2012 : l'année où la zone euro a vu sa dette franchir le fameux seuil de 90% de son PIB

Romain Renier

Romain Renier
Elle monte, elle monte... la dette publique en zone euro. Pour la première fois, la zone euro a dépassé en 2012 la barre symbolique de 90% d'endettement public par rapport au PIB avec 90,6%, contre 87,3% en 2011, selon Eurostat. Trois ans plus tôt, elle était inférieure de dix points à 80% du PIB. De quoi alimenter les débats entre opposants et partisans de la dette publique. Selon certains économistes, comme les controversés Reinhart et Rogoff, un endettement supérieur à 90% freine la croissance économique, même si leur théorie a été contredite par la suite en raison d'une erreur de calcul.
C'est sans surprise la Grèce qui a remporté la palme de l'endettement public en 2012, avec une dette publique équivalente à près de 157% de son PIB. L'Italie suit avec 127%, talonnée par le Portugal et l'Irlande (respectivement 124% et 117%).
La dette de l'Allemagne, elle, dépasse toujours 80% du PIB à 81% et a augmenté entre 2011 et 2012. Quant à la France, elle se situe dans la moyenne avec une dette publique de 90,2% du PIB. Ce qui est marquant toutefois, c'est sa progression très rapide. Elle n'atteignait même pas 80% en 2009.
Au contraire, l'Estonie a de quoi étonner. La jeune république balte, élève modèle, peut s'enorgueillir d'une dette publique qui n'atteint même pas 10% de son PIB. A noter aussi le très faible endettement du Luxembourg, tout juste supérieur à 20% de son PIB ( 21,7%).
En revanche les déficits publics, eux, se sont réduits en zone euro. Entre 2011 et 2012, le déficit public de la zone euro est ainsi passé de 4,2% en termes absolus à 3,7%. C'est toutefois encore au dessus des 3% exigés par Bruxelles.
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L'Allemagne est toujours la championne de l'exercice en enregistrant un excédent public de +0,1%, talonnée par l'Estonie, qui affiche un déficit de -0,2%, et le Luxembourg (0,6%). La France, elle, fait toujours figure de mauvais élève, même si elle a obtenu un délai de deux ans pour atteindre les 3% requis avec -4,8% de déficit public enregistré en 2012.
Empêtrés dans la crise, les mauvais élèves de la classe son l'Espagne (-10,6%), la Grèce (-9%), l'Irlande (-8,2%), le Portugal et Chypre (tous deux à -6,4%). Bref, tous ceux qui ont mis en place des cures d'austérité pour... réduire leurs déficits publics et empêcher leur endettement d'exploser.
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