La politique pro-nucléaire de Shinzo Abe contestée jusque dans son propre camp

Romain Renier

Romain Renier
Shinzo Abe, fervent défenseur de la reprise du nucléaire au Japon, a encore du pain sur la planche avant de convaincre. D'autant plus qu'il a trouvé en Junichiro Koizumi, Premier ministre entre 2001 et 2006 et du même parti que l'actuel dirigeant de l'archipel, un adversaire de taille.
Cette nuit, l'ancien dirigeant de centre droit et partisan historique de l'atome s'est en effet fendu d'un argumentaire anti-nucléaire au profit des énergies renouvelables.
Embarrassé, le gouvernement a dit qu'il était normal qu'il y ait un débat tout en réaffirmant sa position pour un redémarrage du nucléaire.
Depuis 2011, la quasi totalité du parc nucléaire japonais est à l'arrêt. Le dernier réacteur en marche a été arrêté au mois de septembre. Ce qui n'est pas sans poser de sérieux problèmes à la troisième économie mondiale sur le plan économique.
En effet, pour compenser l'énergie produite en moins, le Japon est forcé d'importer des hydrocarbures pour faire tourner ses centrales au fuel ou au gaz. Accentuée par un yen faible, l'explosion de la facture énergétique contribue à creuser son déficit commercial. Ce qui fait peser des inquiétude sur le financement de la dette colossale du Japon.
Mais l'argument économique est contré par les opposants à la reprise du nucléaire qui ne cessent de dénoncer les méfaits de l'atome. Et en cela, la centrale de Fukushima, que Tepco, qui gère le site ravagé le 11 mars 2011 par un tsunami, et le gouvernement ont le plus grand mal à garder sous contrôle, malgré les affirmations de Shinzo Abe, ajoute de l'eau à leur moulin.
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Depuis plusieurs mois, les avaries et incidents plus ou moins graves s'y enchaînent. "Nous sommes désolés de devoir annoncer une nouvelle fuite", s'est à nouveau excusé un porte -parole de la compagnie Tepco cette nuit.
L'électricien nippon a découvert mercredi en fin de journée une nouvelle fuite d'eau radioactive provenant de l'un des réservoirs. Environ 430 litres d'eau contaminée se seraient échappés dans l'océan Pacifique.
Ce qui est toujours moins que les 300 tonnes d'eau radioactive qui se sont déversés dans l'océan au mois d'août, mais suffisant pour raviver les craintes.
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