Mario Draghi : "c'est moi le patron ! "

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Mario Draghi a répondu aux critiques.
Mario Draghi a répondu aux critiques. (Crédits : Reuters/Francois Lenoir)
Le président de la BCE a fait une démonstration de force lors de sa conférence de presse mensuelle. Il a insisté sur l'unanimité du conseil des gouverneurs à aller plus loin si nécessaire et a précisé ses objectif d'injections monétaires. Une réponse cinglante aux critiques internes et externes.

Mario Draghi semble avoir voulu montrer qu'il restait le patron au sein de la BCE lors de cette conférence de presse du 6 novembre. Alors que Reuters, mardi 4 novembre, avait cité des sources internes très critiques à l'encontre de sa gestion et avait relancé les spéculations sur l'opposition de la Bundesbank au sein du conseil des gouverneurs.

Unanimité

Le président de la BCE a apporté deux preuves qu'il maîtrisait parfaitement la situation. La première en répétant à l'envie que « le conseil des gouverneurs est prêt à prendre des mesures non conventionnelles si le besoin s'en fait sentir. » Autrement dit, si les mesures prises jusqu'ici ne suffisent pas, tout le monde au sein du conseil des gouverneurs accepte l'idée d'aller plus loin dans l'assouplissement quantitatif. Répété plusieurs fois, cette phrase ressemble à une défaite de la Buba allemande qui aurait donc accepté l'idée de devoir prendre des mesures plus efficaces pour combattre le risque prolongé d'inflation faible. Mario Draghi n'a cessé d'insister sur l'harmonie au sein de la BCE, soulignant même que le dîner de mercredi soir entre les banquiers centraux s'était fort bien passé et qu'en aucun cas il n'y a, en cas de dissension « nord-sud. » Et d'en rajouter : « il ne s'agit pas de financement monétaire de la dette et nous restons dans les limites de notre mandat. »

1.000 milliards de plus

La deuxième preuve du pouvoir affirmé de Mario Draghi a été la clarification de son objectif d'augmentation du bilan de la BCE. Jusqu'ici, il avait évoqué « la taille du début de l'année 2012 », cette fois, il a été plus précis : la taille visée est celle de mars 2012. L'augmentation visée du bilan est donc le maximal possible, près de 1.000 milliards d'euros. Un chiffre qui, selon les observateurs, sera difficile à obtenir avec les moyens mis en place par la BCE aujourd'hui. Autrement dit, il va y avoir plus et Mario Draghi a les moyens de l'imposer. Cet élément est essentiel, car, selon Reuters, les critiques contre Mario Draghi s'étaient concentrées sur cette question d'un objectif chiffré du bilan. Le président de la BCE a enfoncé le clou, faisant preuve d'une autorité remarquable.

Démonstration de force

La Buba a-t-elle réellement baissé les armes ? Peut-être pas, mais cette démonstration de force de Mario Draghi prouve qu'elle n'a pas su fédérer une opposition. Il est vrai que la situation économique difficile de la zone euro rend la position très rigide de la banque centrale allemande bien peu attrayante. Mario Draghi tient donc bien toujours la barre et l'a prouvé. Avec un premier effet : l'effondrement de l'euro qui est passé sous les 1,24 dollar alors qu'il était à plus de 1,25 avant la conférence...

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Commentaires
a écrit le 07/11/2014 à 12:49 :
Une réponse cinglante aux critiques internes et externes. Enfin juste un roulement de mécaniques. Ouvrir le robinet ne fait pas boire l'âne qui n'a pas soif et les spéculateurs de continuer à pomper le fric et de gonfler les bulles avec de la monnaie de singe.
a écrit le 07/11/2014 à 12:30 :
Le farceur joue la même comédie que ls autres du foirail européen dont Sarros décrit les antagonismes incompatibles.
Et le Juncker sacré grand chef, roi de l'optimisation fiscale au su de tous !
Ils sont tous patrons de leurs fiefs distribués.
a écrit le 07/11/2014 à 8:30 :
A quand l explosion de la zone euro....on pourra emigrer au sein de l'Europe
a écrit le 06/11/2014 à 19:47 :
Bonjour,
La baisse actuelle de l'euro n'est pas un "effondrement" comme précisé mais une petite baisse sans plus. Une véritable baisse compétitive et qui permettrait de relancer l'industrie et les exportation serait de passer à un euro aux alentours d'un dollar. La contrepartie serait de payer plus cher nos hydrocarbures.
Bien entendu les entreprises de transport sont contre et l'Allemagne est contre car cela relancerait l'industrie de ses partenaires à son détriment. le fait que l'euro soit du deutschemark déguisé est un secret de polichinelle.
Réponse de le 07/11/2014 à 19:39 :
baisse paradoxale dans la mesure où la zone euro dégage un excédent commercial. Il devrait gagner du terrain....
a écrit le 06/11/2014 à 19:07 :
Ce ne sont que des paroles toujours des paroles du soi disant patron non élu effectivement.
On nous prends pour des neu neus mais attention tout de memes aux différentes manifs, on en à connus d'autres. Qui sème le vent...................
a écrit le 06/11/2014 à 18:48 :
C'est lui le patron, et personne ne l'a élu :S
a écrit le 06/11/2014 à 18:44 :
Tout ça, ce n'est que de la com. Tout le monde sait très bien qu'il n'y a pas unanimité au sein du conseil des gouverneurs et que la ligne rouge ne sera jamais franchie.

D'ailleurs le : « il ne s'agit pas de financement monétaire de la dette et nous restons dans les limites de notre mandat. » veut tout dire.
a écrit le 06/11/2014 à 18:43 :
Nous allons donc imiter le Japon dont les injections de monnaie ont provoqué une dévaluation du yen, sans provoquer une augmentation importante des exportations, les entreprises ayant déjà délocalisé leur production en Chine et ailleurs. Elle les a enrichies, comme va le faire une baisse de l' Euro !
Cette dévaluation a provoqué une augmentation du coût des importations, accrues du fait de l'arrêt des centrales nucléaires, et donc une aggravation du déficit commercial.
L'excès de concurrence ruine l' Économie, il faut cesser de favoriser le consommateur.
Le seul moyen étant une indexation de la masse salariale sur la valeur ajoutée pour que toutes les entreprises fassent ce qu'elles souhaitent toutes, sauf elles-mêmes, augmenter les salaires et embaucher, alors la demande repartira et les investissements suivront.
Il faut aussi remplacer les cotisations sociales par la TVA et faire payer les consommateurs. Vendant hors charges et hors TVA les autres pays seront obligés de suivre !
a écrit le 06/11/2014 à 18:21 :
Il a loué une voiture chez Sixt ?
a écrit le 06/11/2014 à 17:54 :
quel égo ! Merkel doit bien rigoler ...
a écrit le 06/11/2014 à 17:33 :
Le vent commence à tourner en Europe. L'Allemagne fait le dos rond. des prémices de changement face à la réalité ?
a écrit le 06/11/2014 à 17:09 :
J'approuve la fermeté de Mario Draghi !
a écrit le 06/11/2014 à 16:36 :
Les difficultés ne concernent pas seulement la finance, mais aussi l'énergie. L'économie concerne le travail, le capital et l'énergie. On oublie l'énergie qui remplace le travail en utilisant le capital (l'outillage).

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