La faible inflation menace la reprise de l'économie réelle, selon Christian Noyer

 |   |  363  mots
Alors que les conditions nominales sont plus accommodantes dans la zone euro qu'aux Etats-Unis, les indicateurs réels mettent en évidence une situation plus restrictive a déclaré Christian Noyer aux rencontres financières annuelles de Paris Europlace (Photo : Reuters)
"Alors que les conditions nominales sont plus accommodantes dans la zone euro qu'aux Etats-Unis, les indicateurs réels mettent en évidence une situation plus restrictive" a déclaré Christian Noyer aux rencontres financières annuelles de Paris Europlace (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
La zone euro pourrait voir sa monnaie s'apprécier à cause de la faible inflation. Cette situation pourrait la plonger dans un cercle vicieux empêchant le retour de la croissance

L'action de la Banque Centrale Européenne (BCE) a-t-elle été suffisante ? La faible inflation de la zone euro (0,5% en mai) inquiète le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Selon lui, cela vient perturber l'environnement financier et plus particulièrement le taux de change de l'euro. 

La zone euro a bénéficié d'une importante rentrée de capitaux durant les derniers mois. Cela a permis de baisser le coût de financement mais a aussi empêché une dépréciation de l'euro réclamée par de nombreuses voix en Europe.

>> Lire aussi "Ce n'est pas une fatalité que l'euro crève le plafond" (Fabrice Brégier, patron d'Airbus)

Le cercle vicieux de l'appréciation

Les prix augmentant peu, les taux d'intérêt réels sont plus élevés. Ainsi, les investisseurs sont incités à placer leur capitaux à l'intérieur de la zone euro. Ce choix d'investissement vient apprécier la monnaie européenne. 

La valeur de la monnaie étant élevée, les prix à l'importation sont plus faibles et cela entretient leur niveau général à la baisse. 

Dans ces conditions, la zone euro se retrouve dans un cercle vicieux de l'appréciation de sa monnaie. Selon Christian Noyer, cette situation pourrait conduire à d'importants déséquilibres néfastes pour la croissance : 

"L'économie financière pourrait s'orienter vers un mauvais équilibre qui menacerait la reprise de l'économie réelle" a-t-il déclaré.

 La justification de l'action de la BCE

Le gouverneur de la Banque de France et, à ce titre membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, souhaite montrer la détermination de la BCE. Il a tenu à rappeler que l'institution située à Francfort était prête "à agir par tous les moyens qui seraient nécessaires si des risques baissiers se matérialisaient".

Néanmoins les possibilités d'action de la Banque Centrale sont maintenant très faibles. Les seules politiques non encore utilisées sont jugées extrêmes et ne sont pas à l'ordre du jour. Dans ce contexte, la capacité de Mario Draghi à faire baisser l'euro est limitée. 

>>Lire : Mario Draghi peut-il vraiment faire baisser l'euro ?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 13/08/2014 à 19:35 :
Il a raison ! Il faut vite faire passer la TVA à 30% pour faire monter les prix et créer une bonne inflation. Et pour contrer les petits malins qui ne vont plus consommer rien que pour embêter notre bon gouvernement, créons dans la foulée la TAV : taxe sur l'absence de valeur. Toute personne qui ne consomme pas sera taxée au même taux de 30% sur ce qu'elle aurait du consommer par décret.
a écrit le 08/07/2014 à 18:15 :
Une monnaie se doit d'être vivante et suivre l'économie, l'euro est une monnaie comateuse sous perfusion!
Une monnaie est un "moyen" d’échange non un "but" a atteindre!
a écrit le 08/07/2014 à 16:07 :
D'accord avec "noyer qui se noie..." la hausse des prix n'est pas de nature inflationiste et ne fait qu'en graisser la spéculation sans alléger la dette et "pk92320" sur les mouvements de capitaux et investissements.... y'avait un moyen simple de faire baisser l'euro pour soutenir l'économie : que la bce prenne les pertes sur les obligations des états en faillite et dans ce cas, le signal d'alarme aurait été tiré et tout le monde aurait réagi pour réformer l'économie et organiser la convergence dès 2004 et la faillite grèque.... si ça avait été fait depuis le début, la dette aurait roulé, tout le monde aurait été rassuré sur des défauts éventuels de paiement, et la baisse de l'euro aurait permis un ajustement de l'économie tout en convergence... Mais voilà, chez nos élites on fait n'importe quoi comme d'habitude... on ne comprend même pas la base du libéralisme : les 3 marchés, si deux sont en équilibre, le 3ème l'est aussi. La monnaie est neutre et joue le role de courroie de transmission pour pousser les choses dans le bon sens. Mais désormais, c'est l'économie réelle qui décroche violemment sans possibilité de se relever. ça va saigner dans les rues en raison de l'incompétence de ces ploucs qui se surnomment "élite" et qui sont en réalité de profonds et profondes incultes et incultes en matière d'économie.
a écrit le 08/07/2014 à 14:23 :
oublier l'inflation des impôts est stupide, le gaspillage étatique fait aussi partie de l'économie.
a écrit le 08/07/2014 à 13:10 :
Du con , avec nos revenus bloqués c'est cohérent !
a écrit le 08/07/2014 à 12:15 :
Pour les ménages, toutes les dépenses obligatoires augmentent. Les revenus n'augmentent pas. Les intérêts des placements baissent. Comment consommer ?
On pourrait aussi se poser des questions sur la politique étrangère des USA secondée par l'UE, qui multiplie les pays sanctionnés et, au nom de la défense de ses intérêts, multiplie et entretient les zones de tension avec des pays stables mais qui ne plaisent pas à Washington. Les sanctions et les menaces de sanction font fuir les investisseurs, libérant des capitaux qui trouvent refuge, en partie en Europe. Par exemple, on était fier d'avoir fait fuir 150 milliards de dollars de la Russie, où sont-ils allés ? Concernant l'Iran, rien ne dit que le peuple iranien veut se priver d'un régime qui fait beaucoup plus de social que son prédécesseur. Ne parlons même pas de Cuba, qui a un fort potentiel de développement mais dont la population est maintenue dans la misère depuis plus de 50 ans par les USA, sans aucun résultat politique.
a écrit le 08/07/2014 à 11:32 :
encore une analyse à côté de la réalité pour un mossieur qui vit bien avec un gros salaire.
La réalité, c'est que les gens ne consomment plus rien parce tout le monde est extremement pauvre. Une fois payés le loyer (dont la hausse n'est du chiffre de l'insee, dommage pour les investisseurs) mais ensuite l'énergie, la nourriture dont le prix flambe à cause de la spéculation boursière sur les matières premières, il ne nous reste plus rien. Une analyse correcte est donc que la hausse vertigineuse des prix de la nourriture et de l'énergie (camouflée par le chiffre bidon donné par l'insee), combinée à des baisses massives des revenus d'une forte partie de la population qui perd don job, fait que plus personne n'achète autre que le strict nécessaire. Et que ceux qui pourraient ont peur et économisent. La question se résoudrait en répartissant équitablement les revenus entre ceux du travail et ceux de l'actionnariat. Sinon, la roue ne peut plus tourner et elle se casse. Et on prend pas le chemin pour faire tourner la roue, on continue à la casser.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :