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Grèce : le spectre du défaut de paiement écarté?

latribune.fr avec AFP

Publié le 08 mars 2012 à 17:29

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Selon une source gouvernementale, l'opération d'échange des obligations souveraines grecques aurait déjà passée le cap nécessaire pour éviter l'annulation de l'échange et donc le défaut à court terme. Reste encore à savoir si l'adhésion sera suffisante pour atteindre les 90%.

La Grèce semble en passe de remporter son pari. A 21h45, selon une source gouvernementale citée par l'AFP, la participation au programme d'échanges des obligations grecques dépasserait les 85% sur les titres de droit grec. "Si la Grèce active les clauses d'actions collectives" lui permettant de contraindre la minorité de créanciers rétifs possédant des titres grecs à suivre le mouvement, "la participation sera autour de 90%" au final, a ajouté cette source. Un peu plus tôt, l'AFP indiquait déjà que le taux d'acceptation de 75% des créanciers privés pour cette opération d'échange devant permettre d'effacer une ardoise de 100 milliards d'euros dépassait les 75%" depuis au moins mercredi soir". Le PSI prenait fin officiellement à 21 heures (heure de Paris).

Risque de défaut de paiement le 20 mars

La Grèce avait prévenu qu'elle renoncerait à l'opération si le taux de réponse des créanciers (banquiers, assureurs ou gestionnaires de fonds) ne représentait pas au moins 75% de la dette, ce qui aurait de facto exposé le pays à un défaut de paiement incontrôlé le 20 mars face à son impossibilité de rembourser 14,4 milliards d'euros d'obligations arrivant à échéance à cette date.

Le directeur de l'Institut de la Finance Internationale (IIF) Charles Dallara, qui a mené les négociations du côté des banques face au gouvernement grec pour fixer les modalités de l'échange, avait indiqué plus tôt dans l'après-midi depuis Rio de Janeiro qu'il était "optimiste" sur le fait de parvenir à un accord "dans les prochaines heures". A Belgrade, le Premier ministre italien Mario Monti a aussi fait part de son optimisme dans l'après-midi sur la plus grosse opération d'effacement de dette d'un pays jamais réalisée de façon volontaire par les banques dans l'histoire financière.

En cas de réussite confirmée, l'échange concret des titres est prévu lundi pour les obligations de droit grec (86% du total) et le 11 avril pour les titres de droit étranger, selon le calendrier officiel.

Parmi les banques ayant déjà donné leur accord figurent les principaux établissements grecs et internationaux (Deutsche Bank, HSBC, BNP Paribas, Société Générale, Dexia, Banque Nationale de Grèce, Alpha bank, Eurobank). Une adhésion dans laquelle le co-négociateur en chef de l'opération, le Français Jean Lemierre, perçoit un signal fort: "c'est très important actuellement de voir que beaucoup d'institutions qui ont des montants importants (de dette grecque) vont à l'échange" a-t-il déclaré.

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A part les grandes institutions, le reste de la dette grecque est dispersé entre des centaines de fonds d'investissement, hedge funds ou petites banques dont certains auront attendu la dernière minute pour se manifester.

Reste encore une inconnue : le recours à la clause d'action collective

Le scénario catastrophe, celui d'une adhésion inférieure à 75%, qui aurait annulé l'échange et précipité la Grèce vers un défaut de paiement brutal le 20 mars, semble donc écarté. Il resterait donc deux possibilités : celle de l'adhésion à 90% ou plus des créanciers, qui permettrait de procéder à l'opération en douceur, ou celle d'un taux compris entre 75% et 90% qui pourrait donner un tour contraint à la restructuration.

Pour l'heure, il est difficile de savoir si cette adhésion portant sur 85% des titres grecs doit être considérée comme un résultat définitif, elle n'a pas encore été confirmée officielllement. A 21h45, le suspens sur l'activation de la clause restait donc entier. Une éventuelle décision d'activation des Cac devant être examinée en commun par Athènes et ses partenaires de la zone euro au cours d'une téléconférence prévue pour vendredi à 13h00 (heure de Paris).

Le mois dernier, le gouvernement grec a introduit dans la législation grecque, de manière rétroactive, des clauses d'action collective (CAC) dans les contrats régissant les obligations éligibles à l'échange. De fait, activer cette clause rend obligataire un échange négocié sur la base du volontariat. Ce qui ne manquera pas de soulever quelques récriminations parmi les porteurs de dette grecque. L'ISDA, l'association internationale des swaps et dérivés, sera très probablement interrogée sur ce point : l'activation de la clause, de manière rétroactive, constitue-t-elle un événement de crédit ? Et si la réponse est oui, le paiement des credit default swaps (CDS), ces contrats de couverture contre le risque d'un défaut, sera alors déclenché. L'exposition nette des participants de marché à ces contrats est de 3,2 milliards de dollars.

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La réaction du marché à cette éventualité est une inconnue. Sur le marché obligataire, les taux se sont très nettement détendus ces deux derniers mois - à l'exception toutefois du Portugal dont les taux sont encore à des niveaux élevés malgré le mouvement -, témoignant d'une sérénité retrouvée, jusqu'alors, quant aux craintes d'un effet contagion.

latribune.fr avec AFP

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