Le risque pays s'accroît dans les économies avancées et diminue dans les grands émergents

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Copyright Reuters (Crédits : Coface)
Dans son évaluation 2012 du risque d'incidents de paiement des entreprises, la Coface note moins bien l'Europe du Sud que l'Inde, le Brésil ou la Chine. Yves Zlotowski, économiste en chef de la Coface, s'est exprimé sur le sujet.

Que dit votre évaluation 2012 des risques pays ?

Nous annonçons la dégradation des économies de l'Espagne et de l'Italie, où les impayés des entreprises ont progressé de 50 % en 2011. Ces deux pays obtiennent la note A4, soit la même que la Turquie. Ils font moins bien que la Chine, l'Inde et le Brésil, notés A3. [L'Allemagne et la France restent notés A2, Ndlr.] Il y a un renversement de hiérarchie marquant entre pays avancés et grands émergents. L'Espagne et l'Italie seront en récession en 2012 (- 0,2 % et - 0,8 % de croissance annuelle, respectivement). Cette vulnérabilité à la conjoncture est accrue par des problèmes structurels, comme la faiblesses des investissements en R&D.

Mais vos scénarios tablent sur une résolution de la crise de la zone euro en 2012 ?

Nous tablons en effet sur une résolution de la crise, ce qui permettra à la récession d'être contenue (- 0,1 %) sur la zone euro. La situation du crédit bancaire, qui entretient le risque d'impayés, nous inquiète cependant. En France, en Allemagne, en Italie, le crédit bancaire était encore vaillant fin 2011 mais si la crise s'aggrave, les banques devront réduire leur exposition.

Quelles sont les solutions à la crise de la zone euro ?

La résolution de la crise sera de toute façon coûteuse pour les entreprises, car il y aura un choc récessif et un rationnement du crédit. La solution de la rigueur est indispensable, mais elle aura un impact sur l'activité et n'évitera pas des stocks de dette toujours élevés. La réussite de la Turquie est d'avoir baissé sa dette en maintenant une croissance de 6 % par an. Mais la Turquie a des excédents primaires gigantesques... Il va donc falloir être inventif. Il y a la solution de la monétisation de la Banque centrale, qui paraît inévitable. L'Allemagne ne l'acceptera que si les pays de la zone euro s'engagent à faire de la rigueur, car sa crainte est que la monétisation fasse office de rigueur. On peut aussi faire de la répression financière, c'est-à-dire inciter les banques, assurances et fonds de pension, à détenir de la dette. Il faudra faire un mix de tout ça.

Les émergents sauveront-ils la croissance mondiale ?

La croissance chinoise reste à 8%, même si elle décélère. Et plus l'économie mondiale se dégradera, plus la politique économique chinoise sera offensive. En revanche, les pays émergents d'Europe centrale seront touchés par la récession de la zone euro, avec laquelle ils réalisent 70% à 80% de leurs échanges. Les créances européennes sur les banques de l'Est représentent par ailleurs 70 % du PIB européen, c'est énorme. Or, exposées au risque souverain, les banques européennes réduiront la voilure en Europe de l'Est : ce sera très coûteux pour ces économies.

La crise de la zone euro pousse-t-elle au développement du commerce Sud-Sud ?

Oui, c'est une tendance lourde. La Chine est déjà le premier client de l'Argentine et du Brésil. Il y a une dépendance trop forte des émergents vis-à-vis de la zone euro en termes de commerce, de capitaux, de crédit. Si la récession s'amplifie en zone euro, ils vont la remettre en cause. Toutefois, la Chine modifie les structures productives de ses partenaires émergents car elle achète surtout des matières premières. Le Brésil débat actuellement de sa désindustrialisation et c'est la Chine qui est pointée du doigt.

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Commentaires
a écrit le 17/01/2012 à 8:59 :
"les hommes naissent....égaux en droits" à l'échelle de la planète....n'est ce pas ce que nous souhaitions ,??

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