Quand un prof de Harvard contredit Keynes sur la base de... son orientation sexuelle

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Pour Niall Ferguson, professeur d'histoire de la finance à Harvard, Keynes n'avait pas de vision de l'avenir parce qu'il était gay et n'avait pas d'enfant. Des propos pour lesquels il s'est excusé.

Même les chercheurs les plus éminents peuvent parfois se tromper lourdement. Pour quelques mots lancés à la volée, l'un d'entre eux a même provoqué un tollé chez les économistes anglo-saxons. De quoi le pousser à s'excuser platement sur son blog. Niall Ferguson, historien écossais de 44 ans et professeur à Harvard s'exprimait le 2 mai en Californie devant des analystes financiers. Invité à commenter la célèbre expression de l'économiste britannique John Maynard Keynes "à long terme nous sommes tous morts", Niall Ferguson a proposé une explication toute personnelle...

"Ce sont les idées économiques de Keynes qui nous ont conduits aux problèmes que nous connaissons aujourd'hui"

"Keynes était homosexuel et n'avait aucune intention d'avoir des enfants. Nous ne disparaissons pas vraiment, nos enfants sont notre descendance. Ce sont les idées économiques de Keynes qui nous ont conduit aux problèmes que nous connaissons aujourd'hui", a-t-il répliqué, comme le rapport le site spécialisé dans l'information financière StreetLive Talk. Niall Ferguson a même mentionné le fait que Keynes était marié à une danseuse mais il a précisé qu'avec elle "il préférait plutôt parler de poésie que de procréer". Des propos qui n'ont pas manqué de créer une vive polémique, relayée notamment sur Twitter.

Les plates excuses du professeur

Niall Ferguson a rapidement répondu pour s'excuser. Sur son blog, l'auteur de "l'ascension de la monnaie, une histoire financière du monde" (2008) s'explique: "Ce que je voulais dire c'est qu'à long terme nos enfants, petits enfants et arrière petits-enfants, eux, seront vivants et devront payer les conséquences de nos actions économiques". Il regrette donc d'avoir affirmé que John Maynard Keynes ne se préoccupait pas de l'avenir à cause de son orientation sexuelle et parce qu'il n'avait pas d'enfant. "Il est évident que les gens qui n'ont pas d'enfants se soucient aussi des générations futures. Ensuite, j'avais oublé que Lydia, la femme de Keynes avait fait une fausse couche", écrit-il. L'historien termine son acte de contrition en affirmant que ses collègues, élèves et amis - hétérosexuels ou gays - ont tous les droits d'être déçus". Avant de parler, l'historien aurait sans doute mieux fait de relire ses classiques. Car, comme le prouve ce texte, l'avenir des générations qui lui ont succédé, Keynes s'en préoccupait!

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Commentaires
a écrit le 10/05/2013 à 14:45 :
Niall a besoin de s'inventer des histoires pour vendre son livre ?
a écrit le 06/05/2013 à 18:15 :
Bah, il n'y a plus guère d'endroit où on croit encore aux théories de ce monsieur, il faut dire pour sa défense que l'interprétation hexagonale de ses théories, revisitées de marxisme populiste n'a pas grand chose à voir avec l'original et il doit se retourner dans sa tombe à la folie que certains essaient de commettre en son nom. Qu'il fut homo ou non , il reste que c'est la guerre qui a relancé l'économie Américaine et il régnait une pauvreté terrible entre 1930 et 1940, le new deal, la relance et l'augmentation astronomique des impots, n'ont rien donné.
a écrit le 06/05/2013 à 17:22 :
C'est facile d'accuser Keynes car il ne peut plus se défendre : il a toujours dit que les états devaient contrôler l'économie, et le capitalisme en particulier. Les sécurités qu'avait préconisées Keynes après la crise de 1929 ont été levées dans les années 90 pour aboutir à la crise d'aujourd'hui. Beaucoup d'économistes l'avaient dénoncé à l'époque mais la doctrine l'ultra-libéraliste s'est imposée. Keynes nous avait averti, au contraire de ce que l'on veut faire croire. On connait les coupables et à qui profite le crime...
Réponse de le 07/05/2013 à 22:00 :
Euh... A ce niveau... c'est presque de l'art...
La crise des subprimes due à l'intervention de l'état sur la Fed... CA, c'est déjà du lourd... Parce que la crise des subprimes n'est pas du tout l'aboutissement d'une crise de liquidités qui, par un mécanisme de fuite en avant, s'est traduite par un recours massif au crédit...

Quant à la politique de relance keynésienne des états... Euh... Je crois bien qu'on n'a pas la même définition de ce qu'est une relance keynésienne...
a écrit le 06/05/2013 à 17:08 :
Complétement ahurissant d'accuser Keynes d'avoir proposé un modèle économique inapte. D'abord, Keynes est avant tout un scientifique, qui n'a fait des propositions économiques que de manière incidente. Ensuite, et surtout, le modèle keynesien a tout de même permis de conserver une très grande stabilité économique pendant très longtemps, en évitant que la croissance des revenus du capital soit trop forte par rapport à ceux du travail, donc en mettant la société à l'abri d'un appauvrissement généralisé, tout en protégeant le patrimoine de la classe possédante.
a écrit le 06/05/2013 à 12:54 :
Avec cet éclairage, je comprends mieux pourquoi Keynes est le référent économique de la gauche !
a écrit le 06/05/2013 à 9:45 :
Mouaif, ça ne s'est pas vérifié avec les boomers toutes ces histoires de "je pense à l'avenir de mes enfants" ...
a écrit le 06/05/2013 à 8:44 :
Même si c'est dit de manière violente, il est vrai que les couples avec enfants pense beaucoup plus à l'avenir que les célibataires ou sans enfant. Je le constate tous les jours autour de moi.
Réponse de le 06/05/2013 à 9:37 :
Si vous le constatez autour de vous, alors il est évident que c'est une vérité absolue. D'ailleurs, l'état actuel du monde, dirigé depuis des décennies pas des gens stériles, le prouve.
Réponse de le 06/05/2013 à 11:00 :
Quand on pense sérieusement à l'avenir, vu les méfaits de l'hypercroissance démographique, on est plutôt célibataire, et éventuellement en couple sans enfants. Quand on a des enfants, on pense effectivement beaucoup à son avenir et à celui de ses enfants, mais uniquement de ses enfants, tout à fait égoïstement.
Je le constate tous les jours autour de moi.
a écrit le 06/05/2013 à 7:46 :
Supposer que les couples avec enfants se préoccupent de l'avenir de la planète qu'ils laissent à leur descendants sera une affirmation difficile à prouver.
En tous cas, vu l'état actuel de l'économie et de l'environnement, on peut franchement douter que ce postulat se vérifie.
Réponse de le 06/05/2013 à 9:35 :
On peut surtout démontrer le contraire par d'innombrables contre exemples. D'autant que comme vous le dites, on est depuis toujours dirigé par des "procréateurs", ce qui nous a mis dans le situation que l'on connait.
a écrit le 05/05/2013 à 23:28 :
Aux uns d'évoquer Niall Ferguson, aux autres d'opposer Milton Friedman. Je crois que le réalisme ne se pose plus en ces termes; à moins de vouloir se montrer un érudit en économie. l'heure n'est plus à la planche à billets, ni à la création de liquidités par effet de crédit. c'est bien du contraire qu'il s'agit. Renouer avec une économie de réalité. Donc, non seulement de restriction budgétaire, mais en plus de restructuration afin de rendre les états plus performants. S'agit-il pour autant de "s'étrangler" .Bien entendu non. Il faut avant tout réinventer une dynamique qui soit en dehors des marchés de la globalisation. Celle-ci doit et va perdurer dans certains domaines. Mais cette structure économique ayant atteint ses limites ; elle continuera à générer des richesses, mais plus d'emplois dans les pays occidentaux, sans toucher aux seuils sociaux. Reste donc à développer un secteur d'activité ou l'industrialisation n'est pas nécessaire ; une réserve d'emplois. Les énergies nouvelles, ainsi qu'une approche agricole complètement remodelée, devrait redonner de l'oxygénation au tissu social. quant aux grands travaux d'infrastructure ; certes ils demeurent une garantie de relance de l'emploi, mais ils sont assujettis à une réelle nécessité. Ils ne pourront se réaliser qu'à partir d'économies déjà faites. D'où l'intérêt de commencer par restructurer les services de l'état.
a écrit le 05/05/2013 à 22:11 :
Keynes aurait peut-être accueilli la boutade en la prenant au second degré, au lieu d'en faire un mini scandale dont tout le monde se fiche ? Ce fait divers insignifiant a sans doute été amplifié à dessein par la communauté LGBT pour encore une fois faire du bruit ?
Réponse de le 06/05/2013 à 8:41 :
Impressionnant de voir la complicité des relais médiatiques en faveur du lobby Lgbt dès qu'il s'agit de nourrir une propagande destinée à se victimiser , quitte à tomber dans la caricature ou le procès d'intention à l'égard de ceux qui portent un regard critique sur les agissements de l'un d'entre eux !
Réponse de le 06/05/2013 à 9:34 :
Ça me fera toujours marrer ces complotistes qui imaginent des lobby gays controlant le monde par leur toute puissance. Risible. Il s'agit d'un historien écossais, critiqué aux USA. Tandis que la LGBT est franco-française. Cessez donc de raconter n'importe quoi.
Réponse de le 06/05/2013 à 11:36 :
@@journalisme, bien sur, il n'y a pas de lobby LGBT qui ifnluence la politique internationnale et c'est un pure hasard de calendrier si une multitude de pays occidentaux légifère en même temps sur le mariage gay. Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier alu :)
Réponse de le 06/05/2013 à 11:47 :
Je n'ai jamais dit que le "lobby" LGBT prétend contrôler le monde, d'ailleurs je ne crois pas que ce soit dans ses intentions. De toute évidence c'est impossible. En revanche on voit fleurir des articles dans la presse à la moindre boutade ou à la moindre ambiguïté, ce qui démontre à quel point les mouvements pro-gay sclérosent la liberté d'expression. La pensée unique s'est énormément développée ces 15 dernières années, le nier c'est y participer. C'est vous qui dites n'importe quoi. Quand à la LGBT, l'organe français, par ailleurs pretendant incarner une communauté entière au mépris des différentes sensibilités s'exprimant dans cette même communauté, est le pendant d'une mouvance mondiale, ne dites pas de bêtises.
a écrit le 05/05/2013 à 20:27 :
Rien de choquant danc ce qui est dit.
L'économie se basant sur les préférences individuelles il n'y a rien d'extraordinaire à remarquer l'impact des préférences sexuelles sur celle-ci. Mais aux Etats Unis mentionner des termes comme 'Juif' ou 'gay' dans un cadre publique c'est indécent.
Réponse de le 06/05/2013 à 7:39 :
Il ne remarque rien, il se contente de vagues suspicions et de présupposés qu'il reconnaît finalement sans fondement.
Démarche absolument sans rigueur comme vos affirmations sur les bases de l'économie.
Réponse de le 06/05/2013 à 9:30 :
Malheureusement, il ne suffit pas de raconter n'importe quoi. Il faut au moins tenter de prouver ses allégations, qu'il reconnaît lui-même sans fondement. Car trouver des "procréateurs" sans aucune vision d'avenir, ou des couples stériles en ayant une, il n'y a rien de plus facile pour prouver que ce monsieur ne sait pas de quoi il parle.
Réponse de le 07/05/2013 à 13:46 :
Keynes était nul car il avait une moustache.. ce qui l'empêchait de voir le bas des pages des livres qu'il lisait et donc il ne comprenait rien à rien et tout est de sa faute....
a écrit le 05/05/2013 à 19:57 :
ce n'est qu'un élément dans la chasse aux sorcières qui se perpétue de façon conjoncturelle; ça doit faire plaisir au rigoriste allemand ce genre de lynchage; de toutes façon Keynes avait raison et ceux qui le dénoncent le savent que trop bien.
a écrit le 05/05/2013 à 19:23 :
il n'a pas tort... le court termisme des politiciens, tjs prompt a creer de la dette pour faire de la relance ' payee par personne', et a faire des ' avancees sociales ' payees plus tard par personne' non plus ont amene la majorite des pays devant la falaise.... j'aurais bien dit ' les gens devant la falaise', mais quand on est genereux avec l'argent des autres, on prefere refiler la patate chaude aux enfants et petits enfants sous la falacieuse appellation ' solidarite inter generationnelle'
Réponse de le 06/05/2013 à 9:27 :
Ce qui prouve que contrairement à ce que vous dites, il a tord. Car la majorité de ces politiques qui nous dirigent ont des enfants.
a écrit le 05/05/2013 à 17:07 :
Peut-être que ça en dit long sur le niveau de médiocrité qu'ont atteint les Universités britanniques. A force d'auto-satisfecit, de vouloir s'auto-proclamer "les plus prestigieuses" dans tous les domaines et surtout ceux qui rapportent gros, elles n'ont pas que leur enseignement et la qualité du corps professoral sombrait dans la médiocrité. Monsieur Ferguson avec ses idées qui doivent lui venir d'une lecture trop intensive de la presse de caniveau, n'en est que la partie la plus visiblement grotesque.
Réponse de le 05/05/2013 à 20:58 :
Je vous invite à revoir votre géographie.
a écrit le 05/05/2013 à 16:20 :
Si l'historien Fergusson a fait cette observation orientée sur la vie personnelle de Keynes dans une séance de questions-réponses c'est son droit ...et il n'a meme pas à s'excuser .
J'invite les censeurs-à-la-petite-semaine à s'interesser aux travaux de la psy suisse Alice Miller sur l'influence de la vie personnelle (notamment l'enfance) dans les positions intellectuelles ou politiques des hommes publics. Refuser cette éclairage est le propre des robots .....et ça fait peur de voir oh combien ce formatage est dominant en 2013 !
Réponse de le 06/05/2013 à 9:26 :
Je ne sais pas qui est Alice Miller. Ce que je sais, c'est que des psy on en trouve des centaines de milliers assez facilement, dont beaucoup auront un avis contraire sur cette question. Et une affirmation aussi simpliste que de dire que ceux qui n'ont pas d'enfant n'ont pas de vision d'avenir, et inversement, est très facile à défaire car il suffit de se baisser pour trouver autant de contre-exemples que nécessaire.
a écrit le 05/05/2013 à 13:51 :
C'est beau de chercher des responsables. Mais le profit immediat, la speculation, l'appat du gain, les foules ont ca dans le sens.
Pour la plupart, les gens n'ont pas lu Keynes, mais ils se precipitent pour acheter de l'immobilier en s'endettant. Ceux qui ont loupe les premieres hausses de prix continuent de se precipiter de peur de louper la hausse qui suit, et ainsi de suite. Sauf qu'un jour trop de hausse devient vraiment injustifiable. Idem pour l'or. Bref, Keynes est un analyste, un observateur. Il ne fait que decrire les comportements economiques et en deduit une theorie. Donc le prendre pour bouc-emissaire, c'est un raisonnement pathetique, on ferait mieux de dire qu'il a raison dans son observation des bulles et du court-terme, et chercher une reponse a ce fait. Quant a rajouter qu'il est gay, c'est odieux. Les gays sont exactement comme les heteros : il y en a qu'on apprecie d'autres pas, des cons et des icones, comme tout le monde...
Réponse de le 05/05/2013 à 14:58 :
Keynes analyse mal les comportements parce qu'il ne comprend pas les fondements du réel et en déduit une théorie fausse. Ensuite, face à ses contradicteurs, il passe son temps à mentir, sauf sur la fin de sa vie, quand il reconnaît avoir eu tort sur toute la ligne, de peur d'aller en enfer.
a écrit le 05/05/2013 à 13:36 :
Pauvre Ferguson... Keynes était, peut-être, le seul économiste à avoir une vision de long terme.
Réponse de le 05/05/2013 à 14:16 :
oui et la vraie vision du long terme :' à long terme, nous sommes tous morts " :-)
a écrit le 05/05/2013 à 13:19 :
Quand on voit comment énormément d'hétérosexuels qui ont des enfants arrivent a dilapider les ressources naturelles de la terre et à la polluer pour leur petit confort a court terme en se foutant complètement des générations futures on peut largement remettre en question ces thèses un peu bébêtes. Remettre sur le dos de Keynes les résultats des dérives ultra libérales mondialistes du système financier est carrément pervers. De plus la vision austérienne actuelle privilégie la rente des vieux à la retraite (enfin ceux qui ont une retraite par capitalisation) au dépend des jeunes actifs travailleurs (enfin chômeurs pour beaucoup maintenant) alors les générations futures visiblement ils s'en foutent et ne l'utilise que comme argument quand cela les arrange. Que le lègue aux générations futures soit une économie certes sans dettes mais sans travailleurs et avec une terre polluée sans contraintes environnementales ne les dérange pas beaucoup. Un héritage n'est pas que financier !
a écrit le 05/05/2013 à 12:48 :
Quel est l'objectif poursuivi en publiant cet article ? Signifier à tous ceux qui oseraient critiquer les théories économiques de Keynes qu'ils pourront désormais être associés à Ferguson, même s'ils désapprouvent les propos de ce dernier ? Cela ressemble à un stratagème inspiré de "L'Art d'avoir toujours raison" de Schopenhauer.
Réponse de le 06/05/2013 à 9:21 :
Pas la peine de rechercher le complot partout. C'est un fait divers comme d'autres qui peut mériter un article. Ca n'empêchera personne de critiquer Keynes, sans forcément dire que les homosexuels n'ont pas de vision de l'avenir.
a écrit le 05/05/2013 à 12:37 :
"Keynes n'avait pas de long terme" Merci de clarifier cette phrase. Long terme de quoi?

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