LIVE - la conférence de presse de Mario Draghi

Romaric Godin

Romaric Godin
La BCE a décidé de frapper un grand coup sur ses taux, comme prévu. Le taux directeur est ramené de 0,25 % à 0,15 %, le taux marginal de refinancement (utilisé lorsqu'une banque a besoin de liquidités en dehors des opérations principales de refinancement) passe de 0,75 % à 0,40 % et, enfin, le taux de la facilité de dépôt est fixé à -0,10 %.
Suite à cette annonce, l'euro a logiquement baissé sous les 1,36 dollar à 1,3570 dollar vers 14 heures 10. L'application d'un taux négatif pour al facilité de dépôt est clairement un élément qui engage les investisseurs à vendre des euros contre des dollars. Pour certains analystes, cette baisse de l'euro serait le principal but visé par la BCE. On peut aussi imaginer qu'elle veut favoriser la distribution de crédits, mais il n'y a là rien d'automatique : tout dépendra des restrictions apportées aux comptes courants des banques vis-à-vis de la BCE. On en saura plus lors de la conférence de presse de Mario Draghi à partir de 14 heures 30.
Sur La Tribune, bien sûr. Mais aussi à cette adresse : https://www.ecb.europa.eu/press/tvservices/webcast/html/webcast_140605.en.html.
Dans un communiqué, l'association des banques privées allemandes (BdB) réagit négativement à l'annonce de la BCE et parle "d'un danger de report des réformes structurelles". La BdB ne voit "aucun danger de déflation" et estime qu'un changement de cours de la politique monétaire est inévitable." L'Allemagne s'est beaucoup inquiété de ces décisions ces derniers jours.
On attend beaucoup de Mario Draghi ce jeudi outre les taux. Notamment une nouvelle opération de refinancement à long terme et une action ciblée sur les PME. Mais aussi les conditions des taux négatifs.
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Outre les décisions sur les taux, la BCE a décidé la mise en place d'une "opération ciblée de refinancement à long terme" et la préparation d'un "rachat illimité" (outright purchase) de prêts titrisés (ABS). L'allocation de liquidités mise en place depuis 2007 est prolongée.
Les taux de la BCE vont rester "pendant une période durable de temps" à ce niveau ou plus bas.
La Bundesbank n'a donc pas bloqué ces mesures
Les banques pourront emprunter dans le cadre d'opérations ciblées à long terme (TLTRO) à hauteur de 7 % de l'ensemble des prêts aux entreprises non financières. Le remboursement devra se faire avant septembre 2018. En tout, la capacité de cette opération atteint 400 milliards d'euros. Des conditions sont mis en place pour assurer que la mesure profite à l'économie réelle.
Le marché réagit très bien aux annonces de la BCE.
La BCE prépare le rachat des ABS et cesse la stérilisation du programme SMP de rachat d'obligations souveraines. Cela libère 110 milliards d'euros pour l'économie réelle.
Les équipes de la BCE ont prévu une inflation de 1 % cette année (revue à la baisse) et 1,7 % en 2015 (revue à la hausse). Mario Draghi continue à se dire déterminé à "maintenir l'ancrage de l'inflation à moyen terme sous, mais proche des 2 %."
Sur le site de la BCE : ici.
Il y aura plusieurs TLTRO en septembre et en décembre prochain. Ici, 475 milliards d'euros seront disponibles. Il y aura ensuite des allocations trimestrielles. Chaque trimestre, les banques pourront emprunter jusqu'à trois leur prêts nets ( emprunts nouveaux -remboursement) sans prendre en compte les prêts immobiliers. Le taux sera le taux directeur plus 10 point de base (0,1 point de pourcentage).
Le premier journaliste dit avoir "27 questions" à poser.
Mario Draghi veut surtout favoriser le prêt aux entreprises privées non financières en maîtrisant l'emploi des fonds.
Mario Draghi affirme être prêt si c'est nécessaire à aller plus loin. La porte de assouplissement quantitatif, avec des rachats massifs d'actifs, n'est donc fermée.
La stratégie de la BCE repose sur la politique monétaire, une meilleure transmission de la politique monétaire et le possible usage de nouvelles mesures non conventionnelles. Sur le premier "bloc" Mario Draghi espère un effet sur le marché interbancaire et le marché des changes. Le second "bloc" abaisse les taux pour les prêts, mais "seulement pour l'économie réelle." Mario Draghi reconnaît qu'il sera difficile de savoir quand ce programme sera "efficace."
Mario Draghi promet des mesures ciblées sur l'économie réelle et les PME. Il réclame des produits "simples", "réels" et "transparents." Afin que ce marché puisse repartir. Les ABS sont des produits qui regroupent des crédits.
Le ministre français des Comptes Publics indique que « ces décisions constituent un signal fort et apportent un soutien bienvenu à la croissance en France et dans la zone euro, dans un contexte de consolidation budgétaire. Elles vont créer des conditions plus favorables pour le financement des entreprises et des ménages, et donc pour l'investissement. »
Mario Draghi estime que les TLTRO sont en mesure de fournir des fonds seulement à l'économie réelle. Pas aux Etats ni aux "bulles."
Mario Draghi indique avoir réagi au risque non pas de déflation, mais à un "risque d'inflation faible prolongée". Il s'agit également de compenser "l'ajustement" des Etats qui réalisent des "réformes."
Mario Draghi réaffirme que la BCE interviendra si le besoin s'en fait sentir. Et réaffirme sa volonté d'avoir recours çà des "mesures non conventionnelles", y compris des rachats massifs d'actifs.
En réponse aux critiques allemandes, Mario Draghi rappelle que ces mesures visent les banques et que les mesures entendent défendre la reprise, donc aider les épargnants et les autres. Il convient cependant que les "inquiétudes des épargnants" doivent être prises "sérieusement". Les taux d'intérêt remonteront quand reviendra la croissance, promet Mario Draghi.
Mario Draghi réaffirme que les "progrès sont loin d'être achevés". Il affirme qu'il n'y a pas de "satisfaction" de ce point de vue. Le message de Mario Draghi : il faut consolider le budget, en accord avec la croissance. Pour Mario Draghi, il faut réduire les dépenses non augmenter les impôts, et, lorsque cela est possible, investir.
Mario Draghi refuse de répondre à la demande de comparaison d'un journaliste français.
Mario Draghi confirme l'importance du taux de change de l'euro dans l'inflation faible.
"nous sommes confiants que nos mesures permettront de ramener l'inflation à notre objectif", indique Mario Draghi qui se félicite que les signes de reprise vont se poursuivre.
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Mario Draghi estime que "l'émergence des mouvements nationalistes" ne doit pas conduire à "revenir en arrière" pour "résoudre les problèmes." Le président de la BCE salue le fait que le parlement peut continuer à fonctionner. Enfin, il estime qu'il s'agit d'un exercice de démocratie. "C'est le bon moment de réfléchir en profondeur à comment l'on peut améliorer l'Europe".
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