Demain en Tunisie, il y aura la mer à boire...

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Appuyée par des bailleurs de fonds internationaux, la Société nationale des eaux (Sonede) se tourne vers le dessalement d'eau de mer pour diversifier des ressources hydriques proches de l'épuisement.

Côté pile, la Tunisie aurait plutôt de quoi pavoiser : avec un approvisionnement qui avoisine les 100 % en milieu urbain et les 93 % en milieu rural, le réseau d'eau potable est l'un des plus larges et efficaces de la région. « De plus, s'enorgueillit Hedi Belhaj, le PDG de la Sonede (Société nationale d'exploitation et de distribution des eaux), elle est l'une des moins chères du monde à satisfaire les critères de l'OMS [Organisation mondiale de la santé, ndlr]. »

Côté face pourtant, la réalité est plus sombre : dans certaines régions, beaucoup de foyers ne sont pas raccordés, des écoles ne sont pas connectées. Selon certaines estimations, ce seraient même 30 % des 10 millions de Tunisiens qui ne pourraient compter sur un accès « permanent et sécurisé » à l'eau.

Pis, les ressources naturelles sont dangereusement en train de s'épuiser. « En 2030, avec l'accroissement démographique, on ne pourra fournir que 360 m3 par habitant et par an. Selon l'OMS, le seuil de pauvreté est de 700 m3, aujourd'hui nous sommes déjà en dessous, remarque Hedi Belhaj. Heureusement, la Tunisie a 1 400 kilomètres de côtes ! »

Un coût gobal de 300 millions d'euros

La Méditerranée à la rescousse ? Le dessalement d'eau de mer est en tout cas le pari que veut tenter la Sonede. « Le transfert [des ressources hydriques d'une région à une autre] est coûteux et les ouvrages sont saturés. De plus, depuis la révolution, les habitants réclament le droit d'utiliser l'eau là où elle est produite, explique le PDG de la Sonede. Mieux vaut investir dans le dessalement ! »

Pour l'instant, ce sont surtout les eaux de surface du Nord qui alimentent l'ensemble du pays. Pour les traiter, la Tunisie compte quatre usines de traitement d'eau saumâtre. Mais rendre potable l'eau de la Méditerranée, qui affiche un taux de salinité de près de 40 g par litre, requiert une tout autre technologie. Le plan de construction d'usines de dessalement était déjà dans les cartons avant la révolution. Le Princesse Holding de Sakhr el-Materi, le gendre du président Ben Ali, avait même mis sur pied un BOT (build, operate and transfer), un type de contrat « tout inclus », de la conception à la construction en passant par l'exploitation, la maintenance et le montage financier. Cela a donc dû être remis à plat.

Quatre stations de dessalement d'eau de mer pour un coût global de 300 millions d'euros sont programmées. La première, sur l'île de Djerba, pourrait être opérationnelle dès 2016. L'appel d'offres a été lancé et six sociétés ont passé la phase des préqualifications, dont deux françaises, Degrémont (Suez) et OTV (filiale de Veolia). Les autres sociétés sont espagnoles. « Le financement est assuré par KfW, la banque allemande de développement, qui prête 60 millions d'euros, et l'Agence française de développement [AFD], 7 millions », précise Abderraouf Nouicer, responsable du dossier à la Sonede.

Sfax, la deuxième ville du pays, est l'une de celles dont l'approvisionnement en eau est le plus critique : elle est à l'extrémité du réseau de transfert. Une station de dessalement y est prévue, avec une capacité de 200 000 m3 par jour.

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Commentaires
a écrit le 20/06/2013 à 23:12 :
Le bassin versant de Oued Medjerda et une zone fragile et stratégique qui doit faire l?objet d?un plan de protection des ressources naturelles

L?Oued Medjerda qui se jette dans la Méditerranée ne doit pas être un vecteur de pollution terrestre de ce fait un plan national et méditerranéen s?impose pour la protection des eaux douces et le littoral contre les eaux usées, il y va de la sécurité alimentaire du pays
En effet les stations d?épuration en amont des cours d?eau et des barrages ont montré leurs limites, lors des pluies diluviennes où toute l?eau usée se verse dans le barrage de Sidi Salem (excréments humain avec le risque de contagion hépatite, sida ..ect)
Si ont ne prends pas des mesures à temps à la longue on aura plus un barrage mais une mare infestée . C?est dans ce contexte qu?il faut un programme Med pour la collecte des eaux usées du bassin versant de Oued Medjerda et de les drainer vers le Sahara où le sable jouera le rôle de filtre et de traiteur d?eau usée .



http://cherifkastalli.blogspot.com/2007/07/agenda-21-beja-dveloppement-durable.html
a écrit le 19/06/2013 à 6:50 :
L'urgence est d'autant plus criante que l'année dernière, nous avons déjà été confronté au problème et singulièrement la ville de Sfax où l'usage de l'eau était rationné, une quasi première en Tunisie. En plus, à défaut d'une saison touristique satisfaisante en hiver, l'été reste et restera pour longtemps la deuxième chance du pays qui de ce côté et par l'intermédiaire de quelques agences comme celle-ci http://www.chirurgie-esthetiquetunisie.com ne fait plus reposer son attractivité que sur les prestations médicales.
a écrit le 18/06/2013 à 16:08 :
Il est beaucoup moins coûteux de recycler toute l'eau déjà utilisée par les habitants (y compris toilettes !) que de recycler l'eau de mer. Voir ce qui se fait depuis de nombreuses années aux Etats-Unis (Huntington Beach etc), en Australie etc. On fait de l'eau ultra-pure par osmose etc à partir d'une eau très chargée et sale dans des cycles de seulement 2 heures entre l'évacuation et la fourniture et à laquelle on rajoute des élements minéraux essentiels (calcium, fluor etc). Même les virus ne passent pas. On n'a pas en plus les problèmes de sel à rejeter en quantités énormes qui polluent et tuent les organismes marins vues les densitées rejetées, ni les problèmes de corrosion.
a écrit le 18/06/2013 à 15:18 :
les islamistes au pouvoir se frottent les mains, les commissions, rétro-commissions vont pleuvoir.
a écrit le 18/06/2013 à 15:06 :
Magnifique opération : on prend en otage ceux qui ont besoin de boire et qui ne sont pas riches. Bien vu.
a écrit le 18/06/2013 à 14:11 :
Sympa l'image de Biarritz pour illustrer un article traitant de la Tunisie !
Réponse de le 18/06/2013 à 15:05 :
Vous ne semblez pas bien connaître Biarritz...
Réponse de le 18/06/2013 à 16:59 :
Non, c'est vrai ! J'habite dans le bâtiment en face de la photo (Résidence Pavillon d'Angleterre pour être exact), mais vous avez raison, je ne dois pas connaitre assez bien l'endroit ;)

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