Avant goût de campagne électorale dans le débat budgétaire allemand

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Angela Merkel et son adversaire social-démocrate Peer Steinbrück se sont opposés ce mercredi au Bundestag sur le projet de budget. Une répétition générale avant les élections de l'an prochain.

Le débat sur le projet de budget fédéral allemand ce mercredi au Bundestag était très attendu. Car le candidat social-démocrate à la chancellerie Peer Steinbrück devait lui-même prendre la parole contre le gouvernement et Angela Merkel devait personnellement lui répondre. Une sorte de répétition générale avant la campagne pour les élections fédérales de septembre 2013 et alors que la CDU et Angela Merkel se renforcent dans les sondages.

La chance du gouvernement?

Peer Steinbrück a ouvert les hostilités. Il a balayé d?un revers de main la relation entre la (relative) bonne situation économique de l?Allemagne et la gestion du gouvernement Merkel. « Ce gouvernement n?a pas plus organisé ce pays pour la situation présente qu?il a préparé l?avenir », a-t-il affirmé en ajoutant que le cabinet Merkel II, en place depuis 2009, a eu « plus de chance que de raison. » « La bonne conjoncture a dégagé 130 milliards d?euros, sans que vous ayez à bouger le petit doigt. C?est une situation que j?aurais volontiers voulu avoir », a-t-il conclu en évoquant les années 2008-2009 où la crise frappait le pays et où il était ministre des Finances.

Baraque à frites mieux gérée

Le candidat social-démocrate qui, après avoir bien démarré, est actuellement à la peine dans les sondages, s?est alors montré plus offensif. La transition énergétique ? « N?importe quelle baraque à frites d?Allemagne est mieux gérée. » La politique européenne ? « Une danse du ventre » pour « cacher la vérité. » Et de réclamer l?ajournement du débat budgétaire jusqu?à ce que la situation « soit claire en Europe »?

La contre-offensive Merkel

Angela Merkel a alors pris la parole pour répliquer et tresser les louanges de son action. « Ce gouvernement fédéral est le meilleur depuis la réunification », a avancé la chancelière qui a rappelé que ce projet de budget permettait de respecter « avec trois ans d?avance », le critère de la règle d?or constitutionnelle fixée à 0,35 % du PIB pour le déficit fédéral. Sur tous les sujets, la chancelière a répondu du tac au tac au candidat SPD : pauvreté des retraités, éducation, transition énergétique, Europe. Elle s?est acharnée à se présenter comme combative. Peer Steinbrück est prévenu : l?adversité sera rude et la locataire de la chancellerie ne cédera pas facilement sa place.

L?obstacle du Bundesrat

En attendant, ce budget fédéral (qui représente près de la moitié du budget des administrations allemandes) affiche un faible déficit de 18,8 milliards d?euros en 2013 avec un recul sensible des dépenses de 3,8 %. L?objectif est de parvenir à l?équilibre en 2016. Mais ce projet aura fort à faire au Bundesrat, la chambre qui représente les Länder et qui est contrôlée par l?opposition et où les réformes fiscales de la coalition d?Angela Merkel sont actuellement bloquées.
 

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Commentaires
a écrit le 22/11/2012 à 4:05 :
En tant qu'allemand et fonctionnaire je me dis que pour le moment, grâce a nôtre excédent de la balance commerciale de 16 Milliards PAR MOIS en moyenne et ceci depuis 17 ans, nous profitons plus que quiconque de l'UE et de l'Union Monétaire, ceci aux dépens des pays moins favorisés que nous. Les quelques petits milliards que l'Allemagne doit verser à Bruxelles tous les ans ne sont rien par rapport à l'excèdent commercial que nous réalisons grâce à cette petite cotisation. Excèdent commercial énorme qui nous permet d'exporter nôtre chômage vers les pays de l'union monétaire économiquement plus faibles et qui, a cause des traités imposés à l'UE par l'axe franco-allemand, ne peuvent ni empêcher ni taxer l'avalanche de produits Made in Germany qui étouffe et empêche leur propres économies de se développer. Les bénéfices ainsi réalisés dans les pays sur-endettés, étant souvent réinvestis hors de la Zone Euro. Alors pas de souci et que la Grèce, l'Espagne, le Portugal et autres affichent un chômage des jeunes qui dépasse déjà les 50% n'intéresse ni M Weidmann, ni M Sarrazin, ni ma pomme, en fait cela nous arrange, nous récupérons ainsi l'élite de ces pays, puisque nous manquons de jeunes hautement qualifiés.
a écrit le 21/11/2012 à 21:52 :
Ach, wie macht man um "tresser les louanges de son action"! Quel français exécrable! Furchtbar!

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