : « il s'agit désormais de l'appliquer avec rapidité et pragmatisme ». Mais c'est là que la bât blesse. Cela fait des années que Silvio Berlusconi annonce des grandes réformes sans les mettre ensuite en oeuvre, notamment en raison des divisions profondes au sein de sa majorité. Le patronat ne cesse d'ailleurs d'inviter le chef du gouvernement à adopter sérieusement des mesures pour relancer la croissance ou à s'en aller. « On ne peut plus attendre », s'est écriée la présidente de Confindustria, la confédération patronale italienne, Emma Marcegaglia qui, en accord avec les syndicats, soutient l'introduction d'un impôt sur le patrimoine pour réduire en échange les charges sur le travail. Mais Silvio Berlusconi continue de s'y opposer après avoir juré ne « pas mettre la main dans les poches des Italiens ».

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