
« Rendez-nous Fedorov » : en Ukraine, la colère gronde après l'éviction du ministre de la Défense par Zelensky
En limogeant cette semaine Mykhaïlo Fedorov, le président ukrainien a déclenché une crise politique majeure. Saura-t-il calmer la colère ?
La suspension des aides européennes était dans la balance. Pour l'instant, seule la fourniture d'armes et de matériels sécuritaires seront suspendus en provenance de l'Union européenne. Ainsi en ont décidé ce mercredi les ministres des Affaires étrangères européens, réunis pour discuter de la situation en Égypte. Ils exigent un retour au calme.
Un peu plus tôt dans la journée, la justice égyptienne levait le dernier obstacle à la libération de l'ancien président Hosni Moubarak, déchu en 2011 et poursuivit pour plusieurs chefs d'inculpation, dont celle de complicité de meurtres d'opposants lors de la révolution de janvier-février 2011. Sa libération éventuelle risque de rajouter de l'huile sur le feu. Et, peut-être gripper un peu plus les discussions internationales.
Avant cette réunion, c'était plutôt la menace d'un blocage du reste de l'aide de 5 milliards d'euros prévue pour la période 2012-2014 qui était redoutée. Or, le pays, qui dépense quelque 10% de son PIB en subventions à l'énergie et à l'alimentation, est dépendant de l'aide internationale. Début juillet, au moment où l'ancien président Mohammed Morsi a été déposé, le gouverneur de la Banque centrale du pays mettait en garde contre les risques liés aux quantités limités de réserves de change dont il disposait. A cela, c'est très vite ajouté un risque de pénurie de blé. Dans les deux cas, plusieurs pays voisins ont rapidement réagi. L'Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis ont ainsi débloqué des lignes de crédit pour un montant total de 12 milliards de dollars.
Parmi ces mêmes pays, l'Arabie saoudite a également promis de prendre le relais, si les aides en provenance des pays occidentaux venaient à être suspendues. Seul le Qatar, qui soutenait financièrement l'Égypte lorsque Mohammed Morsi était président, risque de se montrer bien plus réservé.
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La nouvelle de l'aide saoudienne semble quoi qu'il en soit avoir été accueillie positivement par le pouvoir égyptien, qui n'en estime pas moins les relations avec l'Union européenne et les États-Unis comme primordiales, selon des sources diplomatiques.
En témoigne notamment l'opération de communication lancée par le gouvernement de transition qui estime biaisée la couverture médiatique des événements. Dans une lettre, le service d'information (SIS) a accusé le 17 août certains correspondants étrangers de "s'éloigner de l'objectivité".
Le pouvoir égyptien tente en outre de justifier les répressions sanglantes de manifestations pro-Morsi survenues à la mi-août et les arrestations de cadres de la confrérie. Depuis plusieurs jours, des ambassades diffusent auprès de la presse des messages mettant en cause les Frères musulmans, dont les milices sont qualifiées de "terroristes". En France, Mohamed Moustafa Kamal lançait ainsi : "Je m'adresse à tous les amis de l'Égypte. Ne soyez pas du mauvais côté de l'Histoire". Concernant la réunion des ministres des Affaires étrangères européens, il précisait en outre:
De leur côté, les États-Unis ont eux aussi menacé de fermer son portefeuille à l'Égypte, en suspendant notamment leur aide militaire, qui atteint 1,3 milliard de dollars. Ce à quoi Le Caire a rétorqué ce mardi qu'elle pouvait s'en passer. N'oublions pas que l'Egypte a vécu avec le soutien militaire de la Russie et que nous avons survécu. Ce ne se serait donc pas la fin du monde", a par exemple affirmé le Premier ministre Hazem Beblawi. Une assertion remise en cause aux Etats-Unis par plusieurs experts militaires. "Sans ce soutien monétaire, les avions [égyptiens] ne voleront pas et les tanks ne rouleront pas" juge ainsi Robert Springborg, un professeur à l'école navale de Monterey en Californie, cité par le New York Times.
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Jusqu'à présent, la suspension de l'aide occidentale ne faisait l'objet que de menaces verbales. Des sources diplomatiques confiaient ainsi à la Tribune notamment qu'aucune sanction "répressive" n'était attendue de la réunion européenne. De fait, l'Égypte représente un intérêt stratégique, non seulement matière d'équilibre géopolitique. Mais aussi parce qu'il y transite chaque jour quelque 4,5 millions de barils de pétrole par jour ainsi que d'autres biens, via le Canal de Suez. Avec son embargo sur les armes, l'Union européenne a choisi de franchir un cap symbolique.