Et si le Sénat passait à gauche...

Le 25 septembre, la moitié des sénateurs seront réélus. Pour la première fois, un changement de majorité est possible. Dans une telle hypothèse, le travail parlementaire serait ralenti sans être bloqué.
La Tribune Infographie
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Dimanche 25 septembre, Gérard Larcher, actuel président UMP du Sénat, aura au moins un motif de satisfaction : la Haute Assemblée sera sous le feu de l'actualité, une fois n'est pas coutume pour cette maison si feutrée. Un événement inédit pourrait s'y produire depuis la fondation de la Vème République en 1958 : la majorité pourrait passer à gauche. Un sacré coup de semonce pour l'actuel locataire de l'Elysée à huit mois de la prochaine élection présidentielle. La condition pour qu'un tel évènement se produise ? Il faudrait que l'actuelle opposition obtienne un gain d'au moins 22 sièges.

Gérard Larcher - dont le bilan positif de sa présidence est saluée par de nombreux sénateurs -, qui connaît fort bien son petit monde sénatorial, estime lui que la majorité actuelle devrait garder une avance d'au moins sept sièges, malgré l'émergence de listes dissidentes. Mais comment en est-on arrivé là, alors qu'il y a dix ans, le Premier ministre socialiste Lionel Jospin jugeait "jamais possible" une alternance au Sénat ? Mais voilà. Depuis, la gauche a considérablement progressé aux diverses élections locales, gérant désormais vingt régions sur vingt-deux, 60% des départements et 1.500 communes de plus de 3.500 habitants (contre 1.400 pour la droite). Or, ce sont les élus de ces collectivités qui élisent les sénateurs.

Mathématiquement, la quête du Graal devient à la portée de la gauche. Reste que l'élection sénatoriale est aussi le résultat d'une mystérieuse alchimie au niveau local où les logiques partisanes ne sont pas toujours respectées. Surtout que 40% des grands électeurs (essentiellement des conseillers municipaux) se considèrent comme apolitiques et surtout sensibles à la personnalité du candidat. "Il est exact que la confiance entre les grands électeurs et le candidat s'avère capitale, précise Alain Vasselle, sénateur UMP de l'Oise, ce qui devrait permettre à l'actuelle majorité d'être reconduite. C'est une élection moins politique que les législatives".

Le dernier mot

Au-delà du retentissant signal, quel serait l'impact d'une majorité de gauche au Sénat ? La Constitution de la Vème République permettrait de toute façon à la majorité présidentielle de garder le dernier mot dans cette forme inédite de cohabitation. Des textes majeurs, tels le projet de loi de finances ou celui de financement de la Sécurité sociale ne seront pas recalés. A l'issue des navettes parlementaires et d'une commission mixte paritaire (députés-sénateurs), c'est de toute façon le projet voté par l'Assemblée nationale qui l'emporte. "Certes, explique Christian Cambon, sénateur UMP du Val-de-Marne, mais il ne sera plus question de faire de réforme constitutionnelle, du type règle d'or budgétaire, en l'absence de majorité possible des trois cinquièmes. Et les travaux législatifs seront rallongés faute de vote conforme avec celui des députés comme nous y sommes parvenus la semaine dernière sur le collectif budgétaire".

Reste la question de la présidence du Sénat qui sera tranchée le 1er octobre. Elle n'est pas qu'anecdotique, le président de la Haute Assemblée jouissant d'un pouvoir de nomination dans diverses institutions comme le Conseil constitutionnel. Et, surtout, le président du Sénat, deuxième personnage de l'Etat est susceptible de devenir président de la république par intérim en cas de décès ou d'incapacité du chef de l'Etat. Ainsi, "chaque fois que le président du Sénat [de gauche] lui serrera la main, Nicolas Sarkozy aura l'impression qu'il lui tâte le pouls" (*), ironise un ministre.

(*) Anecdote signalée dans un excellent ouvrage "La Bataille du Sénat", de Françoise Cariès et Suzette Bloch ; Editions Robert Laffont ; 207 pages ; prix : 19 euros.

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Commentaires 34
à écrit le 17/09/2011 à 6:30
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ET SI ON SUPPRIMAIT LE SENAT ? Voilà un sujet intéressant. Le peuple français y perdrait il en démocratie ? Quels seraient les économies réalisées ? Merci la TRIBUNE de nous répondre sur le sujet.

à écrit le 14/09/2011 à 12:49
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Pour faire des économies il faut raboter les revenus des députés et des sénateurs et des ministres.Il faut les faire cotiser à la retraite que les gens qui travaille. Cela touchera des niches fiscales que certains ignores.

à écrit le 13/09/2011 à 16:59
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Lisez les commentaires de Médiapart sur "Les retraites dorées des sénateurs" et vous verrez que leur seul souci c'est de ce faire rééliré pour uniquement le "Fric". Leurs "convictions".? Ils s'y assoient dessus.!!!

le 13/09/2011 à 21:43
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Pas uniquement, pour le Parti également. Parce qu'au bout du compte, le plus grave pour un politique, c'est de perdre un siège du Parti. Le reste est accessoire.

à écrit le 13/09/2011 à 16:28
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De ce coté là aussi, on pourrait peut-être, supprimer un poste sur deux ? Belles économies.

le 17/09/2011 à 6:33
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Entièrement d'accord sodical. La moitié étant sénil, il faut les mettre au repos Et puis ont ils encore une utilité ?

à écrit le 13/09/2011 à 13:37
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Je croyais que c'était le premier ministre le deuxième personnage de l'état? Les sénateurs comme les élus des agglomérations comme les élus de la commission européennes sont élus par la grâce de dieu puisqu'ils ne sont pas élus par le peuple. Le peup...

le 13/09/2011 à 14:30
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Le premier ministre n'est que le chef du gouvernement et le 2ème personnage de l'Etat est bien le Président du Sénat. Vous ne pouvez pas dire que les sénanteur ne sont pas élus par le peuple ils le sont au suffage indirect puisqu'élu par des "grands ...

le 13/09/2011 à 15:27
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Puisque vous fûtes dans cet univers, pouvez-vous me citer le nom des Senateurs qui qui ne sont pas dûment cadré, encadré, enrôlé et lobotomisé par un parti politique ? Pensez-vous réellement que ces sinistres personnages dignes d'un résidu monarchiqu...

le 15/09/2011 à 6:50
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je ne suis pas un défenseur des privilège que s'accordent les sénateurs mais je pense que cette assemblée avec le recul qu'elle prend a son utilité dans le système démocratique. il me semble également normal qu'un sénanteur soit memebre d'un parti ce...

le 22/09/2011 à 15:05
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mince, je comprends que vous en fussiez et que vous n'en fusse plus... un gars honnête comme vous qui ne cours pas après le renouvellement à tout prix.. vous ne deviez pas être très populaire parmi vos pairs.. désolée pour les fautes de conjugaison, ...

à écrit le 13/09/2011 à 13:17
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Gardons (pas le poisson) le sénat son resto est excellent et en plus pas cher !

à écrit le 13/09/2011 à 12:15
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il est toujours facile de critiquer le rôle du Sénat mais une 2ème chambre est un garant de la démocratie tout juste peut-on regretter le nombre de sénateurs et les avantages qu'ils s'autoaccordent.Force est de constater que face à une Assemblée qui ...

le 13/09/2011 à 17:05
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Si vous trouvez une "utiilité" à ce ramassis de vieilles badernes, alors il n'y a plus qu'a donner le Gouvernail de la France à une "Maison de Retraites

à écrit le 13/09/2011 à 11:12
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Franchement, à quoi servent les sénateurs aujourd'hui ? A ralentir des projets de loi, genial ! Non sa vraie fonction est bien souvent de remercier les élus locaux les plus méritants, c'est bien mais c'est absurde, donnez leur des médailles ça couter...

à écrit le 13/09/2011 à 11:04
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Un peu comme il y a 300 ans: un roi, des ministres du roi, des seigneurs de région, des hommes d'armes ( gendarmes) la dîme ou impots...ELLE EST OU LA DIFFERENCE DE GOUVERNER?????

à écrit le 13/09/2011 à 10:48
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En réduisant les effectifs du Sénat à une petite centaine, que d'économies en perspective!

à écrit le 13/09/2011 à 9:50
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Aujourd'hui, la supression de sénat serait un premier pas vers la diminution de notre déficit public annuel et un facteur de modernité pour la représentation parlementaire.

à écrit le 13/09/2011 à 9:05
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quel problème ? on a eu déjà un président , une assemblée à gauche avec un sénat de droite. ça n' a pas empeche la gauche de faire voter ses lois

à écrit le 13/09/2011 à 8:48
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Votre façon de traiter le sujet est dépassée: l'impact d'une majorité discordante entre le Sénat d'une part, l'Assemblée nationale et la Présidence d'autre part est bien connu. Nous l'avons subi à chaque majorité "gouvernementale" de gauche depuis 19...

à écrit le 13/09/2011 à 7:00
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La gauche peut compter sur moi pour élire le parti communiste de mon cartier. (Je ne vote jamais le PS pour ce qui est des sénateurs, car ils sont trop paresseux pour servir ma ville).

le 13/09/2011 à 9:44
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en ecrivant cartier comme cela, vous n'avez rien de communiste !! lol

le 13/09/2011 à 10:05
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Je ne suis pas un communiste car je votais pour Sarkozy et je vote depuis 20 ans le maire communiste qui deviens depuis le maire socialiste.

à écrit le 13/09/2011 à 6:58
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vous avez raison pipolino mais cela aurait pour conséquences de mettre un grand coup de pied à cette institution pour la réveiller il est grand temps que le senat passe à gauche afin d'avoir un contre pouvoir " energique et j'espere éfficace"

le 13/09/2011 à 7:33
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Votre optimisme force l'admiration ... peut-être n'avez-vous pas connu 1981.

le 13/09/2011 à 8:31
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bien sur que si !!! j'ai connu 1981" aufait" et même 1957. 1968 . 1991 et malheureusement pour nous tous 2007 à 2012 et je porte une lourde responsabilité puisque j'ai voté au 1er et 2eme tours pour Mr SARKOZY et comme beaucoup d'electeurs je ne re...

le 13/09/2011 à 11:00
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Passer une vie à voter à DROITE à GAUCHE, ça s'appelle soit : tourner en ROND ou avancer d'un pas pour reculer de deux, comment veux-tu, comment veux tu que je..........!!!!!!!

le 14/09/2011 à 6:19
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non PIERRE voter à gauche ou à droite : cela veut dire qu'il y a aussi bien de la compètences à gauche qu' a droite selon les cycles voila tout !!! tourner en rond c'est plutot l'abstention .

à écrit le 13/09/2011 à 6:37
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Ben ça les rajeunirat pas !

à écrit le 13/09/2011 à 6:20
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Et si on fermait purement et simplement cette organisation parasitique qui ne représente le peuple en aucune manière ?

le 13/09/2011 à 8:07
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OUI!! bonne idée un frein de moins pour stoper la mise une place d'un regime totalitaire

le 13/09/2011 à 9:13
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Vous avez vraiment l'impression qu'ils contribuent en quoi que ce soit à la démocratie ces individus ? Rappelez-moi la dernière fois qu'ils sont sortis de leur chateau pour demande un avis au peuple ? Ce sont justement ces parasites séniles qui contr...

le 13/09/2011 à 9:52
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Le "Peuple"... Qu'est-ce-que ce terme désigne? Vous-même ou bien votre voisin ou votre employé ou votre patron? Les députés élus au suffrage direct représentent-ils mieux le "peuple", eux qui votent toutes les lois du gouvernement, non élu?

le 13/09/2011 à 12:06
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Des "Elus", bien filtrés et cadrés par les partis politiques n'ont plus aucun rapport avec ceux qu'ils sont censés représenter. Ce mode de contrôle des institutions par les partis "légitimes" est juste l'antichambre des systèmes totalitaires.

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