André-Claude Lacoste (sûreté nucléaire) : "deux mois et demi pour les "stress tests" européens ne seraient pas admissibles"

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(Crédits : latribune)
Le président de l'Autorité de sûreté nucléaire française s'inquiète des délais très courts qui pourraient être laissés aux Etats pour effectuer les audits des centrales prévus par l'UE, en plus des tests nationaux. Les audits français devraient être lancés très prochainement.

Le calendrier de la Commission prévoit de présenter les résultats des audits européens des centrales nucléaires aux dirigeants de l'UE au début du mois de décembre. Est-ce tenable ?

Le club des chefs d'autorités de sûreté nucléaires en Europe (Wenra) s'est mis au travail dès la fin du mois de mars pour définir les contenus des tests Actuellement soumis à consultation, ces projets d'audits vont ensuite être présentés à la réunion du groupe des régulateurs européens dans le domaine de la sûreté nucléaire (Ensreg) des 12 et 13 mai prochains. Les dirigeants européens ont souhaité que l'Ensreg et la Commission européenne approuvent le contenu des tests. Mais la réunion des régulateurs risque de ne pas aboutir, la Commission ayant décidé de consulter les industriels par ailleurs. Le contenu des stress tests européens pourrait donc être décidé seulement à la fin du mois de mai. Or, la Commission veut rendre compte des résultats des tests au sommet européen du 9 décembre. Dans ce cas, les autorités de sûreté et les exploitants pourraient n'avoir que deux mois et demi pour faire leurs analyses. Cette situation serait inadmissible. Les tests européens doivent être faits dans des conditions où leur sérieux peut être garanti.

Aujourd'hui les pays de l'UE ne sont pas d'accord sur les critères des stress tests européens ?

En France, nous sommes décidés à ce que le contenu de notre audit national soit aussi proche que celui mis en place par Bruxelles. Pour la définition des "stress tests" européens, la difficulté porte sur les affaires de terrorisme et de chutes d'avion. Le commissaire allemand Günther Oettinger souhaite inclure ces deux champs dans les audits. L'Allemagne est clairement favorable à cette idée ; je serais étonné que ce soit le cas du Royaume-Uni. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas l'intention française. Nous ne pouvons pas imaginer du tout avoir la même transparence et l'ouverture qui nous sont demandées sur l'ensemble du processus audit et stress test et sur les affaires d'actes terroristes ou les chutes d'avions.


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Commentaires
a écrit le 05/05/2011 à 21:59 :
L'accident de Fukushima pose beaucoup de questions

+ faut-il que les centrales soient détenues par des opérateurs privés ? sans doute non
+ les organisations internationales ont elles suffisamment de pouvoir ? sans doute non
+ faut il vendre le nucléaire à l'étranger ? sans doute non

France Energies, oser un nouveau parti

http://www.france-energies-2012.fr/xwiki/bin/view/VP_FranceEnergies_Themes/035-Maitriser-le-risque-nucleaire
Réponse de le 09/05/2011 à 21:43 :
où avez-vous vu que les opérateurs privés seraient plus sûrs que les publics ? à Tchernobyl, l'opérateur était public !
Et pourquoi la France, qui est un des pays les plus avancés dans la technologie nucléaire, se priverait-elle de la possibilité de valoriser cet atout dans la compétition internationale ?
Vos idées semblent bien nébuleuses...

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