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ÉconomieInternational

L'Inde change le cap de sa politique monétaire

Robert Jules

Publié le 17 avril 2012 à 17:20 - Mis à jour le 17 avril 2012 à 17:22

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Pour relancer une économie en train de ralentir, la Banque centrale indienne a décidé pour la première fois en trois ans de réduire ses taux. Mais cette politique du crédit plus accommodante pourrait rapidement trouver ses limites face au risque de reprise de l'inflation.

A contre-courant de certains pays de l'Asie émergente, comme la Thaïlande ou l'Indonésie, l'Inde a décidé d'assouplir sa politique monétaire après 13 hausses consécutives de ses taux d'intérêt entre mars 2010 et octobre 2011.

Mardi, pour la première fois depuis trois ans, la Banque centrale indienne a en effet réduit son taux de référence de 50 points de base, une surprise puisque le consensus tablait sur 25 points de base, pour le ramener à 8%. L'institution justifie sa décision par le ralentissement de la croissance économique du pays. Le PIB réel s'est en effet affiché, à + 6,1% sur les trois derniers mois de 2011, sa plus faible progression trimestrielle de ces trois dernières années.

Contrôle protectionniste

A l'instar de l'autre géant asiatique, la Chine, l'Inde doit s'adapter aux incertitudes de l'économie mondiale. Ces conditions de crédit moins strictes devrait relancer quelque peu la demande intérieure et les investissements dans un pays où les autorités exercent toujours un contrôle protectionniste sur nombre d'activités économiques, comme en témoigne ces derniers mois les atermoiements sur l'ouverture de la grande distribution aux sociétés étrangères.

Du côté des investisseurs, si ce premier geste est salué, il est jugé insuffisant. « Nous avons besoin premièrement d'une baisse du taux de 150 points de base pour que les taux réels deviennent réalistes. Ensuite, la politique budgétaire doit être maîtrisée pour éviter l'éviction du secteur privé et s'assurer que le capital disponible soit bien alloué », a confié à l'agence Reuters Siddhartha Roy, un conseiller économique du conglomérat Tata Group, la première entreprise du pays,

Prix élevés de l'énergie

Mais l'Inde doit composer avec une inflation qui fait d'elle le pays membre des BRIC où la monnaie se déprécie le plus vite. New Delhi a réussi à ramener la hausse des prix au taux annuel de 9% ces deux dernières années et à 7% aujourd'hui. « En raison de risques persistants de hausse de l'inflation, il ne devrait pas y avoir d'autres baisses d'intérêt en 2012 », considère Edgardo Torija-Zane, analyste chez Natixis. Ce sont notamment les prix élevés de l'énergie qui limitent les marges de man?uvre.

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« Nous ferons tout ce qui est possible pour maintenir la stabilité des prix », a martelé mardi Pranab Mukherjee, le ministre des Finances indien, après l'annonce de la Banque centrale. Et de promettre sans préciser : « Nous allons prendre des mesures supplémentaires dans les prochaines semaines pour renforcer la croissance. ». La Banque centrale prévoit une croissance de 7,3% sur l'année fiscale 2012-2013 et une inflation ramenée à 6,5% en mars 2013.

Ralentissement dans l'ensemble de l'Asie

Par ailleurs cette politique indienne de relance intervient dans un contexte particulier dans l'ensemble du continent asiatique. Ainsi Singapour annonce une chute inattendue de ses exportations en mars, conséquence du ralentissement de l'économie chinoise. Mardi, Pékin annonçait que le mois de mars s'était soldé par une nouvelle baisse des investissements directs étrangers en Chine (- 6,1% sur un an), la cinquième consécutive.

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L'Inde est cependant moins dépendante des aléas du marché international que la deuxième économie mondiale. « Les croissances de la Chine et de l'Inde augmentent toutes deux rapidement, mais elles ont suivi des voies de développements différentes. Tandis que la Chine a développé une industrie plus traditionnelle avec une stratégie de croissance fondée sur les exportations, la croissance de l'Inde a été menée par le secteur des services et une dépendance liée en large mesure à la demande intérieure », rappelle Jeremy Clift, économiste au FMI.

Robert Jules

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