Kigali, une capitale « modèle » menée à la baguette

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Avec ses rues propres et ses ronds-points paysagers, Kigali est surnommée « la Suisse de l'Afrique »./ DR
Avec ses rues propres et ses ronds-points paysagers, Kigali est surnommée « la Suisse de l'Afrique »./ DR (Crédits : DR)
L'Onu a déclaré la capitale du Rwanda « meilleure capitale africaine ». Modèle de développement, avec ses routes bitumées et ses quartiers salubres, elle fait rêver d'une « autre Afrique ». Mais peut-on gouverner le développement d'une ville - et d'un pays - d'une manière aussi ferme ?

Le vol KLM qui relie Amsterdam à Kigali est loin d'être plein. À l'arrivée, beaucoup de passagers restent assis. Leur destination finale : Entebbe, en Ouganda, après l'escale au Rwanda. Carrelage étincelant, policiers rapides... L'aéroport de Kigali s'avère impeccable.

En moins d'un quart d'heure, les formalités sont réglées et les bagages récupérés. Des valises où rien ne manque, même quand elles n'ont pas été fermées à clé. Des jeunes femmes à la beauté éblouissante attendent des passagers, avec des cartons portant les noms de différents forums.

À la sortie, une odeur de bois brûlé flotte dans l'air. La joie manifestée par un petit groupe de visiteurs fait sourire un jeune Rwandais, en polo et blue-jeans. Silhouette élancée, adossé à un kiosque, il parle français. Au fait, n'est-on pas censé parler anglais désormais à Kigali, ex-ville francophone et capitale d'une ex-colonie belge ? Grand sourire pour toute réponse...

La jeune réceptionniste de l'hôtel Gorillas, situé dans un quartier huppé, non loin de la résidence du chef de l'État, ne parle que le kinyarwanda et la langue de Shakespeare. À ses côtés, un collègue plus âgé se sent plus à l'aise en français.

Le passage du français à l'anglais, décidé en 2008 et appliqué dans l'enseignement depuis 2010, semble avoir creusé le fossé des générations, déjà très important au Rwanda, entre ceux qui ont vécu le génocide de 800.000 Tutsis et Hutus modérés, en 1994, et ceux qui sont nés après.

Une ville propre

Les premières impressions de Kigali - 1 million d'habitants à 1.400 mètres d'altitude - confirment tout ce qui se dit sur cette capitale africaine pas comme les autres. La ville est propre. Nette et carrée, malgré les rondeurs de ses collines. Ici, les piétons traversent sur les passages cloutés. Les sacs en plastique sont interdits depuis 2006, comme dans tout le pays. Ils ont été remplacés par des sacs en papier biodégradables.

Pas l'ombre d'une ordure par terre, hormis deux ou trois bouteilles en plastique, mais il faut bien chercher. Les taxis-motos qui sillonnent la ville portent tous le casque règlementaire - de même que leurs passagers. Exemplaire, Kigali a été déclarée « meilleure capitale africaine » en 2008 par l'ONU Habitat. Elle fait rêver, à travers le continent, d'une « autre Afrique » qui serait fonctionnelle et ordonnée. Elle se pose en modèle de développement, avec ses routes bitumées et ses bidonvilles transformés en quartiers salubres.

« La ville change, observe le responsable d'une ONG. Chaque année, on construit de nouveaux bâtiments. La propreté est partout, c'est une question d'état d'esprit. Il n'y a plus d'eau stagnante, on ne jette plus d'ordures. Le leadership a bien voulu qu'on change ça. »

On remarquera d'ailleurs qu'il n'y pas que la capitale qui change au Rwanda. Les autorités ont aussi ancré leur pays dans le Commonwealth et l'Afrique de l'Est anglophone, en ajoutant en 2008 l'anglais aux trois langues officielles du pays (kinyarwanda, kiswahili et français). L'école se fait donc en anglais depuis 2010.

Un policier à chaque carrefour

Le résultat : une « Suisse de l'Afrique » qui soutient mieux la comparaison que Lomé (Togo) ou Bukavu (République démocratique du Congo), deux autres villes affublées de ce surnom. Kigali se distingue par ses toits en pente, tuiles ou zinc, ses grosses horloges partout dans le centre-ville et son culte de la ponctualité. Les feux rouges, plus modernes qu'à Paris, égrènent les secondes d'attente avant de passer au vert. Mais nuance : les ronds-points, ici, ne sont pas seulement bordés de verdure - sans grilles autour comme à Goma, au Congo, pour empêcher les voleurs de faire feu de ce petit bois. À chaque grand carrefour se trouve au moins un policier, en tenue bleue avec gilet jaune fluorescent. Certains lieux sont même gardés par des militaires. Du coup, les forces de l'ordre paraissent omniprésentes...

Un taxi se fait contrôler sur l'une des artères de la ville. Très peu de mots sont échangés. C'est la routine. Pas question de remettre un billet au gendarme, qui ne demande rien d'ailleurs. À Abidjan, Lomé ou Johannesburg, on ne se serait pas gêné pour réclamer quelque chose pour « le transport », « les enfants » ou « les haricots ». Moins drôle, cependant : le chauffeur, d'accord pour emmener le client faire un tour de la ville, fait mine de ne pas comprendre qu'on veuille voir un grand marché avec des femmes, des carottes, des salades et des passants. Il prétend que c'est trop loin, alors que le marché couvert de Kimironko se tient tout près. Veut-il économiser de l'essence ? Ou plutôt éviter les ennuis, en facilitant dans un lieu public la tâche d'une journaliste étrangère ? Il ne répond pas. Mais insiste pour faire le tour des galeries marchandes de la colline du centre-ville.

La vitrine rutilante du nouveau Rwanda fait penser à un mini-Sandton, le quartier d'affaires de Johannesburg qui se vante d'être « le kilomètre le plus riche d'Afrique ». La tour en verre Kigali City Tower reflète le ciel. À l'intérieur, des restaurants dans un patio couvert, et le magasin de décoration Mister Price, qui propose les mêmes produits qu'en Afrique du Sud. Comme partout, le président Paul Kagamé veille, par photo interposée. Son portrait est accroché à l'entrée du supermarché Nakumatt, une chaîne kenyanne pourtant privée. Difficile d'aborder le quidam dans la rue pour obtenir le moindre renseignement. Un serveur dans un fast-food se carapate derrière son comptoir quand on lui demande où trouver le grand marché.

Quant au gardien de sécurité, planté devant la City Tower of Kigali avec son talkie-walkie et son arme, il demande l'autorisation de son leader, avant de laisser le visiteur profiter de la vue panoramique. La réponse tombe au bout de quelques minutes : « Pas possible aujourd'hui », pour cause d'umuganda. Autrement dit, de travail communautaire.

Travaux communautaires obligatoires pour tous

Eh oui, comme tous les derniers samedis du mois, les citoyens de plus de 16 ans sont censés participer aux travaux communautaires, de huit heures à midi. Sous peine d'amende de 5000 francs rwandais (8 dollars), en cas d'absence non justifiée. Les travaux sont organisés par le plus petit degré de l'administration, le village. Le terme désigne un ensemble de dix maisons, aussi bien dans les campagnes que dans les villes. Les uns débroussaillent, les autres nettoient des canalisations ou creusent des trous pour recueillir l'eau de pluie. Après les travaux, une réunion se tient entre les résidents du même quartier, pour parler des problèmes - et surtout, des solutions.

Un mode d'organisation exemplaire, là encore, mais dont on peut se demander s'il est durable. Peut-on faire développer une ville et un pays à la baguette, par des méthodes coercitives ? La société civile s'interroge.

« Les règles et les politiques décidées au sommet n'emportent pas forcément l'adhésion des citoyens », estime Epimack Kwokwo, secrétaire exécutif de la Ligue pour les droits de la personne dans les Grands lacs (LDGL).

Les taxi-motos ont notamment envoyé une pétition au Premier ministre, pour protester contre une réforme des transports urbains qui leur assigne des axes de circulation. Ils ont été reçus en septembre dernier par la commission des Affaires économiques du Sénat, pour alerter sur l'arrestation de certains de leurs collègues. À la sortie de leur audience, ils se sont retrouvés nez à nez avec la... police antiémeute !

« La situation est sous contrôle, explique le responsable de la LDGL. Tout est verrouillé. »

Les habitants de Kigali sont sans doute fiers du développement de leur ville... mais ils ont peur d'en parler.

 

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a écrit le 24/03/2018 à 0:11 :
Quand on sait ou on connaît, on écrit, quand on ne sait pas ou on ne connaît pas, on se documente, à défaut, on se tait.

Kigali est interdit aux chiens, sans chaussures rwandais et aux enfants de rue qui sont des milliers sur l'ensemble du pays. A quelques mètres de la capitale, des bidonvilles où des milliers de rwandais s'agglutinent comme des pommes de terre dans un sac. L'électricité et l'eau courante sont pour eux des produits de luxes. Moins de 15% des Rwandais ont accès à l'eau courante et à l'énergie. L'Etat des villes de provinces est le Rwanda des années 60. Des buildings flambant neuf de la capitale de Kagamé sont sans locataires ni eau courante ni électricité. Ils sont truffés e milliers de malfaçons. Kigali est le Rwanda des millionnaires du régime qui affichent leur opulence face aux masses des millions de Rwandais frappés de paupérisation. Le Rwanda réel n'est même pas le Rwanda des années 60. Des milliers d'enfants rwandais quittent les écoles et universités parce que leurs parents sont dépourvus de moyens financiers pour payer les études de leurs progénitures. Le chômage frappe massivement plus de 80% de jeunes rwandais diplômés. L'école rwandaise est la plus chère en Afrique. Aucun enfant d'oligarques du régime ne fréquente l'école rwandaise sous Kagamé. Les Rwandais l'appellent école poubelle en raison de sa qualité médiocre. L'économie rwandaise est une économie de rente. Elle est entre les mains des oligarques du régime et de la mafia anglo-saxonne appelée multinationales qui grouillent ici à Kigali. Le FPR est un parti-Etat et société commerciale cotée à la bourse de Kigali. Il est plus riche que le Rwanda réel. Certains ignorants étrangers confondent la croissance des portefeuilles des oligarques et la croissance du Rwanda réel. Le constat est que le réel connaît une décroissance économique depuis plus vingt ans et les portefeuilles des maîtres du Rwanda connaissent une hausse exponentielle de plus de 400%. Leurs magots sont planqués dans les paradis fiscaux. Ils ne payent pas d'impôts. Le Rwanda de Kagamé compte 580 millionnaires. Kagamé vient de réunir les oligarques du régime afin d'examiner les actions accomplies et non accomplies. Kagamé a exposé le constat de l'état macabre du pays. Sur 100 projets prévus et dont les fonds ont été débloqués quant à leurs réalisations, moins de 20 % ont été réalisés. La question qu'il a posées à ses obligés intéressés est la suivante: où sont partis des millions de dollars US décaissés par le caissier principal du régime afin de réalisés les projets prévus et présentés aux bailleurs de fonds? Il fait des constats macabres depuis des années et en a fait lors de sa mise en scène appelée campagne électorale pour son auto-proclamation président à vie du Rwanda. Il n'en a jamais tiré les conséquences. Le maquillage des comptes publics et la fabrication de chiffres sur les grands indicateurs macro-économiques sont des outils de gestion du pays. Le détournement de plusieurs milliards de nos francs est un acte normal de gestion ( voir rapport accablant de la Commission Parlement Rwandais sur l'utilisation de deniers publics sous la direction de la députée Bwiza Connie). Les bailleurs de fonds sont parfaitement au courant de ces détournements massifs de fonds publics et des aides financières internationales. Exemple: Détournement de 100 millions de dollars par Kagamé pour acquérir deux avions en Afrique du Sud, 50 millions la pièce. Ces deux avions sont immatriculés à l'étranger. Lors de chacun de ses voyages, Kagamé les loue au Rwanda sur un prix par l'heure et non pas forfaitaire fixé par lui. Les montants des loyers sont virés sur un compte de Kagamé ouvert à l'étranger. Ses sponsors US et britanniques le savent surtout que celui-ci est pour conseiller principal: Tony Blair, ex-premier ministre britannique.
Il résulte de tous es faits et autres clairement établis que la propreté de la capitale c'est un produit d'exhibition touristique destiné aux étrangers et nullement eu Rwandais. Quand on sait ou on connaît, in écrit ou on réagit. Quand on ne connaît pas ou on ne sait pas on se tait. Le constat est que des milliers d'étrangers régissent émotionnellement et ne se donnent pas la peine de se documenter sur le drame rwandais. Ils retiennent les fabulations comme celle de Monsieur Ancel et autres pour les saintes écritures. Celui-ci ne sait même pas ceux qui dirigeaient le Rwanda de 1992 au 06 avril 2006.

Les faits notoirement établis

Pour que les lecteurs de Radio Notre Dame puissent se faire une opinion objective sur le drame rwandais et la prétendue responsabilité de la France dans celui-ci, il me semble impératif d’exposer sommairement les faits notoirement établis. Les massacres des Tutsi étant de notoriété publique et aucun Rwandais ne les niés nonobstant la négation de l’évidence à savoir les massacres de masse contre des millions de Hutu par les soldats Tutsi du FPR sur ordre de Kagame.

Exposé chronologie des faits
1/ Le 01/10/1990, Les Tutsi ont pris les armes contre le Rwanda alors dirigé majoritairement par les Hutu (plus de 90 de la population) aux seules fins de prendre le pouvoir et l’exercer au sein d’un régime purement Tutsi.
2/ Sous le régime Habyarimana, les numéros deux du régime et du gouvernement à savoir Habimana Bonaventure et Colonel Nsekalije Aloys étaient Tutsi.
3/ Sous Habyarimana, l’économie rwandaise était, à plus de 80%, entre les mains des Tutsi. Ceux-ci étaient devenus des millionnaires grâce au régime Habyarimana par l’accès prioritaire aux marchés publics alors que rares étaient ceux qui remplissait les conditions requises, les avantages fiscaux, accès facile aux crédits garantis par l’Etat et la corruption.
4/ Ce sont ces mêmes Tutsi qui devaient tout au régime Habyarimana qui ont financé significativement la guerre des Tutsi sous le commandement de Kagame contre le même régime et partant les Rwandais.
5/ Des milliers de Tutsi de l’intérieur, du Zaïre, du Burundi et des pays voisins ont quitté les écoles, universités et leur travail pour s’enrôler massivement dans l’armée Tutsi dit FPR contre leur pays et leurs voisins Hutu.
Ce sont donc les Tutsi qui les premiers ont déclenché la guerre et commencé les massacres contre les Hutu et nullement l’inverse. Monsieur Ancel fait croire aux auditeurs et lecteurs le contraire.
6/ Avant le 6 avril 1994, aucun Tutsi de premier rang dont les financiers notoires du FPR n’a été inquiété outre mesure par les Hutu et encore moins par le gouvernement rwandais alors qu’ils avaient légalement commis le crime contre l’Etat Rwandais.
7/ Le 10 juin 1991, entrée en vigueur d’une nouvelle constitution qui prévoyait le multipartisme et conférait tous les pouvoirs exécutifs au premier ministre au détriment du Président qui ne disposait alors que du contreseing des actes du gouvernement (article 50 et suivants).Ce sont les autorités françaises d’alors qui ont fait pression et chantage contre le Président Habyarimana pour qu’il accepte de se dépouiller de tous les outils de décision.
8/ Le 2 juin 1992, signature à Bruxelles d’un pacte d’alliance entre l’opposition rwandaise et le FPR contre le Président Habyarimana et son parti MRND, le tout avec l’appui financier et politique de la France (existence de la copie de ce pacte). Ce pacte a été finalisé à Paris le 5 juin 1992.
9/ Le 2 avril 1992, sous la pression de la France, le Président Habyarimana nomme un premier ministre, Docteur Nsengiyaremye Dismas, issu du parti d’opposition MDR, anti-Habyarimana notoire. En application de la constitution de la Constitution rwandaise, article 50 et suivants car le Rwanda était un Etat de droit écrit, le premier ministre est le véritable chef de l’Exécutif. Il n’a aucun compte à rendre au Président qui ne peut même pas le révoquer. Son gouvernement comprenait les ministres Hutu et Tutsi dont certains pro-FPR notoires.
A compter de cette date, le régime Habyarimana a définitivement cessé d’exister. Monsieur Ancel semble curieusement l’ignorer. Il faut une confusion mentale entre un régime Habyarimana imaginaire et le gouvernement dit intérimaire et fait abstraction du gouvernement d’opposition-FPR.
Lors des négociations avec l’opposition qui dirigeait le Rwanda, Kagame la suppression du Service Centrale de Renseignement Rwandais. Un compromis a été trouvé: émiettement de celui-ci par le Premier Ministre sur demande de Kagame. Il l’a divisé en trois portions.
Service de renseignements intérieurs rattaché à la Primature
Service de renseignements extérieurs, rattaché au Ministère de la défense
Immigration rattaché au Ministère de l’Intérieur.
L’effet de cette division a été le désordre fonctionnel et opérationnel. Le premier ministre a permis à Kagame d’optimiser ses chances de réaliser son objectif ci-dessus évoqué.
C’est le Premier Ministre qui nommait les Préfets. Le critère était non pas les compétences, mais loyauté effective à l’égard de l’opposition et de chaque parti politique d’opposition.
C’est le Premier Ministre qui nommait les directeurs généraux de ses services de renseignements.
« Section II : Du Gouvernement. Article 50 : Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation.
Il dispose de l'administration et de la force armée.
Article 51- 4° sauf dispositions légales ou réglementaires contraires, nomme aux emplois civils et militaires »

En application du pacte d’alliance ci-dessus indiqué et des pouvoirs qui lui sont conférés par la constitution rwandaise, en sa qualité de premier ministre, Nsengiyaremye a nommé Iyamuremye Augustin, un membre notoire du FRP, au poste de directeur général du service renseignement intérieur rwandais. Celui-ci était les oreilles et les yeux non pas du gouvernement rwandais mais du FPR et opérait au sein de celui-ci sous l’autorité directe de Kagame, commandant en chef du FPR à qui il rendait compte.

Après la prise du pouvoir par la force au Rwanda, Kagame l’a récompensé pour les services rendus au FPR: nomination aux postes de Ministre de l’Agriculture, Ministre de l’Information, Ministre des affaires étrangères et député. Les USA et la Belgique lui ont fourni des appareils sophistiqués avec lesquels il a mis à l’écoute des centaines de Rwandais (sa propre déclaration devant un tribunal lors d’un procès contre Général Munyakazi).

10/ Action de la France : financement et parrainage des négociations entre le gouvernement rwandais entre les mains de l’opposition et le FPR

Avec le concours politique et financier de la France, le premier Ministre Nsengiyaremye Dismas a entamé des négociations avec son allié, le FPR afin de mettre fin à la guerre d’une part et mettre en place des institutions démocratiques d’autre part. Le FPR occupait déjà une partie du territoire rwandais. C’est la France qui a financé et parrainé politiquement les négociations entre le gouvernement rwandais dirigé par l’opposition et le FPR. Ces négociations ont abouti au fameux Accord de paix d’Arusha qui a été ensuite qualifié de simple papier ou accord dépourvu de valeur juridique par Kagame, devant des millions de Rwandais.

Mars 1993, le FPR déclenché une guerre généralisée dans le Nord du Rwanda et ses soldats ont procédé au nettoyage ethnique et commis des massacres de masse contre les paysans Hutu dans la partie occupée et conquise. Plus de deux millions de paysans rwandais et des rescapés ont trouvé refuge dans la partie sud où ils s’étaient entassés comme des animaux sans maître avec un taux de mortalité et de malnutrition élevé surtout chez les enfants en bas âge, le tout dans l’indifférence totale de ceux qui prétendaient diriger le Rwanda.

Au vu de la cruauté infligée à ces pauvres paysans, Bernard Kouchner a donné un nom aux bouchers : les KMERS NOIRS (une cassette de ses déclarations existe).

Cet Accord d’Arusha était plus favorable au FPR qu’au gouvernement rwandais d’alors (voir la Toile).
11- Le 7 mars 1993, Nsengiyaremye, au nom du gouvernement rwandais et Kagame via Kanyarengwe, un Hutu de service qui avait été honorifiquement nommé au poste de président du FPR, ont signé un document par lequel le gouvernement rwandais s’engageait à renvoyer les soldats français du Rwanda au plus tard fin décembre 1993. Kagame en avait fait une condition sine qua none pour signer ce fameux accord de paix d’Arusha. Fin décembre, il n’y avait aucun soldat français au Rwanda sauf les coopérants militaires dont les missions s’inscrivaient dans le cadre coopération bilatérale entre deux Etats et étaient moins nombreux que les coopérants militaires belges et autres.

12- Mai 1993, sur ordre de Kagame, ses escadrons de la mort opérant sur l’ensemble du Rwanda ont liquidé Gapyisi Emmanuel, vice-président du parti MDR au pouvoir au Rwanda, février 1994, assassinats de Gatabazi Félicien, secrétaire exécutif du parti PSD d’opposition et de Bucyana Martin, président de la CDR. Par ces trois assassinats, Kagame a décapité l’opposition. A ces assassinats il faut y ajouter les victimes de bombes posées dans les lieux publics sur l’ensemble du Rwanda depuis octobre 1990. Dans son livre Rwanda histoire secrète et devant le TPIR, Abdul Ruzibiza exposé en détail comment et pourquoi Kagame a liquidé ces personnalités de l’opposition, pourtant alliée du FPR et ordonné la commission d’autres crimes sur l’ensemble du Rwanda. Aucun de ceux qui vocifèrent aujourd’hui contre la France dont Ancel n’a contredit Ruzibiza.
13- Le 6 avril, Kagame a assassiné le président Habyarimana. L’assassinat du Président Hutu en fonction qui venait pourtant de signer un accord de paix avec Kagame et ceux des dirigeants des partis d’opposition, tous présidentiables, Kagame a décapité l’Etat Rwandais.
14- Assassinats des citoyens français : omerta de la part de médias et autorités français de droite, de gauche et du centre comme en témoigner vos articles sur le génocide dit des Tutsi.
Le 6 avril 1994, Kagame a assassiné 3 citoyens français :
Jacky Herraud, pilote de l’avion du président rwandais abattu par des missiles tirés par les soldats du FPR sur ordre de Kagame,
Jean-Pierre Minaberry, copilote et
Jean-Michel Perrine, mécanicien.
Ils ont laissés de veuves et orphelins.
Le 8 avril 1994, sur ordre de Kagame, se soldats ont effroyablement massacrés (découpés en morceaux) trois citoyens français en mission de coopération au Rwanda:
Adjudant-chef René Maïer
Adudant-chef Alain Didot
Gilda Didot, épouse Didot.
Le président Macron qualifie le président syrien de criminel et doit en conséquence répondre de ses actes devant un tribunal international.
Pourtant, alors que les assassinats effroyables de 6 citoyens français qui ont laissé les veuves et orphelins, le monde entier a vu Macron serrer la main de Kagame, le boucher des citoyens français, sachant qu’il ne peut prétendre ignorer que celui-ci est le plus grand criminel de l’Afrique Moderne.
Il semblerait que le Président Macron ira en vise officiel au Rwanda de Kagame. Il convient de rappeler que Sarkozy, alors président de la France a invité un assassin des citoyens français avec lequel il a partagé le repas. Sarkozy est venu ici au Rwanda, il a ergoté sur tout et rien et proféré déclarations fantaisistes à l’endroit d’un mort à savoir le feu Habyarimana. Il n’a pas évoqué les victimes françaises. Le constat est qu’il en a été de même pour Macron qui a serré la main de Kagame.
Questions :
Où est la comparaison entre le génocide des Juifs et celui dit des Tutsi, auteurs du déclenchement de la guerre contre les Hutu, de la décapitation du leadership Hutu et de l’Eglise Catholique d’une part et des assassinats des citoyens français d’autre part?
Où sont les preuves des allégations de Monsieur Ancel ?
Dès lors que l’objectif des Tutsi étaient de prendre le pouvoir et l’exercer au sein d’un régime purement Tutsi sous l’autorité de Kagame, pouvaient-ils réaliser cet objectif sans liquider les dirigeants Hutu, un maximum de haut-fonctionnaire et réduire les Hutu à une proportion acceptable par Kagame ?
Il est notoirement établi que ce sont les Tutsi qui commencé la guerre et mes massacres contre les Hutu. Pouvaient-ils les massacrer sans provoquer une réaction de leur part à l’encontre des Tutsi de l’intérieur dont il était a priori impossible de mesurer sa gravité?
Sur le génocide dit des Tutsi
Le bon sens élémentaire requiert que si la planification (article 211-1 du code pénal français) du génocide des Tutsi a existé, elle est impérativement antérieure au 6 avril 1994 et ses auteurs sont conséquemment ceux qui dirigeaient le Rwanda. Il s’ensuit que le patron du service de renseignements intérieurs, Iyamuremye Augustin et partant Kagame, en étaient nécessairement au courant. Il en est de même de même des Préfets membres des partis d’opposition et pro-FPR. Est-il possible de planifier le génocide d’une partie de la population sans que le patron du service de renseignements intérieur ne soit au courant ? La place du directeur général des services secrets rwandais au sein des institutions rwandaise est gommée par les soi-disant experts du Rwanda.

Pourquoi Kagame n’a rien fait pour y mettre définitivement puisqu’il en avait des moyens et des soutiens américain, britannique et autres fin et ne l’a pas évoquée lors deS négociations avec son allié à savoir le gouvernement rwandais d’opposition?
Où est la responsabilité de la France ? Où est la comparaison avec le génocide des Juifs ? Le mot « génocide » est un devenu un mot passe partout, utilisé à tort et à travers au mépris du bon sens élémentaire.
Une mise au point s'impose
Les massacres des Tutsi sont établis. C'est leur qualification juridique de génocide tel qu'il est défini par l'article 211-1 du code pénal français et le droit interne rwandaise qui cause problème. Le génocide est une qualification juridique des faits criminels et nullement ces fait. Monsieur Ancel qui charge l'armée dont il était issu fait confusion entre les faits et leur qualification juridique et conséquemment abrutissent les lecteurs de ses livres. Se documenter est impératif pour démasquer Kagamé. Il faut éviter d'avaler les fabulations de soi-disant experts autoproclamés du Rwanda.
a écrit le 05/06/2017 à 16:52 :
Je suis béninois mais j'adore le Rwanda. Le Rwanda est un modèle pour toute l'Afrique du point de vue réconciliation et progrès. C'est le pays africain que je souhaiterais visiter et ça ne saurait tarder.
a écrit le 31/03/2017 à 20:19 :
J'ai passé dix jours au Rwanda en octobre 2016... J'ai beaucoup voyagé et séjourné en Afrique (RPC Brazzaville, Gabon, RDC Kinshasa, Cameroun, R. Centrafricaine, Mozambique etc...); ainsi qu'en Amérique du Sud...

J'ai traversé le Rwanda du Nord au Sud et de l'Ouest à l'Est...et j'ai été "époustouflé" par la propreté (même dans les campagnes et villages reculés); les infrastructures performantes, le développement permanent, l'ordre, la sécurité, l'absence de corruption...et la beauté des paysages...

Certes ces résultats ne peuvent s'obtenir sans un pouvoir fort (pas dictatorial pour autant), ni sans dirigeants qui oeuvrent pour le bien du pays...et pas pour le leur...

Dans la majorité des pays d'Afrique, hélas, à commencer par les plus riches en ressources propres de toutes sortes, le développement est nul, la corruption est présente à tous les niveaux de pouvoir à commencer sur la rue, la pauvreté gagne de plus en plus les populations hormis les élites et les hommes de pouvoir qui pillent leurs pays par milliards...Et que dire de la propreté...!!!

Le Rwanda peut à juste titre servir d'exemple à l'ensemble de l'Afrique...Certe il s'agit d'un tout petit pays...mais il démontre à suffisance que "c'est" possible!!!

Et tout ceci après les événements dramatiques de 1994...Que de chemin parcouru en 23 ans...sous la main ferme de Paul KAGAME, critiqué par les jaloux et, entre autre par la France qui s'est fait jetée par le nouveau régime après avoir été co-responsable et observateur actif du génocide.

Je souhaite à ce petit pays courageux qu'il puisse encore jouir de nombreuses années de stabilité afin de continuer à attirer les investisseurs..., car il y a encore beaucoup d'opportunités de développement ...

Rien n'est cependant parfait et les menaces sont bien présentes aux frontières (RDC, Burundi...); et même à l'intérieur du pays ...Les génocidaires sont toujours là et travaillent à prendre leur revanche sur le pouvoir en place...

Et que ceux qui critiquent la "sévérité" du pouvoir aillent voir à travers le pays les conséquences positives d'un tel régime au bénéfice des populations...

Je suis conquis par ce que j'ai vu et entendu! Le Rwanda est un exemple à suivre!
a écrit le 10/02/2016 à 18:07 :
Le Rwanda ne se limite pas uniquement à la ville de Kigali. Ayez le courage de sortir un peu dans la campagne où vivent 95% de la population, vous verrez....! Pauvres Rwandais!!!!
a écrit le 22/02/2015 à 8:52 :
on est fier d'evoluer
a écrit le 05/09/2014 à 21:04 :
Sabine s'est fait largue par son fiance Rwandais. Elle part a Kigali a sa recherche, en vain. In Kigali they speak English. Du coup elle arrivait meme pas a communiquer. Elle rentre en France decue et rancuniere. Rwanda does not need French patronising. Essaye de traduire mon Anglais Sabine.
a écrit le 04/09/2014 à 5:32 :
Je suis un voisin, du Burundi et à chacun de mes visites à Kigali c'est toujours le même étonnement! Quelles ville magnifique surtout le soir et la nuit! Comme mes prédécesseurs, je déplore vos interrogations à la fin Mme Sabine. Pourquoi est-ce qu'on s'est pas étonné lorsque les dragons asiatiques se relevaient dans les décennies 70, 80, 90? C'était pourtant grâce à un leadership pareil! Chacun est libre de s'interroger sur ce qu'il veut mais pour ma part je n'ai jamais rencontré un rwandais qui a peur de parler du succès croissant de leur pays!
a écrit le 02/09/2014 à 6:44 :
On ira encore plus loin!
a écrit le 02/09/2014 à 6:44 :
On ira encore plus loin!
a écrit le 26/05/2014 à 0:48 :
le Rwanda avance rapidement. Je suis fier des rwandais
a écrit le 13/02/2014 à 20:42 :
Quelle conclusion !!! Terminer sur une note négative souligne l' amertume de constater qu' un pays africain est bien géré et avance ! Faites un petit effort pour reconnaître les progrès du Rwanda après l' hécatombe de 1994. Malgré tout vous êtes les bienvenues au pays des milles collines.
a écrit le 13/02/2014 à 11:39 :
considerant leur passe, le peuple rwandais se develope rapidement, meme si il ya toujours le chemin a parcourir , ils ont quand meme quelques pas avances comparant a leur voisins, arrivant a kigali, on remarque un cetain ordre dans tous leur activites resultat de la bonne gouvernance.
a écrit le 13/02/2014 à 9:22 :
n'importe quoi.
Réponse de le 13/02/2014 à 11:46 :
on ne peut satisfaire tout le monde, meme si le Rwanda a toutours un long chemin a parcourir, mais considerant les 20 ans passes , il ya une enorme evolution.

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