Think tanks : onze "labos" du pouvoir qui cogitent en Europe

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Vieille tradition anglo-saxonne, ces laboratoires d'idées se multiplient en Europe et singulièrement en France. À quatre mois de l'élection présidentielle, leur influence grandit à gauche comme à droite soulignant ainsi une perte de substance des partis politiques traditionnels. Revue de détails en onze think tanks.

Signe de perte de substance des partis politiques, incapables de développer des idées ? Ou plutôt professionnalisation, à l'américaine, de cercles de réflexion autrefois informels ? Les think tanks, ces « réservoirs d'idées » politiques voient en tout cas leur influence grandir, en France et dans toute l'Europe. Ils ont d'ores et déjà joué un rôle important dans la campagne électorale française de 2012, étant à l'origine des primaires à gauche (Terra Nova), ou de thèmes repris à droite comme à gauche tel l'investissement dans l'éducation, dès le primaire (Institut Montaigne). Même si les think tanks hexagonaux affichent encore de faibles moyens.

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L'Institut Montaigne, le « gros » think tank français

Comme la plupart des think tanks, l'Institut Montaigne jouera un rôle dans la campagne électorale. Mais pas question de produire comme certains « concurrents » des documents ad hoc, suggérant par exemple « 12 idées pour 2012. « C'est en amont que nous avons pesé », souligne le directeur général de Montaigne, Laurent Bigorgne. Et de citer les rapport publiés, ces derniers mois, sur le nécessaire investissement dans l'éducation, dès le primaire - et pas seulement à l'université -, thème effectivement repris aussi bien par François Hollande que par l'UMP. Un investissement que tous les spécialistes de l'éducation préconisaient depuis des années... mais il a fallu la médiation d'un think tank pour que les politiques prennent conscience de cet impératif. Par ailleurs, l'institut a mis en place une cellule de chiffrage des propositions des différents candidats. Montaigne est-il de gauche, de droite ? « Ni l'un ni l'autre », répète à l'envi son directeur. Mais le risque est faible d'une dérive gauchisante, eu égard à la personnalité de son président fondateur, Claude Bébéar.

Comment doper la compétitivité de l'économie française ? C'est l'une des interrogations majeures des recherches de l'institut. « Avec, pour Claude Bébéar, la volonté de trouver les moyens de renforcer la cohésion sociale », souligne Laurent Bigorgne. Montaigne, c'est le gros think tank français, pourrait-on dire. Des rapports publiés et largement diffusés sous forme d'élégantes brochures au format livre de poche, des auteurs rémunérés, des manifestations de prestige en présence de personnalités étrangères renommées. Pourtant, son budget de 3 millions d'euros semble bien faible en regard des équivalents anglo-saxons. Il est alimenté par près de 80 entreprises. Aucune ne pèse plus de 2 % des ressources de l'institut. En outre, Montaigne traite surtout de problématiques générales, souligne Laurent Bigorgne, quand lui est posée la question de l'indépendance. « En quoi un de nos partenaires pourrait-il avoir quelque chose à dire sur nos préconisations en matière d'ISF ? », s'interroge-t-il. I. B.

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Terra Nova : les sociaux-démocrates... d'inspiration américaine

Lancé en 2008 par un haut fonctionnaire proche de Dominique Strauss-Kahn, Olivier Ferrand, Terra Nova est sur tous les fronts. Ce think tank, proche du PS sans y être affilié - sa ligne plutôt sociale-libérale n'y fait pas l'unanimité - multiplie les notes sur la plupart des thèmes politiques et économiques, fustigeant l'action de Nicolas Sarkozy et multipliant les propositions. Le haut fait d'armes de Terra Nova est d'avoir lancé, dès 2009, l'idée de primaires à gauche, défendue ensuite par Arnaud Montebourg. L'association, qui attend encore d'obtenir le statut de fondation, faisait initialement phosphorer des intellectuels. Mais, très vite, les « technos » - les hauts fonctionnaires - ont pris le pas sur les « intellos ».

Près d'un millier de fonctionnaires proches du PS travaillent - bénévolement - pour Terra Nova. Les rapports produits sont donc précis, et pourraient verser dans le technique, mais Olivier Ferrand, qui veille à leur impact médiatique, fait en sorte qu'ils restent accessibles. Et des notes synthétiques sont toujours prévues. Des notes qui heurtent parfois les hiérarques socialistes, comme celle suggérant que le PS ne devait plus chercher à obtenir à tout prix les voix de la classe ouvrière. Olivier Ferrand avait envisagé de publier au printemps 2011 un document faisant office de proposition de programme, à destination du PS. Cela ne s'est pas fait. Pour ne pas gêner ? Terra Nova propose simplement, sur son site Internet, une série de « contributions 2012 » (on en compte 20 pour l'instant). S'agissant de l'organisation et de la méthode, Olivier Ferrand s'est inspiré des grands think tanks américains.

Maix ceux-ci disposent de budgets de plusieurs centaines de millions de dollars, contre... 450.000 euros pour Terra Nova en 2011, fournis par une quinzaine de mécènes - de grandes entreprises comme Air France, Areva... L'association a toutefois la chance d'être hébergée gratuitement sur les Champs-Élysées par un proche de Michel Rocard, Henry Hermand, qui a fait fortune dans l'immobilier. I. B.

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La Fondation pour l'innovation politique : défendre le libéralisme, l'Europe et la règle d'or

La Fondation pour l'innovation politique a une histoire à part. Il s'agissait, à l'origine, d'un organisme, rattaché à l'UMP, à la tête duquel on trouvait un proche de Jacques Chirac, Jérôme Monod. Depuis 2005, les liens ont été rompus. À la différence de Terra Nova ou de l'Institut Montaigne, qui ne reçoivent pas de subventions de l'État, la « Fondapol » est aujourd'hui financée pour les deux tiers sur fonds publics (son budget frôle les 2 millions d'euros). Elle entend, pour autant, afficher son indépendance, avec un prisme en faveur du libéralisme politique et économique (elle se définit comme « libérale, progressiste et européenne »). Sous l'impulsion de son directeur général, Dominique Reynié, l'institution a lancé récemment « 12 idées pour 2012 », avec, comme priorité, l'instauration d'une règle d'or pour les finances publiques. I. B.

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L'Ifrap : le combat contre l'impôt et l'administration tentaculaire

La Fondation Ifrap l'annonce sur son site Internet : elle analyse les politiques publiques et propose des réformes concrètes. Cela correspond de fait à la définition d'un think tank. L'Ifrap aborde ces questions avec un « angle », comme disent les journalistes : celui du « trop d'État, trop d'impôt ». Cela conduit parfois à des approximations, comme celle d'affirmer que les contribuables travaillent plus de la moitié de l'année pour le fisc - comme s'ils ne bénéficiaient d'aucun service public au cours de cette demi-année. Réagissant à l'annonce récente par l'Insee de la récession, l'Ifrap propose un nouveau plan de rigueur, avec notamment des cessions de participations de l'État (Française des Jeux). Oubliant que ces cessions ne réduisent en rien le déficit public au sens du traité de Maastricht. I. B.

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L'Institut de l'entreprise : au nom de... l'entreprise

L'Institut de l'entreprise occupe une place à part dans le monde des think tanks. Ne serait-ce parce que, à la différence de la concurrence, il représente clairement l'un des pans de la société - les entreprises - et ne peut, dans ces conditions, toujours prétendre défendre l'intérêt général. Pour autant, l'objectif est bien d'analyser la situation économico-sociale, et d'en déduire des préconisations de politique économique. Tout en affichant des préoccupations sociales : un rapport publié récemment défend l'idée d'une flexibilité dans le travail, mais d'une flexibilité « responsable ». Présidé aujourd'hui par le PDG de Vinci, Xavier Huillard, l'Institut de l'entreprise a été marqué, auparavant, par la personnalité de Michel Pébereau qui avait mené un combat constant, notamment pour la réforme de l'enseignement de l'économie au lycée. I. B.

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La Fondation Copernic : à gauche de la gauche, des idées pour contester le système

À la gauche de la gauche, avec un positionnement clairement assumé, la Fondation Copernic tente, depuis 1998, de « remettre à l'endroit ce que le libéralisme fait fonctionner à l'envers ». Pas étonnant, dans ces conditions, que les entreprises y regardent à deux fois avant de la financer. Notamment les banques, dont l'un des coprésidents de Copernic, membre d'Attac, Pierre Khalfa (ex-membre du PCF), préconise de reprendre le contrôle. Pour faire fonctionner ce think tank, il est donc surtout fait appel au bénévolat, compte tenu d'un budget très limité de 80.000 euros, qui ne dépend que du nombre d'adhésions. Copernic publie des notes en collaboration avec Attac, les points de vue étant largement convergents. À la différence des Terra Nova, Montaigne et autres Fondapol, Copernic ne prétend pas influer sur les politiques en cours, mais remettre en cause le système... I. B.

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L'IFO : le think tank de l'année, en Allemagne

Le think tank de l'année en Allemagne, c'est l'IFO. L'institut économique munichois est devenu avec la crise de l'euro un des centres de la contestation de la politique du gouvernement fédéral et des dirigeants européens. Son président, Hans-Werner Sinn, n'a cessé de dénoncer l'aide inutile à la Grèce et les projets de « socialisation des dettes » comme les eurobonds ou le rachat des obligations d'État par la BCE (Banque centrale européenne). Les études de l'IFO ont également mis en avant l'idée - par ailleurs contestée - que le système de compensation interbancaire Target de la BCE représentait une forme d'aide massive aux États en difficulté de la part des États « vertueux ». La ligne directrice de l'IFO, c'est l'« ordolibéralisme » des premiers temps de la RFA, qui se fonde sur la discipline budgétaire nationale et la responsabilité individuelle. R. G.

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L'Institute for Fiscal Studies : à la pointe de la réflexion économique, à Londres

C'est l'institut auquel tout le monde se raccroche au Royaume-Uni. Après chaque budget, après chaque annonce gouvernementale, l'Institute for Fiscal Studies rend son jugement, impartial et tranchant. Avec, chaque fois, une question clé : les chiffres annoncés par le gouvernement sont-ils crédibles ? Alors que la rigueur est la grande question politique du moment - la réduction du déficit sera-t-elle atteinte ? -, son poids est plus que jamais important et ses verdicts provoquent des tempêtes politiques. Preuve en a été la nomination de son ancien directeur, Robert Chote, à la tête de l'Office for Budget Responsibility, le bureau « indépendant » de prévisions économiques créé par le gouvernement. En le choisissant, George Osborne, le chancelier de l'Échiquier, a mis à ses côtés un nom indépendant et au-dessus de tout reproche. E. A.

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Lavoce.info : des économistes italiens pour vérifier les faits

Lavoce.info est un « Osni » en Italie et probablement ailleurs : un « objet scientifique non identifié ». Ces économistes italiens de renom, menés par Tito Boeri (professeur à l'université Bocconi de Milan), ont constitué un groupe il y a bientôt dix ans pour « informer et proposer surtout des analyses indépendantes des faits et des informations (...), assumer la fonction de ?watchdog?? [chien de garde] examinant de façon critique la politique économique en se désintéressant de l'usage politique qui peut être fait de ce qu'il écrit ». Dans cette « campagne électorale permanente » qui caractérise l'Italie, Lavoce.info joue en partie le rôle de « fact-checkers », [vérificateurs des faits] en produisant force notes et analyses. Avec le gouvernement des « professeurs » dirigé par Mario Monti, Lavoce.info doit désormais aussi critiquer des collègues passés de l'autre côté... F. P. W.

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Bruegel : des propositions retentissantes pour l'Europe

Né en 2005, Bruegel s'est fait sa place dans le paysage bruxellois en se focalisant sur la place de l'Europe dans l'économie mondialisée. Quelques propositions retentissantes comme celle des "blue bonds", portée en mai 2010 par les économistes Jacques Delpla et Jakob von Weizsäcker, l'ont imposé. Avec vingt-deux chercheurs (dont huit non résidents), l'équipe est réduite et mobile. Les 3 millions d'euros de budget sont couverts aux deux tiers par les dotations de dix-neuf des membres de l'Union européenne, et pour un tiers environ par dix-sept entreprises multinationales. Jean Pisani-Ferry en est le directeur, pour un troisième mandat. F. A.

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Le Centre for European Policy Studies : l'usine à idées qui s'impose à Bruxelles

Créé en 1983, le CEPS couvre tous les domaines : de l'immigration aux relations avec les voisins orientaux de l'Union européenne, en passant par le climat. Mais c'est sur les sujets économiques et financiers qu'il est le plus incontournable, avec des signatures prestigieuses parmi ses chercheurs comme celles de Stefano Micossi et Paul de Grauwe, tous deux spécialistes de l'union monétaire, de Daniel Gros, qui a sorti les premiers papiers sur le Fonds monétaire européen, ou de Karel Lannoo et Rym Ayadi, incontournables sur la régulation financière. De loin la plus grosse usine à idées de Bruxelles avec plus de 35 chercheurs « maison », le CEPS se finance pour près d'un tiers de son budget (8, 6 millions d'euros en 2011) auprès de la Commission européenne via des appels à projets. Le reste vient des cotisations de ses membres et des financements privés de projets de recherche. F. A.

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a écrit le 29/12/2011 à 16:19 :
Bonsoir, merci pour cet article intéressant sur le rôle des Think-tanks en France et en Europe. Ces laboratoires d'idées sont en effet particulièrement appréciés en période pré-électorale. Cependant, il est dommage que vous n'ayez pas évoqué la Fabian Society de Londres, qui est à l'origine de bon nombre d'idées reprises notamment par le New-Labor. Dans tous les cas, je souhaite à toute l'équipe tous mes voeux pour ces Fêtes de fin d'année (en attendant un flash sur la Fabien Society ?). Cordialement, Patrick Estève
a écrit le 29/12/2011 à 5:39 :
A quelques exceptions près dont l'Ifrap, les think tank dont vous parlez sont des courroies de transmission du multiculturalisme et de l'axe transatlantique sous influence US et globaliste.
Ce sont moins des think tanks que des lieux de formalisation destinés à rendre acceptables ces options et accréditer auprès du grand public, et des journalistes semble-t-il, que de telles idées sont le fruit de recherches et d etravaux "scientifiques". Ce n'est pas le cas. Il s'agit d'idéologie et de géoppolitique.
a écrit le 28/12/2011 à 18:44 :
Assez étonnant de voir le traitement ahurissant réservé à l'IFRAP par rapport à ses petits camarades. Une véritable attaque à charge. Il s'agit pourtant de l'un des rares think tank réellement indépendant et novateur parmi toutes ces organisations gentiment sociales-démocrates qui nous resserve les mêmes solutions depuis 30 ans.

Pas étonnant ceci dit de la part d'un canard qui espère pouvoir profiter des bons contribuables pour se renflouer : "Au Sénat, la commission de la Culture a interpellé le gouvernement "sur la nécessité d'apporter des garanties financières" au quotidien économique La Tribune" (AFP).

Ce message ne sera certainement pas publié, mais le message est passé aux principaux intéressés !

Au passage, l'IREF propose également un travail très intéressant.

PS : Je ne suis d'aucune manière affilié à ces deux think tanks dont les responsables sont par ailleurs en froid (c'est un euphémisme).
a écrit le 28/12/2011 à 16:28 :
Comme quoi, au royaume des aveugles les borgnes sont rois! Plusieurs de ces instituts proposent des combines pour financer la protection sociale. Aucun ne procède à un état des lieux préalable qui permettrait de savoir ce que devrait produire cette protection sociale actuellement si inefficace, si coûteuse et si ruineuse. Si inefficace puisqu'elle ne protège pas ceux qui en ont le plus besoin, si coûteuse parce qu'elle dépense à elle seule 30% du pib, plus de la moitié des dépenses de la nation, si ruineuse par son financement, assuré principalement par l'emploi, qui détruit les entreprises et l'emploi, augmentant ainsi la dépense nécessaire pour produire un semblant de protection. On voit donc que ces organismes qui se considèrent capables de conseiller les borgnes qui prétendent nous gouverner ne permettront pas aux électeurs appelés à se prononcer ne nous permettront pas de choisir en connaissance de cause et que nous continueront à voter n'importe comment pour obtenir n'importe quoi!
a écrit le 28/12/2011 à 11:08 :
Tous ces "cercles de pensée"ne font que la promotion de leurs propres idées (ou des interets qu'ils défendent) mais ils le font en avançant la plupart du temps sous un "faux nez" qui leur donne une allure altruiste et désinteressée.
Ce ne sont que des "lobbies" qui essayent de faire reprendre leurs idées par des politiques qui en sont, eux, totalement dépourvus.
Réponse de le 28/12/2011 à 15:54 :
+1
a écrit le 28/12/2011 à 9:17 :
Cet article oublie deux think tanks importants à "gauche" :
la fondation Jean Jaurès - la boite à idée historique du PS et la fondation RES PUBLICA
a écrit le 28/12/2011 à 5:52 :
Encore un de ces affreux JOJO qui ne savent pas de quoi ils parlent. Toute société moderne gagne toujours à promouvoir l'existence d'une société civile, même si les composantes de cette société civile auraient tendance à faire preuve d'une partialité litigieuse. En effet, lorsqu'une composante de la société civile se forme ou se transforme selon une certaine tendance, généralement, une composante se crée pour contrebalancer de son mieux ladite tendance. Technocrate ou pas, le peuple ni ne conçoit, ni ne fabrique les technologies que nous utilisons (exemple concret : l'ordinateur qui permet d'écrire des posts sur la tribune), mais, des personnes initiées à la Science dont les technocrates font partie pour beaucoup. Il convient de souligner qu'une société moderne soucieuse d'assurer sa pérennité est contrainte de faire confiance en ces technocrates injustement décriés (les scientifiques, ici) en intégrant des personnes spécialisées en matière éthique (souvent des philosophes). Il ne s'agit point de se substituer à la pensée démocratique, mais, d'orienter cette pensée démocratique de sorte qu'elle prenne ses responsabilités en connaissance de cause par son libre-arbitre. Cela suppose que la société soit bien éduquée, formée et informée. Mais, quand je vois le niveau des franchouillards (précisons qui sont-ils : les personnes, pas forcément de souche, se prenant à tort pour de vrais et bons français et qui croient que tout leur est plus ou moins dû et qui par leur comportement donnent l'impression de ne jamais être sortis de leur village gaulois) en français (la capacité à communiquer) et en mathématiques (la capacité de raisonner logiquement), les Think tank me paraissent indispensables surtout face à la montée des extrémismes. Qu'on ne blâme point l'immigré qui ne peut (ni ne veut d'ailleurs, pour mon cas) décider, par un hypothétique vote, pour l'avenir d'un pays comme la France.
Ce n'est pas que je m'ennuie, mais, je me rappelle que j'ai quelques véhicules des dépositaires de l'autorité publique à incendier (je dois tester mes connaissances en physique des particules appliquée à la répartition calorifique) et quelques vieilles dames à soulager de leur très lourd porte-monnaie (j'ai le droit d'avoir pitié d'elles, non ?) avant d'aller passer ma thèse de doctorat en nanotechnologie à Polytechnique, histoire de me mettre en forme... Il faudrait aussi que je fasse plus de fautes d'orthographe pour être bien intégré dans cette vraie société française tout comme il faudrait aussi que je pense à baisser mon niveau en mathématiques (on m'a toujours dit qu'il est indispensable de prouver qu'on est bien intégré, donc, j'essaie avec mes moyens limités)... Là, c'est vraiment trop me demander : comment puis-je racketter les honnêtes gens si je ne sais pas parler et compter ? C'est vrai quoi ! C'est mal barré pour l'intégration, alors ! Have a nice day, good guys!
Réponse de le 28/12/2011 à 7:08 :
bravo +1
Réponse de le 28/12/2011 à 10:43 :
non pas d'accord:trop de back office dans les pays occidentaux.pas assez de gens sur le terrain.trop de sondeurs de sociologues de consultants et de coachs.t'as jamais eu besoin de dix savants pour conseiller a un maneuvre comment tenir sa pelle.l'education réelle se situe ailleurs,chez les gens courageux
Réponse de le 28/12/2011 à 16:25 :
@L'immigré: Excellente analyse du problème, cher ami. Vous faites taire les tenants de l'intolérance en raillant les stéréotypes habituels de l'immigration par votre humour caustique. Continuez !
@yak: Mais, faites-vous vraiment exprès d'être un imbécile ou êtes-vous entrain d'insulter les lecteurs réfléchis ?
Croyez-vous sincèrement qu'un homme sans qualification, comme un manoeuvre, aussi courageux soit-il, pourrait prendre ma place de cadre supérieur dans le domaine des nouvelles technologies ? Si je devais avoir l'audace de sortir une telle sottise à mon patron bien Français, il dirait, sans hésiter, de manière vulgaire, que j'ai pété un câble...
Que votre manoeuvre entende manipuler avec dextérité sa pelle est concevable, certes, mais, toutefois, je doute fort qu'il soit en mesure, malgré tout le courage dont il saurait faire preuve, de réfléchir à la conception et à la mise au point de machines complexes sans l'aide d'une armée de savants (« savant » est un mot qui désigne celui qui sait dans ce contexte).
Vous êtes donc ridicule lorsque vous affirmiez que l'éducation réelle serait essentiellement empreinte de courage.
"L'immigré" est très clair : il n'interdit pas de penser, bien au contraire, la société civile est un outil d'aide à la prise de décision rationnelle et un outil de collecte et d'analyse d'informations, outils dont la partialité est assez visible, certes. Que le citoyen avisé fasse l'effort d'analyser la pertinence des informations distillées par ces Think tanks. Je crains que cela ne suppose qu'on soit allé un peu à l'école...
Alors, revenez un peu sur Terre et prenez des vacances s'il le faut, cela nous fera des vacances !
Je comprends mieux pourquoi cette France ne marche pas...
Définissez plutôt les termes et expressions que vous employâtes (éducation réelle, savant, courageux) dans leur contexte.
Réponse de le 28/12/2011 à 19:16 :
@autre immigré.certes les travailleurs manuels sont un petit peu simplets et leurs patrons intelligents car ils ont fait de études.mais je maintiens ce que j'ai dit.trop de back office,de gens qui passent leur temps en réunion stériles et surtout trop de dirigeants paralysent l'action.et en plus ils coutent cher et sont improductifs
Réponse de le 29/12/2011 à 14:16 :
@L'immigré, @Autre immigré: Quel dommage que vous ne soyez pas Français. La France aurait bien besoin de vos opinions pour avancer. Nous, les Français (les non franchouillards, donc) reconnaissons que l'immigration peut apporter en termes d'idées nouvelles et, à ce titre, l'immigration est susceptible d'enrichir notre base de connaissances face aux défis futurs que nous aurons à affronter. Vos analyses de l'importance des Think tanks, englobés dans le terme générique de « société civile », dans l'aide à la compréhension du monde, fussent-ils plutôt subjectifs dans leurs propos, sont très pertinentes : les sociétés civiles sont des instruments de mesure (très imparfaites et très subjectives, certes) importantes dans l'évaluation des tendances.
@yak: L'intelligence a peu de liens avec la qualification et les études. Il existe aussi des personnes sans qualification nettement plus intelligentes que leur patron, tout comme il existe, hélas, des patrons totalement incompétents qui méritent largement d'être renvoyés de l'entreprise (ils paralysent l'action comme vous dites), de même qu'il existe des patrons qui n'ont jamais étudié (je sous-entendais intégrer une université, par exemple).
Il me semble avoir compris que les deux immigrés qui vous invectivaient :
1) voulaient vous faire comprendre que ces organisations doivent être considérées comme étant des instruments vous permettant de prendre une décision responsable et rationnelle ;
2) considéraient ces sociétés civiles plus comme des atouts dans la prise de décision que d'un obstacle ;
3) estimaient que la décision finale appartenait à l'observateur (c'est-à-dire, vous) en connaissance de cause : il lui appartient de vérifier les affirmations des sociétés civiles en consultant les différents média à sa disposition ;
4) reconnaissaient, pour finir, implicitement, du moins, la méfiance qu'il faut accorder à l'objectivité des informations divulguées par ces sociétés civiles : leurs informations sont juste données à titre indicatif, donc, sans valeur profonde.
Mais, en aucun cas, il ne faut pas s'interdire de recevoir leur opinion en particulier leur méthodologie d'approche des problèmes, laquelle méthodologie serait plus porteuse d'enseignement que l'information elle-même dans le cas des Think tanks.
Si dans votre entreprise, les réunions vous paraissent inutiles proposez une alternative pour améliorer l'efficacité de l'entreprise. En d'autres termes, ce que vous maintenez comme étant la vérité s'applique plus au cas de votre entreprise qu'à la réalité du terrain : avant de construire une machine complexe, il est indispensable d'avoir une connaissance théorique de la chose (les plans c'est fait pour quoi croyez-vous ?) qui implique des réunions. La pratique (la fabrication de la chose) ne vient qu'après.
Réponse de le 28/07/2014 à 15:47 :
Bonjour,
La société civile s'exprime depuis longtemps à travers les associations loi 1901 qui possèdent elle-mêmes des cellules de réflexion pour passer concrètement à l'action. D'ailleurs, la forme juridique des think tanks français est de type association loi 1901 ou parfois fondation. La position du think tank se tient dans une frontière ténue entre lobby et influence. L'important est de savoir qui sont les personnes qui commandent et nourrissent ces laboratoires d'idées...
a écrit le 28/12/2011 à 5:49 :
les résultats des "recherches" de ces think tank sont consternants:la crise touche plus les faibles revenus,il faut plus de croissance,le chomage est un cancer,et il faut plus de flexibilité.ça va?pas trop fatigués les think tank?
Réponse de le 29/12/2011 à 14:15 :
+10
a écrit le 27/12/2011 à 17:44 :
Tous ces think tank français deviennent rapidement des sectes qui se cristalisent autour de quelques idées (à droite, à gauche ou ailleurs) et dont le but est d'essayer de récupérer un plus grand nombre de "fidèles" proselytes...En général, ils sont gérés de façon très stricte et ne peut y entrer que ceux qui sous passés par le filtre des petits copains, des beaux diplomes ou de quelques faits d'armes médiatiques ou universitaires, parfois même industriel. Aucun d'entre eux ne s'inquiète vraiment de ce que pensent les gens normaux, parce qu'il théorisent et s'écartent rapidement de la réalité pour essayer de démontrer leurs idées...Toujours cette approche technocratique de haut en bas.. si française.
Mais à propos, Internet n'est il pas lui même un think tank et un agitateur naturel en lui même... plutôt concret et efficace? Les pays du Magreb ont pu le constater et c'est peut-etre la raison pour laquelle nos chèrs gouvernants si judicieusement insprirés, font ici Hadopi xxx ou le SOPA aux US, qui en fait sont des lois qui leur permettent de recadrer les gens normaux (pardon de s'assurer qu'Internet est un endroit sûr...)
a écrit le 27/12/2011 à 17:02 :
Et LEAP ? Passé dans une trappe ?
a écrit le 27/12/2011 à 16:39 :
les politiques dans leur grande majorité sont très diserts quand ils sont en campagne électorale, afin de pouvoir aller à la soupe, mais une fois élus, ils manquent alors singulièrement d'idée pour améliorer le quotidien du français (pas le leur bien sûr, ils ont fait le nécessaire pour ça). Ces laboratoires d'idées que sont les" think tank" sont là pour alimenter leur réflexion, mais apparemment sans beaucoup de succès, car de toute évidence, la modèle social français est en grand péril.
a écrit le 27/12/2011 à 15:55 :
Il ne faut pas se raconter des tarabistouilles , parti comme on le voit le modèle social va exploser et le reste du monde s'en fiche . Dans ce pays on ne produit plus de valeur ajoutée , on croule sous le nombre de la fonction publique , chaque année
200 000 miséreux non qualifiés viennent chercher fortune à pôle emploi ... continuons !
Réponse de le 28/12/2011 à 5:39 :
le nombre de la fonction publique !
le nombre de fonctionnaires est directement proportionnel au nombre d'élus !
commencons par réduire le nombre d'élus.
est ce que les thinks tanks préconisent une réduction du nombre de députés de sénateurs, de niveaux administratifs ?
de réduire les salaires et avantages de ces élus pour qui la soupe est vraiment très bonne ?
a écrit le 27/12/2011 à 15:02 :
l'institut de montaigne,stipendié par l'umps pour faire barrage au fn,c'est tout...si si ils travaillent dur ces universitaires marxistes sans le savoir sans dout!
a écrit le 27/12/2011 à 12:22 :
Mais ,toutes les idées des internautes sont-elles débiles qu'aucun de nos élus ne cherche à en faire admettre une ou deux ? Les gens simples ont souvent de bonnes idées simples elles aussi ,mais efficaces !Dans nos anciennes études nous apprenions la simplifications des taches afin de trouver les solutions les mieux adéquates ;n'est ce donc plus enseigné ?faut-il sortir d'HEC ,de l'ENA ou Science "pot" pour avoir les solutions ?
Réponse de le 27/12/2011 à 14:41 :
Hélas, je crains que les idées de ces têtes bien "pleines", (je n'ai pas dit bien "faites"), n'enlise un peu plus la France dans son inexorable descente vers une paupérisation profonde!.
A moins qu'en 2012, la sagesse et le bon sens des électeurs balayent d'un revers de main tout ces directeurs de pensées ubuesques!.
a écrit le 27/12/2011 à 11:14 :
terranova constitué essentiellement de fonctionnaires qui conseille le ps d'abandonner la classe ouvrière!ces labos de la pensée unique mondialiste sont subventionnés par l'Etablishment...
Réponse de le 27/12/2011 à 15:26 :
Il y a longtemps que le PS a abandonné la classe ouvière et terra nova prachève le tout avec un cynisme absolu,quand on voit les politiques arpenter les usines.
a écrit le 27/12/2011 à 10:47 :
Avec BABAR à la tête de l'institut Montaigne qui conseille l'inénarrable Chatel !!!
a écrit le 27/12/2011 à 9:35 :
A pleurer!
De rage, ou de désespoir; c'est selon!
Faudra-t-il des massacres de parlementaires, de ministres, de banquiers et de "haut fonctionnaires"; pour que tous ces braves gens saisissent l'urgence? L'intolérable bêtise de leur nombrilisme?
Réponse de le 27/12/2011 à 11:27 :
+1
a écrit le 27/12/2011 à 9:22 :
Bonjour,
vous oubliez également de nombreux mouvements comme le mouvement colibri lancé par Pierre RABHI, qui compte déja des milliers de membres et qui s'autofinance.
a écrit le 27/12/2011 à 9:19 :
vous êtes en France, vous informez les Français : vous pourriez parler français et arrêter de nous abreuver de ces anglicismes ?
a écrit le 27/12/2011 à 8:57 :
Il manque Idées Nation, le Think Tank de Marine ...
Réponse de le 27/12/2011 à 9:36 :
Oui!
a écrit le 27/12/2011 à 8:34 :
Sur les think tanks français il y a une belle ommission dans vos observations, il faudrait changer le titre, ce sont des think tanks parisiens. Il est vrai qu'on voit difficilement des provinciaux se mettre à penser.
a écrit le 27/12/2011 à 8:28 :
Juste pour vous informer que les "think tanks" sont aussi à l'ordre du jour, pour les mêmes raisons que celles évoquées, à l'extérieur du Périphérique Parisien...En Bretagne, par exemple, avec Bretagne Prospective et l'Institut de Locarn..et se financent par leurs propres moyens..
Ils ont "aussi" des idées..Merci d'en tenir compte,cordialement..
a écrit le 27/12/2011 à 7:28 :
Le think tank libéral, le seul dont les ressources proviennent aux 2/3 de l'Etat... ça résume bien les libéraux tiens.
Réponse de le 27/12/2011 à 12:07 :
et les fonctionnaires benevoles de TerraNova, ils sont payes par qui pendant ce temps ?
Mais bon, un think tank finance par des entrprises, je me mefie...
(desole pour le manque d'accents).

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