Chine : le ralentissement inquiète

La production industrielle en Chine a ralenti en juillet, tandis que le volume des prêts bancaires s'effondrait sur fond de refroidissement de l'immobilier.

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De 9,2% en juin, la progression de la production industrielle chinoise est passée à 9% en juillet, mettant un terme à plusieurs mois d'accélérations consécutives.
De 9,2% en juin, la progression de la production industrielle chinoise est passée à 9% en juillet, mettant un terme à plusieurs mois d'accélérations consécutives. (Crédits : Reuters)

Après un récent regain de vigueur de l'économie chinoise, l'inquiétude quant au risque d'un nouvel essoufflement ressurgit mercredi, ravivée par la publication d'une série d'indicateurs négatifs.

  • Avec une croissance de 9% sur un an, la production industrielle en Chine a ralenti en juillet, selon les chiffres du Bureau national des statistiques (BNS), mettant un terme à plusieurs mois d'accélérations consécutives. En juin, la progression enregistrée était de 9,2%.
  • Les investissements en capital fixe, qui reflètent les dépenses dans les infrastructures, ont grossi de 17% sur un an sur les sept premiers mois de l'année, en deçà de la progression enregistrée au premier semestre (+17,3%).
  • Le volume des nouveaux prêts bancaires s'est effondré, passant de 1.080 milliards de yuans accordés en juin à 385,2 milliards de yuans (47 milliards d'euros) prêtés en juillet, a indiqué mercredi la banque centrale chinoise (PBOC). Par rapport à juillet 2013, la chute est de 45%. Une baisse drastique qui, selon les experts de la banque australo-néozélandaise ANZ, cités par l'AFP, "correspond peu ou prou à un resserrement de la liquidité", ce qui pourrait renchérir le coût du crédit et "mettre en péril les objectifs macroéconomiques de la Chine".

La faiblesse du secteur immobilier plombe l'économie

Selon Wang Tao, analyste de la banque UBS cité par l'AFP, cette chute des prêts après un bondissement de leur volume en juin témoigne, plutôt que d'un resserrement des conditions de crédit par la PBOC, de facteurs conjoncturels extérieurs. L'économiste met notamment l'accent sur "une faiblesse de la demande de crédit dans l'économie réelle".

La PBOC elle-même a mis en avant les "pressions négatives sur l'économie" et en particulier "les ajustements" du secteur immobilier, qui connaît un refroidissement marqué après des années de surchauffe.

  • Les ventes immobilières sur les sept premiers mois de l'année ont en effet chuté de 10,5% par rapport à 2013, a précisé le BNS mercredi. Les prix moyens des logements neufs ont reculé sur trois mois consécutifs. Or, construction et immobilier représentent directement et indirectement, plus de 30% du PIB chinois selon certaines estimations. Cette "faiblesse du secteur immobilier devrait continuer de plomber l'économie" sur le reste de l'année, prédisent des économistes de la banque RBS, cités par l'AFP.
  • Les ventes au détail, pour leur part, ont progressé en juillet de 12,2% sur un an, marquant elles aussi un léger ralentissement de la consommation des ménages par rapport à la hausse de 12,4% en juin.

Une nouvelle retombée après une légère remontée

Cette retombée de la dynamique de reprise de la croissance de la deuxième économie mondiale intervient néanmoins après une embellie et une légère remontée (à 7,5%) au deuxième trimestre, invitant le gouvernement à "continuer les mesures de soutien poursuivies ces derniers mois", selon les économistes de la banque RBS cités par l'AFP.

Alors que la croissance économique chinoise était descendue à 7,4% au premier trimestre, au plus bas depuis 18 mois, Pékin avait en effet introduit à partir d'avril des mesures pour stimuler l'activité. Le gouvernement avait notamment adopté des réductions fiscales, des facilités pour doper les investissements dans les infrastructures, et avait procédé à des assouplissements très ciblés de politique monétaire pour encourager les prêts aux petites entreprises et au secteur rural.

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