Qualifier le moment de période faste pour le Cognac est un euphémisme : le voilà qui pèse près de quatre milliards d'euros grâce à ses ventes 2022, un record. De quoi célébrer, avec beaucoup d'insouciance, la Fête du Cognac dans un bon mois sur les quais de la Charente. Les fans de musique et de terroir verront peut-être une allusion fortuite à la distillation quand Juliette Armanet montera sur scène pour déclamer : « Tu fais brûler ma flamme / L'étincelle de tous mes drames ». Une déclaration enflammée et annonciatrice de grands changements.
En coulisses, le Bureau national interprofessionnel du Cognac (Bnic) prépare une modification du cahier des charges qui vise à substituer le gaz naturel et le propane par des procédés de chauffe alternatifs. Si l'Inao valide les expérimentations menées depuis 2019, les alambics ne devront plus obligatoirement couver une flamme nue. La profession cherche par là à limiter son empreinte carbone en agissant sur ce maillon au lourd impact énergétique : la distillation représente 13,5 % des émissions de gaz à effet de serre de la filière. Un procédé particulièrement énergivore puisqu'il chauffe deux fois l'alcool pour obtenir sa condensation. Voilà qu'une petite révolution s'annonce dans un vignoble mondialement connu pour son spiritueux issu d'une double distillation.