Arrachage des vignes : l'Europe veut allonger la durée des droits de plantation

Maxime Giraudeau
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Agence Appa/Thibaud Moritz

Maxime Giraudeau
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Agence Appa/Thibaud Moritz
Industrie en berne, tâtonnements sur l'IA, recul géopolitique... Au milieu du marasme, le vin est-il la valeur économique et culturelle la plus sûre qu'il reste à l'Europe ? C'est peut-être ce que croit la Commission européenne qui a longtemps laissé sans réponse les doléances de la profession. Le vin est bien un atout encore puissant de son soft power, mais la santé de la filière vacille. Alors que la France, l'Espagne et l'Italie font, à elle trois, couler la moitié de la production mondiale de vin, les bouteilles se vendent moins et moins bien. À tel point que l'arrachage n'est plus tabou dans les vignobles.
Bordeaux, le premier vignoble européen en surface, a ouvert le bal, abondé par les subventions européennes. Les autres vignobles français vont suivre en ôtant 30 000 hectares, environ 5 % de la surface nationale. Ce n'est qu'un premier pas et l'Europe a bien compris que si elle ne veut pas pulvériser des aides d'urgence à chaque fois, il vaudrait mieux légiférer pour contenter les vignerons.
La Commission européenne, avec son commissaire à l'Agriculture, le Luxembourgeois Christophe Hanssen, a évoqué en décembre une réforme à venir de l'organisation commune du marché viticole. La Tribune a appris qu'une des mesures principales du texte visera à allonger la durée des droits de replantation issus d'un arrachage de vignes. Ils seront étendus de trois ans, portant la durée maximale entre un arrachage et une replantation à huit ans.
À lire également
Lorsqu'un viticulteur arrache des vignes, que ce soit pour raison économique ou sanitaire, il se voit accorder des droits de replantation sur une surface équivalente. Une façon de maintenir le potentiel de production des terroirs, tout en rajeunissant les plants de vigne. En allongeant la durée des droits, la Commission refuse la réduction définitive des surfaces et se projette sur une reprise de la consommation de vin à long terme. Étendre dans le temps les replantations est une manière de rendre l'arrachage plus acceptable à court terme pour les viticulteurs.
Maxime Giraudeau
Agriculture urbaine : bientôt une ferme aquaponique de deux hectares dans les Yvelines
Crise du vin : « L'arrachage est une politique très dangereuse » (Jean-Marie Cardebat)
Crise du vin : de la vigne à la bouteille, ces appellations envoient balader les codes
Crise du vin : un bon millésime espéré à Bordeaux dans un contexte délétère