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ÉconomieUnion européenne

"Il sera vital de voter utile pour avoir un gouvernement en Grèce en juin"

Propos recueillis par Angélique Kourounis et Thomas Iacobi, à Athènes

Publié le 09 mai 2012 à 15:35 - Mis à jour le 09 mai 2012 à 15:38

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Le sociologue Thanos Dokos, directeur général du think thank grec Eliamep, indique quelles sont les pistes de sortie de la crise politique après les élections législatives de dimanche, qui vient s'ajouter à la crise économique de la Grèce.

Comment peut évoluer la situation politique en Grèce ?
Le vote de dimanche a débouché sur une impasse totale. Les conditions pour former un gouvernement viable n'exitent pas. Les différences entres les positions des partis sont beaucoup trop importantes pour ce qui est du mémorandum d'austerité et de la politique à suivre. La semaine prochaine, le seul choix résidera dans l'annonce de la tenue de nouvelles élections pour le mois de juin. Celles-ci seront encore plus cruciales que celles de dimanche car les délais dont la Grèce disposait auront été épuisés. Nous avons déjà perdu un temps précieux pour prendre les décisions avec nos créanciers privés. En juin, ce sera notre ultime chance pour éviter que le pays sombre. Les Grecs devront donc exprimer clairement quel type de gouvernement ils veulent et quel avenir ils souhaitent. Et surtout, s'ils sont prêts à faire les efforts qui leur seront demandés, à tort ou à raison, pour y arriver.


C'était déjà la question posée aux dernières élections ?
Oui, mais celles-ci ont essentiellement servi à pousser un "coup de gueule". La sociéte en ressentait le besoin. Les électeurs ont voulu punir certains partis du pouvoir, ils ont protesté contre certaisn choix qui avaient été faits. C'est pourquoi une bonne partie des votes s'est portée sur des partis contestataires ou des partis extrémistes. Mais pour les prochaines élections, les enjeux seront  différents. Et même si cela reste pour le moment une hypothèse, je pense que l'on pourrait assister à une nouvelle répartition des forces, qui devrait être encore plus surprenante.

Pourquoi ?
Certains partis qui ont réalisé un bon score ont par leurs déclarations et leurs agissements donné une image d'eux qui ne satisfait pas un grand nombre de leurs électeurs. En fait, ces partis n'ont pas été à la hauteur de la situation. Aussi, ces électeurs déçus pourraient se tourner vers les petits partis centristes, libéraux, sociaux-démocrates qui n'ont pas réussi à franchir la barre des 3% pour entrer à la Vouli (nom du parlement grec. NDLR). Ils ont déjà entamé des négociations pour s'unir en vue des nouvelles élections, et l'on voit déjà se former hors du parlement des coopérations et coalitions entre eux. Nombre d'électeurs auront compris que la contestation est légitime mais qu'un gouvernement opérationnel et viable le plus tôt possible est nécessaire pour le pays. Et même si les choix finaux ne nous satisfont pas pleinement, il sera vital de voter utile pour avoir un gouvernement en juin.

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La Grèce sera gouvernable en juin?
Il me semble peu probable qu'une majorité se dégage, les élections de dimanche ayant déjà montré que cela n'avait pas été possible. Je crains que nous n'ayons pas un gouvernement suffisament fort et opérationnel qui puisse appliquer les mesures d'austérité prévues dans le mémorendum (l'accord conclu avec Bruxelles et le FMI en échange de l'aide. NDLR). C'est tout l'enjeu : réunir réellement les conditions minimales pour le remboursement de la dette. Je dis des conditions minimales, parce que nous recevons des signaux de la part de l'Europe indiquant qu'il y a une marge de négociation par exemple sur les délais par exemple ou sur d'autres points de détails à condition de respecter la philosophie de base. En fait, ma plus grande inquiétude est qu'il ne se dégage pas lors des prochaines élections une décision claire et précise donnant un mandat, et qu'on entre à nouveau dans une période ingouvernable où personne ne prend de décisions et où le pays se verrait non par choix mais par nécessité lié à un état de faillite poussé hors de la zone euro, avec toutes les conséquences que cela entraînerait.

Propos recueillis par Angélique Kourounis et Thomas Iacobi, à Athènes

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