Zone euro: et si la reprise n'était qu'une illusion?

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La zone euro est sortie de la récession. Bienvenue à la reprise. Les marchés ont été soulagés par l'annonce officielle d'une sortie de récession au deuxième trimestre, qui validait leurs prévisions. Tous les économistes de banque ou presque développent, en effet, depuis des mois, le scénario d'une reprise en Europe, fondée notamment sur l'extinction progressive des politiques d'austérité.
Et maintenant ? La zone euro serait repartie pour une vraie reprise ? Avec, à la clé, une baisse des dettes publiques ? Plusieurs économistes en doutent. Ceux de HSBC soulignent, dans une étude publiée récemment, combien la « reprise » est fragile. Ils tablent plutôt sur une croissance faible, au cours des mois à venir. Explication : celle-ci reste tirée par les exportations. Or la situation des pays émergents, qui avaient jusqu'à maintenant dopé les ventes hors d'Europe, n'est pas des plus florissantes.
Et la demande intérieure ? Elle a été soutenue au printemps 2013 par un surcroît de dépenses publiques, qui ne va évidemment pas durer. La consommation a peu de chances de repartir, notamment en raison de salaires partout très contenus, au sein de la zone euro. Quant à l'investissement des entreprises, il risque de ne repartir que très lentement, hors de l'Allemagne.
Ces deux moteurs de la demande pourraient rester d'autant plus toussotants que les banques hésitent à prêter, afin de reconstituer leurs marges de solvabilité. Ou, si elles prêtent, relève HSBC, c'est avec des taux d'intérêt dissuasifs.
Résultat : la croissance serait limitée à 0,8% en 2014 au sein de la zone euro, (après une récession de 0,3% en 2013). Rien à voir avec une franche reprise que l'on peut attendre après une année de récession.
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Du coup, le déficit public de l'ensemble de la zone ne diminuerait pas franchement, passant de 3,2% du PIB en 2013 à 2,8% en 2014. En France, la réduction serait encore moins nette, prévoit HSBC : après 4,2% du PIB en 2013, le déficit représenterait encore 4% en 2014. Les économistes ne croient donc pas à la prévision du gouvernement français (3,6% de déficit en 2014).
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