Une commission locale de l'eau vient d'émettre un avis négatif sur l'implantation de Pure Salmon au bord de l'estuaire de la Gironde. L'industriel, qui se dit « consterné », peine à convaincre et les délais pour construire son élevage de saumons s'allongent encore.Toujours pas d'enquête publique à l'horizon pour l'usine de Pure Salmon, au Verdon-sur-Mer, en Gironde. Promise début 2025, cette étape obligatoire dans la naissance de tout grand projet industriel ne cesse d'être retardée. En cause, les doutes autour d'un pompage d'eau dans une nappe souterraine.
Pour faire tourner son élevage de saumons où il veut produire 10 000 tonnes de chair orange par an, le géant de l'agroalimentaire aura besoin de 6 500 m3 d'eau par jour. Une ressource qui sera puisée sous les pieds de l'usine, à l'embouchure de l'estuaire de la Gironde, dans une nappe profonde d'eau saumâtre. C'est sa proximité avec une nappe d'eau potable de l'Eocène qui fait tant débat depuis les débuts du projet il y a déjà trois ans.
Pour compléter l'analyse des hydrogéologues mandatés par l'industriel, les pouvoirs publics ont appelé à la rescousse le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières). Ses conclusions ont laissé bien circonspects la commission locale de l'eau chargée des nappes profondes. Celle-ci vient de rendre à l'unanimité un avis négatif, après avoir délivré, au printemps dernier, un avis positif sous réserve d'une contre-expertise. L'étude réclamée vient donc tout bousculer, car elle met en lumière une incompatibilité avec le schéma d'aménagement et de gestion des eaux.
Un avis du Parc naturel marin ?
« L'avis dit bien qu'il y a une incidence sur les nappes profondes et un risque de salinisation de la nappe d'eau potable, affirme Maxime Ghesquière, membre de la commission locale de l'eau nappes profondes. La couche d'argile qui sépare les deux nappes ne mesure qu'une soixantaine de centimètres, il y a donc un risque de liaison entre les deux s'il y a un forage. On investit des millions pour alimenter le nord du Médoc par les nappes du centre du Médoc, un industriel ne peut pas venir briser toute cette stratégie. »