Comment le cognac est devenu une filière à quatre milliards d'euros

Maxime Giraudeau
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212 millions de bouteilles de Cognac ont été vendues en 2022, signant une année historique.
Marco Verch

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212 millions de bouteilles de Cognac ont été vendues en 2022, signant une année historique.
Marco Verch
La guerre en Ukraine, le dérèglement climatique, la post-crise sanitaire, le gel. Rien ne semble atteindre cette filière : le Cognac marche sur l'eau(-de-vie). En 2022, le vignoble charentais a acté sa troisième meilleure année jamais enregistrée grâce à 212 millions de bouteilles vendues dans le monde. Malgré une baisse très limitée de 4,8 % des ventes en volume, le Cognac a généré 3,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Du jamais vu. Sous l'effet de l'inflation, pour la première fois, le chiffre d'affaires progresse malgré une légère érosion des ventes.
Interrogé par La Tribune, le Bureau national interprofessionnel du Cognac (BNIC) approuve sobrement : « la filière reste confiante dans ses perspectives à long terme. » Et veut garder le cap, en dépit des crises qui reconfigurent les modèles économiques et environnementaux, en s'affirmant comme « un repère dans un monde instable ».

Cliquez sur les graphiques pour les agrandir. (crédits : MG / La Tribune)
En dix ans, le chiffre d'affaires de la filière a quasiment doublé, passant de 2,2 à 3,9 milliards d'euros l'an dernier. Une tendance qui s'explique en partie par l'inflation sur les deux dernières années puisque l'augmentation du nombre de bouteilles vendues est contenu à 30 %. Mais ce sont bien les États-Unis qui dopent les résultats : entre 2017 et 2022, le premier importateur de Cognac est passé de 75 à plus de 110 millions de bouteilles achetées.
Derrière, l'Asie constitue le second marché en volume et en valeur, et certainement le plus gros potentiel de développement. « Des signaux positifs sont perçus aujourd'hui sur différents marchés comme l'Asie suite à l'ouverture de la stratégie zéro Covid [en Chine, ndlr]. Cela soutient nos perspectives d'expéditions », indique le BNIC.

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La Chine s'affirme depuis trois ans à la deuxième place des pays importateurs, en flirtant l'an passé avec les 30 millions de bouteilles achetées. Elle pèse tout de même trois fois moins que les États-Unis. En ajoutant Singapour, qui a réduit ses importations de 30 % par rapport à 2017, le trio représente 75 % des ventes de Cognac à travers le monde. La France elle représente moins de 5 % des ventes.
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