Partie de poker entre la Grèce et ses bailleurs de fonds

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Le premier ministre grec, Antonis Samaras
Le premier ministre grec, Antonis Samaras (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les chefs de file de la troïka entament un nouvel audit du pays, s'apprêtant à suggérer des réformes

 La Grèce espère prévenir de nouvelles mesures d'austérité et s'attend à des négociations difficiles avec ses bailleurs de fonds internationaux qui ont démarré dimanche un nouvel audit des comptes du pays et des réformes censées le faire sortir de la crise.

Les chefs de file de la troïka (Union européenne, Banque Centrale européenne et Fonds monétaire international) devaient commencer dimanche après-midi leur travail par une réunion avec le ministre des finances Yiannis Stournaras.

"Une partie de poker" est engagée entre la Grèce et ses partenaires, "et les choses ne seront pas faciles", notait dimanche l'hebdomadaire Vima, tandis que le quotidien libéral Kathimerini prévoyait des "discussions dures, après la mi-octobre", pour la seconde phase des négociations.

Un audit déterminant


L'audit sera déterminant dans le déblocage d'une nouvelle tranche de prêt d'un milliard d'euros, dans le cadre du deuxième plan de sauvetage du pays conclu en février 2012.
 Il doit s'interrompre avec la réunion annuelle du FMI du 11 au 13 octobre et de l'Eurogroupe le 13. Il reprendra ensuite.
"Le principal objectif" des dirigeants grecs "est d'éviter de nouvelles mesures d'austérité", affirme encore Kathimerini. Lors d'une visite à Bruxelles la semaine dernière, le Premier ministre grec Antonis Samaras n'a pas dit autre chose.

Le premier ministre refuse de nouvelles mesures d'austérité

"Quel que soit le déficit (budgétaire) qui pourrait émerger pour 2015 et 2016, il sera couvert par des changements structurels... Pas par de nouvelles mesures" d'austérité, avait-il déclaré, cité par Kathimerini, en marge de ses entretiens avec les dirigeants européens à Bruxelles.
"Nous n'aurons pas besoin d'adopter des mesures autres que ce qui a déjà été convenu. Par ailleurs, notre économie ne pourrait plus supporter de nouvelles mesures", avait-il déjà prévenu au début du mois.
"L'adoption de la moindre mesure (d'austérité) provoquerait de la casse dans le paysage politique", prévient quant à lui l'hebdomadaire Vima, alors que la coalition droite-gauche au pouvoir dispose d'une majorité de moins de cinq sièges.

Négociations difficiles avec l'Eurogroupe


Le quotiiden Kathimerini prévoit également un durcissement des négociations après la réunion de l'Eurogroupe, lorsqu'elles aborderont les mesures fiscales et la dette.
 "Ce sera la période cruciale des négociations", estimait aussi samedi le quotidien économique Naftemporiki.
Le gouvernement ne manquera pas de faire valoir à ses partenaires que des signes encourageants apparaissent dans le paysage économique.
La récession pourrait prendre fin, et la perspective d'un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) se profile pour 2013. Pour la première fois depuis le début de la crise en 2010, le taux de chômage, à 27,1% au 2e trimestre, est en très légère baisse par rapport au trimestre précédent.

Climat social tendu

Mais la troïka arrive à Athènes dans un climat social et politique tendu. Après une grève de l'ensemble du secteur public la semaine dernière, le principal syndicat des fonctionnaires ADEDY a appelé à une reconduction du mouvement, mardi et mercredi prochains. ADEDY est par ailleurs en discussions avec son homologue du privé GSEE pour faire de mardi une journée de grève générale. Décision attendue lundi.

25.000 fonctionnaires redéployés


Les syndicats de fonctionnaires s'opposent à la mise en oeuvre d'un vaste plan de mutations et de licenciements, avec au 25.000 fonctionnaires redéployés d'ici à la fin de l'année, dont 12.500 d'ici fin septembre. Doivent s'y ajouter 4.000 licenciements d'ici fin 2013 (dont les 2.600 de la télévision publique).
 Le meurtre d'un musicien antifasciste par un membre du parti néonazi Aube dorée a par ailleurs mis cette semaine le gouvernement en difficulté, accusé de n'avoir rien fait pour sanctionner les débordements du parti.
Depuis 2010, Athènes a reçu un total de 240 milliards d'euros de l'Union européenne et du FMI. Mais on s'attend que le pays ait encore besoin de 10 milliards supplémentaires.


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Commentaires
a écrit le 23/09/2013 à 11:25 :
Mme MERKEL étant débarrassé des considérations domestiques, la Grèce va se prendre un Nein dans la poire. Pas commode mamie!
a écrit le 23/09/2013 à 0:18 :
la grèce ne se reforme pas, l l administration fiscale bloque tout, les armateurs sont protégés, etc
les dirigeants grecs s ont d une totale irresponsabilité, il est temps d abandonner son pays a son propre sort .quand on veut pas se soigner ..
Réponse de le 23/09/2013 à 8:51 :
N'oubliez pas que c'est l'un de vos petits psdt franchouillards, VGE, qui a magouillé avec Goldman Sachs pour que la Grèce entre de force dans la zone euro. A l'époque, ce personnage à la déontologie très élastique (mais vous avez l'habitude dans votre rép_blique bananière),, très attaché à ses diamants africains, agissait pour le lobby bancaire français. N'oubliez pas non plus que la fraude fiscale est nettement MOINS élevée en Grèce qu'en France puisqu'en Grèce plus de 75 % des contribuables (employés, fonctionnaires, retraités, etc etc) sont directement prélevés à la source, sans possibilité de fraude. N'oubliez pas non plus que la France n'a pas déboursé un centime pour la Grèce et que celle-ci continue à RAPPORTER chaque année des dizaines de millions d'euros à une france parasite qui continue à vivre au crochet des Grecs. N'oubliez pas encore que les courageux Grecs travaillent beaucoup plus que les feignasses français, chiffres OCDE à l'appui. N'oubliez pas aussi que, proportionnellement à la population, le nombre de fonctionnaires a toujours été MINS élevé en Grèce qu'en France. N'oubliez pas que votre précédent psdt à talonnettes conditionnait son pseudo"soutien" à la Grèce moyennant des achats massifs d'armes à l'industrie française de l'armemement, l'"aide" octroyée par la troïka étant de fait détournée au profit de la france. n'ouibliez pas, en plus, que la pseudo "aide" à la Grèce n'érrive jamais dans le pays qui n'en reçoit même pas 15 %, le reste étant détourné au seul profit des banques, les banksters français notamment. Vous parlez de "refuser de se soigner"...Vous avez raison ! Après que la france n'a réussi à survivre qu'en truandant ses colonies et même à l'heure actuelle où elle contribue au génocide des peuples du sud-européen (en bon vassale de l'allemagne merkelienne) et qu'elle continue à vivre au crochet de ces pays, regardez dans quel état elle est. La Grèce doit sortir de la zone euro ? Tout à fait d'accord ! Il y a longtemps qu'elle aurait dû le faire. Car les Grecs, nobles et courageux, n'ont pas besoin de remplir la guele d'états-voyous (france et allemagne en tête) et de subvenir aux populations de nervis de ces pays. La Grèce mérite mieux que le panier de crabes français et européen !
a écrit le 22/09/2013 à 22:42 :
Excédent budgétaire primaire en Grèce possible en 2013 ,... et en France c'est pour quand ?? (mais pour ca, il faudra tailler dans les dépenses !!... et comme le disent les grecs, faire des réformes structurelles : un allègement des charges sur l'emploi, au sens propre (la politique familiale n'a absolument pas à être financée par les employeurs car ca concerne tout autant les retraités les commerçants, les fonctionnaires,...) comme au figuré ( un code du travail illisible quand le code suisse ne dépasse pas 60 pages !!!)... y a du boulot !!!
a écrit le 22/09/2013 à 20:45 :
Pendant ce temps là en France on embauche de nouveaux fonctionnaires et on augmente le salaire des autres. Quant aux salariés du privé on les envoie à la case Pôle Emploi et on diminue les salaires des salariés (pas encore chômeurs) par de nouvelles cotisations retraite.
Après cela allez comprendre comment fonctionne l?Europe.
a écrit le 22/09/2013 à 17:39 :
j'aurai préféré poker menteur....mais on va leur refiler du fric ou passer par perte et profit nos prets................ il faut virer la grece de l'Europe on perdra moins que si elle reste.... mais il faudrait 15 Merkel aux gouvernements (je rappelle merkel est un excellent fabricant de fusils que l'on s'en serve)
a écrit le 22/09/2013 à 16:30 :
Que les grecs ne s'inquiètent pas le fric ne les laissera tomber que lorsque la finance se rendra compte que l'Europe est irrécupérable.
a écrit le 22/09/2013 à 16:20 :
"vaste plan de mutations et de licenciements", non content de plier l'activité économique du pays,on désorganise le fonctionnement de l'état,c'est sur que cela va-t-être profitable au redémarrage de la Gréce .
a écrit le 22/09/2013 à 15:39 :
Et pendant ce temps les Français continuent de passer à la caisse. Bravo VGE d'avoir ouvert grande la porte de l'UE à la Grèce et Chirac celle de l'Euro !
Réponse de le 22/09/2013 à 22:02 :
Vous n'aimez pas la droite visiblement ;-)
Réponse de le 22/09/2013 à 23:01 :
VGE- «L? Europe sans la Grèce sera comme un enfant sans certificat de naissance». Ouvrez un vocabulaire Papyrus-Larousse pour apprendre pourquoi le 60% de la civilisation française est basée sur la civilisation grecque ! Mais la civilisation est un mot «banal» pour les spéculateurs et les fétichistes de l argent. O tempora! O mores!

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