Danièle Nouy, une Française pour surveiller les banques européennes

A soixante-trois ans, Danièle Nouy est une femme de caractère et d'expérience qui a passé sa vie au service de la régulation bancaire. Jouissant d'une bonne réputation dans le milieu, elle semble être le choix idéal au poste de superviseur bancaire pour lequel le Parlement européen vient de lui donner son feu vert.

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Danièle Nouy s'était vue refuser un poste d'inspectrice générale dans une grande banque française dans les années 1970 parce que c'est une femme. En accédant au poste de superviseur bancaire européen, elle prend une belle revanche. (Photo : Reuters)
Danièle Nouy s'était vue refuser un poste d'inspectrice générale dans une grande banque française dans les années 1970 parce que c'est une femme. En accédant au poste de superviseur bancaire européen, elle prend une belle revanche. (Photo : Reuters) (Crédits : Reuters)

C'était attendu. C'est désormais chose faite. La Française Danièle Nouy, choisie par la Banque centrale européenne, a été adoubée ce  mercredi par le Parlement européen au poste de superviseur bancaire unique européen . Adoubement que le président de cette assemblée, Martin Schultz, a immédiatement qualifié "d'excellente nouvelle" via son compte Twitter.

A soixante-trois ans, Danièle Nouy est une experte chevronnée de la régulation bancaire, à laquelle elle a consacré toute sa carrière. Née à Rennes et fille d'agent bancaire, cette femme décrite comme "discrète", "stricte" et "à fort caractère" a débuté sa carrière de cadre à 24 ans à la Banque de France en 1974. Elle y a gravi tous les échelons jusqu'au secrétariat général de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), organe qui surveille l'activité des banques et des assurances en France.

Une solide expérience internationale

Diplômée de Sciences Po Paris et titulaire d'une licence de droit, elle dispose d'une solide expérience internationale après avoir représenté la France au Comité de Bâle pour la Supervision bancaire pendant près de 10 ans. Cette institution basée en Suisse, qui regroupe tous les responsables de la régulation bancaire dans le monde, définit notamment les règles en matière de fonds propres et de niveaux de capitalisation. Au début des années 90, Danièle Nouy y a notamment présidé le groupe de travail en charge des produits dérivés. Elle a été par la suite la secrétaire générale du Comité de Bâle de 1998 à 2003.

En Européenne convaincue, elle a également exercé des responsabilités sur le plan européen, en assurant la présidence de l'Autorité bancaire européenne (EBA, ex-Comité européen des contrôleurs bancaires) pendant deux ans, juste avant la crise entre 2006 et 2008. Elle a aussi effectué un bref passage par New York où elle a représenté la Banque de France auprès de la Réserve Fédérale américaine pendant un an, de 85 à 86.

Au point sur les subprimes mais pas sur Dexia

Danièle Nouy, réputée stricte mais plutôt estimée dans le milieu bancaire hexagonal, aurait exigé des banques françaises qu'elles révèlent dès juillet 2007 leurs positions sur les subprimes, à l'origine de la crise financière de 2008, selon le journal Le Monde.

En revanche, dans son parcours sans fautes, certains lui reprochent tout de même de n'avoir pas tiré la sonnette d'alarme au cours des années 2000 dans l'affaire Dexia, banque franco-belge qui a frôlé la faillite en raison d'errements stratégiques et de la crise financière, à l'époque où elle était secrétaire générale de la Commission Bancaire (ex-organe de contrôle de la banque et de l'assurance).

La réussite d'une femme

Pour Danièle Nouy, ce nouveau poste est une réussite d'autant plus belle qu'elle se serait vu refuser le poste d'inspectrice générale dans une grande banque française au début des années 70, les femmes y étant à l'époque interdites, selon une anecdote rapportée par le quotidien économique Les Echos. Dans une sorte de revanche, elle rejoint ainsi le club des femmes qui occupent des postes politiques à haute responsabilité dans le monde de la finance parmi lesquelles on compte Janet Yellen, choisie pour succéder à Ben Bernanke à la tête de la Fed ou Christine Lagarde, qui dirige actuellement le FMI.

La "banquière centrale", comme elle est parfois appelée, est mère de deux filles et mariée à un dirigeant de société d'assurance, Jean-Yves Nouy, qui a notamment été administrateur de l'assureur April et président de la mutuelle Sham.

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>> Banques centrales : où sont les femmes ?

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Commentaires 5
à écrit le 16/12/2013 à 19:36
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“Elle s'était vuE refuser” signifie que c’était elle-même qui avait refusé le poste !

à écrit le 14/12/2013 à 11:51
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Espérons qu'elle ait lu les bouquins sur Ponzi et qu'elle sache comment Ponzi fonctionne, comme le système européen.

à écrit le 13/12/2013 à 13:59
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C est une bonne nouvelle. Il inspire confiance !

à écrit le 13/12/2013 à 9:08
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Passer sa vie à la régulation bancaire........ Tout est dit.

à écrit le 12/12/2013 à 17:20
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Ont peut lui faire confiance ah ah ah ah ah ah !!!

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