Les propositions de la Grèce soumises à l'Eurogroupe

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Alexis Tsipras a fait d'importantes concessions pour parvenir à un accord avec l'Eurogroupe.
Alexis Tsipras a fait d'importantes concessions pour parvenir à un accord avec l'Eurogroupe. (Crédits : Reuters)
Le gouvernement grec apporte de nombreux engagements et compromis, notamment sur certaines promesses électorales comme la progression du salaire minimum. Athènes promet également un ambitieux plan de lute contre l'évasion fiscale mais également pour le recouvrement fiscal. Un volet dit humanitaire est adjoint au document.

La liste d'engagements transmise mardi à Bruxelles par Athènes adoucit le ton sur les privatisations et le salaire minimum, et comporte beaucoup de mesures de renforcement de l'efficacité fiscale et des structures de l'État, mais aucune de ces réformes n'est chiffrée.

Le document, rendu public par le gouvernement grec, insiste à plusieurs reprises sur "la concertation avec les institutions" (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) dans l'élaboration détaillée de ses projets, alors que le gouvernement Tsipras s'était montré, après son élection, beaucoup moins prêt à composer avec ses créanciers.

  • Salaire minimum et privatisations: un pas vers Bruxelles

Sur ces deux dossiers délicats, Athènes a mis de l'eau dans son vin.

"L'ampleur et le calendrier" de la progression du salaire minimum, une promesse centrale du gouvernement, "se feront en consultation avec les partenaires sociaux et les institutions européennes et internationales", selon le document, et "de manière à préserver la compétitivité et les perspectives d'emploi". Le montant envisagé (751 euros) et la date (2016) ne figurent pas explicitement dans la liste.

Les privatisations déjà réalisées ne seront pas remises en question: pour celles qui sont déjà lancées, "le gouvernement va respecter les processus en conformité avec la loi". Celles qui sont prévues doivent être "examinées, avec pour objectif de maximiser les bénéfices à long terme pour l'État". Des ministres du gouvernement Tsipras avaient annoncé, peu après leur élection, leur intention de revenir sur plusieurs ventes en cours, comme celles du terrain de l'ancien aéroport d'Athènes et de 14 aéroports régionaux.

  • Volet fiscal: faire passer "les plus nantis" à la caisse

Comme ses partenaires le lui réclamaient, le gouvernement grec s'engage à faire "de robustes efforts" dans la collecte des impôts et la lutte contre l'évasion fiscale en "utilisant pleinement les moyens électroniques et autres innovations technologiques". Le tout doit cibler "particulièrement les plus nantis" afin de "les faire participer de manière juste au financement des politiques publiques" et se réaliser "sans impact négatif sur la justice sociale".

Le code fiscal doit être modernisé, l'indépendance de l'administration centrale des impôts renforcée, ses moyens élargis.

Le gouvernement prévoit aussi un dispositif de lutte contre la contrebande d'essence et de cigarettes, un renforcement de la lutte contre la corruption, et la mise en place d'un système permettant le paiement rapide des arriérés fiscaux et de contributions à la sécurité sociale.

  • Efficacité de l'État: couper dans les dépenses, augmenter les recettes

Le nombre de ministères doit passer de 16 à 10, la grille des salaires dans la fonction publique devra être remaniée, et les avantages et primes des ministres, parlementaires et hauts fonctionnaires doivent être réduits.

L'État veut monnayer "aux prix du marché" l'utilisation par les médias des fréquences de radio-télévision, et réformer les règles d'attribution de marchés publics.

  • Marché du travail: faire travailler les salariés plus longtemps

Athènes veut "éliminer la pression sociale et politique pour partir en pré-retraite", qui conduit beaucoup de Grecs à arrêter très tôt de travailler, notamment en mettant en place "un soutien ciblé des salariés entre 50 ans et 65 ans".

  • Mesures sociales: soutenir les plus pauvres

Élément central du programme de Syriza, le parti de gauche radicale de M. Tsipras, les mesures sociales figurent en fin de document sous le titre de "crise humanitaire". Athènes veut mettre en place des mesures "très ciblées" pour améliorer la couverture sociale, l'approvisionnement en énergie et l'accès à la nourriture et au logement des plus pauvres, par exemple avec des bons d'alimentation.

Au programme également, la dépénalisation du sur-endettement pour les petites sommes, le soutien "aux plus vulnérables" ne pouvant rembourser leurs emprunts et une collaboration avec les banques pour "éviter les mises aux enchères de résidences principales en-dessous d'un certain seuil" de défaut de paiement.

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Commentaires
a écrit le 24/02/2015 à 15:12 :
Concernant la lutte contre l'éva
a écrit le 24/02/2015 à 15:01 :
Que fallait-il attendre d'un parti financé par M. Soros ? Et bien, qu'il retourne sa veste, qu'il trahisse ouvertement les grecs..
C'est dommage mais force est de reconnaitre que, quoi qu’il en soit, les mois qui viennent seront l’occasion, pour le peuple grec, de découvrir l’ampleur de l’escroquerie politique dont ils viennent de nouveau d’être les victimes.

Lorsque les flonflons du cirque médiatique se seront éteints, ils se rendront compte que l’élection de M. Tsipras :

ne modifie pas le moindre article des traités TUE et TFUE,
n’infléchit pas la moindre décision de la Commission européenne et de la BCE,
ne change pas d’un iota la politique économique et monétaire voulue par les gouvernements de l’Allemagne, de la Finlande, des Pays-Bas et du Luxembourg,
ne remédie en rien à la totale inadéquation de l’économie, du tissu industriel, et du corps social grecs à l’euro,
n’arrête en rien la diplomatie guerrière que Washington impose à l’UE vis-à-vis de la Russie et du reste du monde.

https://www.upr.fr/actualite/europe/les-grecs-vont-maintenant-pouvoir-constater-que-syriza-est-un-parti-leurre
a écrit le 24/02/2015 à 14:53 :
Il semble que l'on revienne à la raison, et soyons agréables, on ne va pas en profiter pour se gausser des postures des politiciens grecs: ils auront déjà bien du mal à s'expliquer avec leur population. In fine, que veulent les européens: pour faire simple, ou vous remboursez vos dettes selon une échéance acceptable, en maintenant a minima la dette au niveau actuel, ou vous allez chercher ailleurs des financements.. le reste regarde les grecs..
a écrit le 24/02/2015 à 14:51 :
parole de grec !

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