États-Unis : le déficit commercial atteint 505 milliards de dollars

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Ce déséquilibre, qui ampute la croissance américaine, intervient après une année 2013 où le déficit commercial avait décru de 11,4%, faisant naître l'espoir d'une embellie durable.
Ce déséquilibre, qui ampute la croissance américaine, intervient après une année 2013 où le déficit commercial avait décru de 11,4%, faisant naître l'espoir d'une embellie durable. (Crédits : © STRINGER Brazil / Reuters)
Le déficit américain a progressé de 6% par rapport à 2013. Les importations de voitures ont accéléré.

La chute des cours du pétrole n'aura pas suffi. Le déficit commercial des États-Unis s'est nettement aggravé pendant l'année 2014, s'établissant à 505 milliards de dollars (environ 442 milliards d'euros) en données corrigées des variations saisonnières, soit une hausse de 6,0% par rapport à 2013, selon des données publiées jeudi 5 février par le département du Commerce.

Pour le seul mois de décembre, le déficit a connu une flambée surprise de 17,1%, à 46,6 milliards de dollars, sous l'effet d'importations record de biens de consommation et alors que les analystes tablaient sur une décrue de 2,6%.

Déséquilibre des importations et des exportations

C'est d'ailleurs une tendance que l'on retrouve sur l'ensemble de l'année. La progression du déficit américain tient en effet à une hausse des exportations (+2,9% à 2.345 milliards de dollars, soit environ 2.053 milliards d'euros) moins rapide que celle des importations (+3,4%, à 2.850 milliards de dollars, soit environ 2.495. milliards d'euros), selon les données du ministère.

En 2014, la première puissance économique mondiale a certes bénéficié du boom du gaz et du pétrole de schiste dans le pays et de la chute des cours mondiaux du brut (avec 188,4 milliards de dollars de déficit sur les pétroliers) et d'exportations record de voitures (159,5 milliards de dollars), de biens d'équipements (550,0 milliards de dollars) et même de produits pétroliers (145,7 milliards). De quoi permettre de se rapprocher de l'objectif fixé par le président Barack Obama : doubler les exportations américaines en cinq ans à partir de 2010, où elles s'élevaient à 1.853 milliards de dollars.

Mais parallèlement, les États-Unis ont creusé leur déficit commercial l'année dernière en important des montants sans précédent de voitures (327,8 milliards de dollars), de biens de consommation (558,0 milliards) ou de biens d'équipements (591,4), selon les données du ministère.

Déficit record avec la Chine et l'Union européenne

Autre ombre au tableau, le déficit sur les échanges de biens avec la Chine s'est encore creusé en 2014 pour atteindre le montant record de 342,6 milliards, en dépit des mesures de l'administration pour mettre fin aux pratiques commerciales de Pékin jugées déloyales.

Le déséquilibre s'est également creusé avec l'Union européenne, atteignant le montant sans précédent de 141,1 milliards, à l'heure où les deux blocs négocient un accord de libre-échange.

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a écrit le 05/02/2015 à 17:25 :
Les chiffres économiques américains sont bidons: tapez "food stamps" sur google pour constater que 50 millions d'Américains vivent de bons d'alimentation (4,5 dollar par jour ,ça fait plus de 25% de la population adulte.... On nous aurait menti? Qui sera notre Roosevelt européen? Qui osera dénoncer la martingale des dettes qui sont constituées principalement d'intérêts (88% pour la Grèce, 66% pour la France etc ) Qui osera prendre les vraies mesures contre le délire financier néolibéral:
1) interdiction de tout trafic bancaire avec les paradis fiscau sous peine de retrait des licences bancaires 2) interdiction de tout ce qui n'a rien à voir avec l'économie tout court: les CDS, les VAD, le high frequency trading, les LBO les PPP, etc etc . Le premier pays qui fera cela , assainira ses banques le premier et tous les pays suivront comme tous avaient suivi le New deal de Roosevelt en 1932 et qui est resté en vigueur jusqu'en ... 1998 (Glass steagall act) Les peuples seront sans pitié contre les fraudeurs quand ils verront (très bientôt) les listings des "paradis fiscaux dévoilés au grand jour, ils exigeront du 90 voire du 100% contre ces voleurs de très grand calibre.Rappel : Roosevelt avait poussé les impôts marginaux à ......92% et le capitalisme n'en est pas mort , 92% au delà de .... 100 000 dollars de l'époque....c'est pas la misère....
Réponse de le 05/02/2015 à 17:49 :
un oubli : interdiction immédiate de tout effet de levier financier , (jusqu'à plus de 200 aujourd'hui un délire ) interdiction des swap etc le retour à l'économie réelle (la seule) sera brutal mais sain, attention le rasoir va passer (je parie sur une garantie de 5000 à 10 000 des dépôts et encore .....
Réponse de le 05/02/2015 à 18:18 :
Votre commentaire est tout à fait louable mais le premier pays qui appliquera vos idées sera ruiné par la désertion des investisseurs pour d'autres paradis fiscaux..
Réponse de le 05/02/2015 à 20:26 :
@walter benja : infos correctes, analyse et conclusion correctes ; il faut simplement se demander pourquoi on ne l'a pas encore institué ? Incompétence, laxisme ou corruption selon vous ?
a écrit le 05/02/2015 à 16:47 :
et avec la hausse du dollar, leur balance commerciale va encore en prendre un bon coup...ceci dit, je pense qu'avec leur taux de croissance et leur taux de chômage, ils se consolent facilement! Je ne ferai pas de comparaison avec notre pays, mais ça reflète malgré tout ce que je pense, le déficit commercial n'est pas un indicateur économique vraiment intéressant à fortiori pour des peuples dont la population augmente. Pour les USA et le dollar, la planète entière de toute façon est prêt à compenser avec les flux de capitaux. Espérons qu ils continuent à croitre, c'est très bon pour nous, d'autant que comme certaines études économiques le montrent, avant l'année des élections US, ça dépense ou baisse les impôts à gogo pour gagner des voix.
Réponse de le 05/02/2015 à 17:37 :
@Nico
Le commentaire de Walter Benja ci-dessus est autrement plus réaliste que votre"Espérons qu ils continuent à croitre, c'est très bon pour nous". Voeu pieu, la croissance est morte et la misère se généralise par la faute des néo-libéraux. Le réveil des peuples va être brutal.
Réponse de le 05/02/2015 à 18:55 :
Je peux partager une bonne partie des voeux de Walter mais alors de dire que la croissance est morte quand au moins 2 milliards de personne sont sortis de la pauvreté en moins de 20 ans, je ne partage pas. Que la notre soit atone, c est autre chose et donc tant mieux si les us tirent nos exportations, on en a besoin!
a écrit le 05/02/2015 à 16:28 :
Ce qui compte c'est la balance commerciale. Il faut ajouter les "invisibles" qui concernant les USA sont colossaux...
Réponse de le 05/02/2015 à 16:46 :
Ben justement, elle est pas bonne la balance...
Réponse de le 05/02/2015 à 17:19 :
tu veux dire "la balance des transactions courantes" ?
le déficit de 505 Mds comprend les services, qui sont une partie des "invisibles".

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