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Publié le 14 novembre 2010 à 09:47 - Mis à jour le 14 novembre 2010 à 09:55

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François Fillon, reconduit à son poste par Nicolas Sarkozy après une valse-hésitation de près de cinq mois, s'est engagé à conduire la France dans une nouvelle étape avec la croissance et l'emploi comme priorités.

Le Premier ministre, François Fillon, qui avait présenté samedi soir la démission de son gouvernement, a été chargé dimanche par le président de former une nouvelle équipe, dont la composition devrait être dévoilée dans la journée, ou lundi au plus tard. "Après trois années et demi de réformes courageuses (...), je m'engage, sous l'autorité du chef de l'Etat, avec détermination, dans une nouvelle étape qui doit permettre à notre pays de renforcer la croissance de son économie au service de l'emploi, de promouvoir les solidarités et d'assurer la sécurité de tous les Français", a-t-il dit dans un communiqué.

En choisissant de maintenir François Fillon à Matignon, le chef de l'Etat a mis fin à un long feuilleton et écarté l'hypothèse d'une nouvelle phase de son quinquennat avec comme Premier ministre le centriste Jean-Louis Borloo, qui prétendait imprimer une coloration plus sociale au gouvernement.

Dominique Paillé, porte-parole adjoint de l'UMP, a estimé que la France avait besoin de la poursuite des réformes plus que d'un changement de direction à la tête du gouvernement. "Le nouveau cap, ce n'est pas ce qu'a décidé Nicolas Sarkozy. Il a dit que le reste de son mandat, les 18 mois qui vont courir jusqu'au printemps 2012, seraient consacrés à la poursuite des réformes", a-t-il déclaré sur i>Télé. "Elle est nécessaire parce que la France en a besoin et parce qu'elle correspond à un engagement présidentiel. Dans ce cadre-là, il n'y a pas besoin de ce nouveau souffle qui serait totalement artificiel puisqu'il ne s'agit que de mener la suite des réformes", a-t-il ajouté.

Le chef de l'Etat a finalement entendu ceux qui, dans sa majorité, François Fillon en tête, ne voulaient pas de Jean-Louis Borloo à Matignon. Il a décidé de ne pas suivre ceux qui jugeaient nécessaire de changer de Premier ministre pour incarner la nouvelle étape du quinquennat, comme le déclarait encore samedi dans le Monde l'ancien chef de gouvernement Jean-Pierre Raffarin. En gardant sa confiance à François Fillon, Nicolas Sarkozy se réserve en outre la possibilité de faire remanier plus en profondeur l'équipe gouvernementale à un moment où il vient de prendre la présidence du G20.

François Fillon devrait consulter toute la journée, apprend-on de source proche de Matignon. Reste à savoir si son nouveau gouvernement, que l'on annonce de sources proches de l'UMP "resserré" et "féminisé", pourra à lui seul incarner un nouvel élan et si Jean-Louis Borloo y aura sa place. "Cela renforce incontestablement François Fillon", a déclaré sur i>Télé Bernard Debré, député UMP de Paris. "Il faut passer vite à autre chose, il faut que nous nous mettions en ordre de bataille pour 2012."

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a estimé dimanche que le gouvernement, en cours de remaniement, avait jusqu'ici marqué la vie du pays "de manière positive" et jugé "important" que la prochaine équipe Fillon insiste sur l'économie et les entreprises.  "Le gouvernement qui a démissionné hier soir a marqué de son empreinte la vie de notre pays d'une manière positive, a conduit des réformes majeures qui vont nous aider dans la sortie de crise", a-t-elle déclaré sur Europe 1.

L'opposition n'a pas tardé, par la voix de Jean-Marc Ayrault, à critiquer Nicolas Sarkozy pour avoir mis des mois à ne rien décider. "Tout ça pour ça", a soupiré le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale sur LCI. "On savait que cela allait se terminer comme ça", a-t-il ajouté. "Cela veut dire que, de toute façon, c'est la même politique qui va continuer. Quand on est président de la République, on devrait avoir un petit peu plus le sens du respect des Français parce que les ministres (...) ont la tête ailleurs depuis des mois au lieu d'être concentrés sur les problèmes de la France."

Benoît Hamon, porte-parole du PS, a fustigé dimanche auprès de l'AFP, cette annonce. "C'est la reconduction d'un Premier ministre en échec sur toutes les questions importantes, l'emploi ou le chômage, le logement ou l'économie, les inégalités par un président de la République lui même en échec", a-t-il affirmé.

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République a déclaré dans un communiqué : "après 3 ans d'exercice du pouvoir comme un Premier ministre, présent sur tous les fronts et surexposé, Nicolas Sarkozy est aujourd'hui décrédibilisé. Il est donc contraint de maintenir dans ses fonctions François Fillon, qui gagne ainsi son bras de fer et devient le véritable président de la République. Dans l'optique de 2012, Nicolas Sarkozy préfère garder son rival près de lui plutôt que d'en faire un martyr aux yeux de l'opinion".

De son côté, Marielle de Sarnez ,Vice-Présidente du MoDem, a annoncé à l'AFP : "C'est un non-remaniement. La décision de reconduire François Fillon signifie qu'il n'y aura aucun changement, ni de politique, ni de ligne, ni de cap et que le président Sarkozy inscrit son action dans la continuité de sa majorité UMP. Au final, on peut se demander à quoi aura servi ce temps perdu à s'occuper des problèmes du gouvernement et pas des Français. Quant à Jean-Louis Borloo, les centristes de la majorité, qui n'ont jamais exprimé de réserve à l'égard de la politique gouvernementale, devront prendre leur indépendance s'ils veulent peser".

Le député PS, Jean-Christophe Cambadélis, estime que "Nicolas Sarkozy n'avait donc comme objectif ni le changement ni un nouveau commencement dans cet interminable calendrier de l'avent. Mais tout simplement démontrer qu'il était le seul à droite. Le seul chef, le seul capable de se succéder à lui même. Bref tout ça pour ça: le gouvernement c'est moi!"

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