L'Iran veut dérouler le tapis rouge pour accueillir les majors pétrolières

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Le ministre du Pétrole Bijan Namdar Zanganeh, lors de la réunion de l'Opep, le 4 décembre 2013 à Vienne. L'Iran aura besoin de 150 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années pour les opérations d'exploration et de production de pétrole, indiquent les autorités de Téhéran.
Le ministre du Pétrole Bijan Namdar Zanganeh, lors de la réunion de l'Opep, le 4 décembre 2013 à Vienne. L'Iran aura besoin de "150 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années pour les opérations d'exploration et de production de pétrole", indiquent les autorités de Téhéran. (Crédits : Reuters)
L'Iran espère obtenir un accord définitif sur la levée des sanctions à son encontre à l'issue des négociations qui reprennent le 18 février. En attendant, Téhéran a chargé un comité de préparer un nouveau cadre juridique pour favoriser l'investissement des grandes groupes pétroliers internationaux.

Le ministère iranien du Pétrole prépare un nouveau type de contrat plus attrayant pour les compagnies pétrolières internationales dans la perspective d'une levée des sanctions occidentales, a déclaré dimanche un responsable du ministère.

Les compagnies pétrolières et gazières internationales se sont retirées d'Iran depuis le renforcement des sanctions américaines et européennes ces dernières années.

Une production qui a baissé sous le seuil des 3 millions de barils par jour

Ces sanctions ont fait chuter les exportations pétrolières de l'Iran et affecté la production du pays, descendue à moins de 3 millions de barils par jour.

Depuis quatre mois, un comité se penche sur la rédaction de ce nouveau modèle de contrat qui sera "finalisé au plus tard en mai ou juin", a précisé Mehdi Hosseini, qui dirige ce comité.

L'abandon des contrats Buy-Back

Il remplacera les contrats Buy-Back, appliqués depuis plus de 20 ans en Iran et qui étaient peu appréciés par les sociétés étrangères.

"La réalité est que ces contrats étaient à sens unique, à l'avantage de l'Iran, et les sociétés étrangères s'en plaignaient", a expliqué le responsable.

Le nouveau contrat "est très proche de ce qui est pratiqué au niveau international", a-t-il ajouté. "Il prévoit le maximum de souplesse dans tous les domaines -les opérations, la coopération, la bureaucratie -qui était quelquefois un frein durant l'application du contrat-, les investissements et leurs plafonds...".

Ce nouveau contrat sera présenté aux compagnies internationales lors d'une grande conférence.

Une grande conférence sera organisée finalement en novembre

Cette conférence, qui devait être organisée au printemps à Londres, a été reportée "à la demande du gouvernement américain, qui souhaite qu'elle soit organisée en novembre", a déclaré M. Hosseini en précisant toutefois qu'aucune date n'avait encore été finalisée.

Selon M. Hosseini, l'Iran aura besoin de "150 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années pour les opérations d'exploration et de production".

Les négociations pour obtenir la levée des sanctions reprennent le 18 février

Téhéran espère que les négociations avec les puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne), qui doivent reprendre le 18 février, permettront d'aboutir à un accord définitif pour régler la crise du nucléaire iranien et obtenir la levée de toutes les sanctions occidentales mais aussi celles adoptées par le Conseil de sécurité de l'ONU.

"Nous devons développer notre industrie pétrolière et gazière avec les meilleures technologies et cela n'est possible que dans une logique 'gagnant-gagnant'", a estimé M. Hosseini.

Selon lui, le ministère doit "prendre en compte les risques et les dépenses des sociétés étrangères pour fixer leurs bénéfices. C'est seulement ainsi que nous maximisons à la fois leurs intérêts et les nôtres".

Il faut aussi convaincre les banques internationales pour financer les projets

Pour Hatef Haeri, directeur du cabinet d'experts ICG group, "l'Iran a un énorme besoin d'investissements étrangers et le seul moyen de l'obtenir, une fois les sanctions levées, est de présenter des contrats acceptables pour les compagnies internationales".

Le ministre du Pétrole Bijan Namdar "Zanganeh a compris que les attentes des compagnies étrangères n'étaient plus les mêmes qu'il y a dix ans. Il faut donc non seulement convaincre ces compagnies mais aussi les banques internationales qui vont financer les projets", a ajouté Hatef Haeri, interrogé par l'AFP.

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