« Le gouvernement grec devra soumettre le nouveau mémorandum à référendum »

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Takis Michas /Copyright Elisa Perrigueur
Takis Michas /Copyright Elisa Perrigueur
Takis Michas, journaliste et écrivain spécialiste de la politique et de l'économie de la Grèce. Il analyse les perspectives qui s'offrent au prochain gouvernement dirigé par le leader de la Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras.

Comment expliquer la victoire de Nouvelle Démocratie, parti pourtant accusé avec le Pasok, d'être responsable de la crise actuelle?
Les Grecs étaient surtout effrayés à l'idée de quitter l'eurozone. Je ne suis pas surpris du score de Nouvelle Démocratie. Elle a réussi à convaincre que si Syriza (gauche radicale, dirigée par Alexis Tsipras) arrivait en tête, il aurait fallu quitter l'euro. Désormais, Antonis Samaras, le leader de Nouvelle Démocratie, essaiera d'obtenir de meilleures mesures pour le mémorandum. Cela ne dépendra pas de lui, mais d'Angela Merkel et des autres leaders politiques européens.

Comment expliquer le score important réalisé par le Syriza d'Alexis Tsipras (26,89%) ?
Le plus intéressant dans cette élection, c'est de voir qu'une grande partie des électeurs du Pasok, notamment les personnes issues du secteur public, est partie chez Syriza. Ce qui signifie que cette coalition de gauche devient le premier parti révolutionnaire d'Europe qui a la particularité d'avoir pour soutien principal la fonction publique. D'ordinaire, les partis représentent les travailleurs, mais pas dans ce cas précis. Syriza est le porte-parole des gens qui ont peur des privatisations, peur de perdre leurs emplois, peur du changement.

Que penser du soutien de Dimar (gauche démocratique) à un gouvernement dirigé par Antonis Samaras?
Il est plus modéré que Syriza, mais je ne sais pas quelle sera sa place. Et je ne sais pas s'il va participer au gouvernement. Dimar est prêt à renégocier le mémorandum, il accepte le fait que nous devons payer et imposer des réformes. Le parti s'entend sur ces points avec le Pasok et la ND.

Qu'attendent les Grecs du prochain sommet européen du 28 juin à Bruxelles ?
Il leur donnera une première idée du changement de politique de l'Europe. Mais dorénavant, à chaque changement, le Syriza sera en mesure de clamer que les marchés financiers et les Européens sont revenus sur leur position grâce à lui. Pareillement, il pourra dire que les concessions ne sont pas suffisantes, que si Syriza avait été au pouvoir, il aurait obtenu davantage. Demain sera différent d'hier car nous aurons un nouveau plan, sûrement un « mémorandum 3. » Il va falloir changer de méthode au niveau européen et demander que chaque accord sur la Grèce soit signé par Syriza en plus des trois premiers partis.

Comment imposer à nouveau au peuple grec des mesures d'austérité?
Le gouvernement va devoir aussi revoir sa méthode. Lorsqu'il aura fixé les termes d'un mémorandum avec la troïka et les marchés financiers, il devra le soumettre à un référendum immédiatement. A partir du moment où la population décidera de l'accepter, l'État pourra aller de l'avant et imposer les réformes dont la Grèce a besoin. Sinon, il y aura toujours des gens pour s'y opposer, encore et encore. Sans ahésion de la population : pas de réformes. Les trois premières mesures vitales qui doivent être relancées sont les privatisations, la réduction du nombre de fonctionnaires et rendre notre système éducatif plus compétitif.

De nombreux Grecs espèrent une politique européenne moins austère et comptent pour cela sur le chef de l'État français...
Les Grecs nourissent l'espoir que François Hollande fera pression sur Angela Merkel pour que la situation de leur pays s'améliore sans procéder à des changements difficiles. Mais ce qu'ils ne réalisent pas, c'est qu'ils sont obligés de faire des réformes aujourd'hui. Les Grecs sont habitués à un certain mode de vie : dirigés par des groupes d'intérêts composés de salariés de la fonction publique, qui ont des salaires assurés, ne travaillent pas dur, prennent du bon temps...Et ils veulent que cela continue. Mais ce n'est plus possible car la Grèce n'est pas compétitive! François Hollande ne pourra pas trouver une solution à cela, il ne pourra pas donner de l'argent indéfiniment.

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Commentaires
a écrit le 21/06/2012 à 18:28 :
Il y a des journalistes et écrivains grecs qui ont une bonne acuité sur la situation du pays; malheureusement ils n'ont aucun pouvoir et, les vingt cinq ans de retard sur tout ce que l'on sait déjà ne sont pas près d'être comblés!!!
Et puis, quand on voit le 1°ministre signer devant le Pope, ah lala, ça continue comme au temps des Ottomans.
a écrit le 21/06/2012 à 15:04 :
Un monde s'écroule devant nous et toujours les mêmes articles. Que nous apprend ce milliardième articles sur la Grèce l'Espagne et les autres pays de l' UE? Pourtant les sujets ne manquent pas avec cette crise horrible qui arrive et qui est déjà là pour certains. Il va falloir ouvrir davantage de soupe populaire le travaille des enfants va recommencer les maladies comme la tuberculose vont se refaire une santé sur la misère.
a écrit le 21/06/2012 à 14:50 :
Les grecs n ont rien a attendre de Hollande !
Il deja renoncé au obligations, il renoncera au reste ! C est l allemagne qui a les cartes en main !
a écrit le 21/06/2012 à 14:48 :
Referundum !? Autant dire la sortie de la grece de l euro !
Pour retarde ce qui est inévitable !
Les grece veteraient reellement pour l austerité ?????

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