Plus que deux semaines pour trouver un terrain d'entente. Aux Etats-Unis le "shutdown" (fermeture des administrations) s'installe dans la durée. Or, le 17 octobre, si rien n'est décidé, le pays sera en cessation de paiement, comme l'a répété plusieurs fois le secrétaire au Trésor, John Lew.
Entre républicains et démocrates, aucun compromis n'a encore été trouvé. Principal point d'achoppement: Obamacare, la réforme du système de santé chère au président des Etats-Unis qui doit entrer en vigueur l'an prochain.
A quelques mois des élections de mi-mandat, le spectre d'une non réélection hante le Grand Old Party (GOP). En son sein, la division est telle que certains songent à le quitter, notamment au sein du très conservateur Tea Party. Une scission que redoute notamment John McCain, ex-candidat à la Maison-Blanche. En face, les démocrates paraissent plus unis derrière Barack Obama, mais une trop forte intransigeance pourrait leur être préjudiciable aux yeux de l'électorat. Casting express de la partie de poker qui se joue au Capitole.
Le président de la chambre des Représentants a déjà dû mener les négociations sur le "fiscal cliff" à la fin de l'année dernière. Il a affirmé jeudi 3 octobre qu'il ne permettrait pas que le pays soit en défaut de paiement pour la première fois de son histoire par sa faute. Il tente de mener les discussions au sein du camp républicains avec son numéro deux, le leader de la majorité à la Chambre, Eric Cantor (Virginie).
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Favori du Tea Party, l'ultraconservateur Ted Cruz ne mâche pas ses mots pour s'opposer à la réforme Obamacare. Fin septembre, ce diplômé de Princeton et de Harvard a prononcé l'un des discours qui restera dans l'histoire américaine, au moins pour sa longueur: il a duré 21 heures et 19 minutes!
Ce membre du Tea Party fraichement élu est désigné par certains médias, notamment CNN, comme "l'architecte du shutdown". Au mois d'août, il adressait une lettre aux dirigeants du parti républicain pour leur suggérer d'exploiter leur pouvoir d'obstruction lors des débats sur le budget afin de démanteler Obamacare. La pétition était signée par 79 de ses confrères.
Le leader de l'opposition au Sénat choisirait de voter contre la proposition des "flibustiers" du Tea Party menés par Ted Cruz et en faveur d'un budget qui ne limiterait pas Obamacare.
L'autre sénateur du Kentucky fils de l'homme politique Ron Paul et ophtalmologiste de formation, est l'une des grandes figures du Tea Party dans son Etat. Toutefois, il prône une ligne médiane entre les plus ardents opposants à la réforme du système de santé et les démocrates qui ne souhaitent pas dialoguer. Le 2 octobre, ils suggéré aux législateurs américains de se réunir autour d'un café pour "alléger la tension et l'esprit partisan".
Le même jour, une conversation avec Mitch McConnell était enregistrée à son insu au cours de laquelle il faisait entendre sa détermination à "gagner" ce combat.
Au sein du camp républicain, une faction accepte de faire des concessions. Parmi les défenseur de cette ligne: Peter King, représentant de New York qui a déjà annoncé son intention de se lancer dans la course à la présidentielle en 2016. Une vingtaine de représentants voterait comme lui, en faveur d'une résolution qui permettrait le financement d'Obamacare, ce qui lèverait le blocage.
Parmi les autres républicains influents, la voix de Paul Ryan, ancien candidat à la vice présidence pourrait peser dans la balance. Il a déjà voté contre des mesures budgétaires par le passé mais voté en faveur du dernier relèvement du plafond de la dette. Il faut aussi compter sur la représentante de Floride Ileana Ros-Lehtinen qui a oscillé entre des lignes conservatrices et modérées, mais aussi sur le sénateur de ce même état Marco Rubio, un candidat potentiel à la Maison Blanche.
Leader de la majorité au Sénat, il a qualifié les plus radicaux des républicains "d'anarchistes", affirmant qu'une "mauvaise journée pour le gouvernement est une bonne journée pour le Tea Party". Il refuse de céder sur la réforme du système de santé.
En tant que chef de file des démocrates à la chambre des Représentants, elle est l'une des principales interlocutrices de John Boehner. Elle a présidé cette chambre de 2007 à 2011.
Membre de la commission du budget au sénat américain, elle est considérée comme une fine négociatrice.
Le numéro trois des démocrates au Sénat a martelé que son parti n'accepterait pas une loi budgétaire qui limiterait la réforme du système de santé.
Dans une tentative d'accélérer la résolution du conflit, Rick Nolan a proposé une loi pour suspendre la rémunération des membres du congrès pendant toute la durée du "shutdown."
L'ancien président des Etats-Unis était aux manettes lors du précédent de 1995. Il a défendu une position ferme face aux républicains.
L'exécutif tient évidemment à rester maître du jeu. L'hôte de la Maison Blanche a ainsi annulé sa tournée en Asie où il devait participer au sommet de l'Asean la semaine prochaine. Refusant de céder sur la réforme qui porte son nom, il a agite la menace du risque financier pour faire plier ses adversaire.
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