« Nous allons écrire l'avenir là où tout a commencé. » Les représentants de la filière étaient réunis à Cognac sur les quais de la Charente lundi 5 juin, sur les lieux d'embarcation des gabarres qui transportaient l'eau-de-vie il y a 300 ans. Soleil radieux, soutien de nombreux élus, record historique de ventes : le Cognac est en pleine santé dans un monde qui tangue. C'est ici, à mi-chemin entre les domaines des maisons Hennessy et Martell, que sera implanté le nouveau siège du BNIC (Bureau national interprofessionnel du Cognac). La première pierre a été inaugurée par ses dirigeants, en présence du ministre de l'Agriculture Marc Fesneau. « Un moment symbolique pour la filière », comme l'évoque Christophe Véral, viticulteur et président du BNIC. Un contraste saisissant avec l'état de santé chancelant de son voisin bordelais qui a débuté le même jour un plan d'arrachage de près de 10 % de ses surfaces.
Situé en centre-ville de la sous-préfecture charentaise depuis les années 1980, le vaisseau amiral de toute l'appellation Cognac va donc se rapprocher de son fleuve d'origine. Sur une surface construite de 6.000 m2, il abritera trois bâtiments, élevés sur pilotis en raison du caractère inondable des terrains. Le siège accueillera dès 2025 une centaine de personnes, salariées du BNIC, syndicats de viticulture et de négoce ou encore un pôle scientifique de recherche. « Le nouveau siège va être un lieu interactif. C'est une nécessité pour la protection de notre appellation », appuie Christophe Véral. Son coût est chiffré à 18 millions d'euros, supporté par le BNIC, la Banque des Territoires et trois banques privées (Crédit agricole, Crédit mutuel du Sud-Ouest et Caisse d'épargne). Un projet finalisé à un moment particulièrement faste pour l'interprofession : l'an dernier, elle a atteint 3,9 milliards d'euros de chiffre d'affaire.