Usinor : Le décrochage du titre s'amplifie

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L'action Usinor, qui avait fortement rebondi entre la fin du mois d'avril et le milieu du mois de mai, connaît depuis une véritable descente aux enfers. La valorisation du groupe a fondu de plus de 25 % depuis la clôture du 15 mai, et le titre a été momentanément réservé à la baisse ce matin. A la clôture, Usinor affichait un recul de 11,11 % à 12 euros. Depuis le début de l'année, l'action a perdu plus de 35 % de sa valeur.Selon un opérateur d'une société de bourse française, le titre serait affecté par une étude de Lehman Brothers sur le marché de l'acier. "La banque d'affaire américaine a abaissé ses estimations du prix de l'acier dans les mois qui viennent, ce qui pourrait pénaliser les résultats des sidérurgistes", a ajouté cet opérateur."Nos estimations considèrent désormais que le prix de marché des bobines d'acier laminé à chaud devrait tomber à 310 dollars par tonne d'ici le 4ème trimestre 2000, puis se redresser modestement début 2001, lorsque le déstockage ralentira", explique dans cette étude l'analyste Richard Aldrich. Les prix se situent actuellement autour de 325-330 dollars par tonne.Usinor bénéficie pourtant d'un environnement extrêmement porteur. L'embellie de la croissance économique mondiale favorise l'accroissement de la demande d'acier inoxydable et d'acier plat au carbone, les deux métiers principaux du groupe. Pour l'année 2000, Francis Mer, Président directeur général d'Usinor, compte sur une hausse de 3 à 4 % de la demande européenne d'acier plat au carbone (55 % du CA 99). La demande mondiale d'acier inoxydable (21 % du CA 99) devrait quant à elle croître de 6 à 7 %. Le groupe sidérurgique a d'ailleurs publié, le 10 mai dernier, un chiffre d'affaires en hausse de plus de 20 % au 1er trimestre de l'exercice 2000, à 4.026 milliards d'euros contre 3.247 milliards d'euros au 1er trimestre de l'année dernière. Luc Pez, qui suit la valeur pour ING Barings, estime que les ventes d'acier inoxydable, seront en phase d'accélération jusqu'à la fin 2000, puis se maintiendront à un niveau élevé en 2001. " Les cycles des produits plats au carbone et de l'acier inoxydable, qui sont habituellement décalés, devraient être en phase au cours des prochains mois. Usinor, qui s'est recentré sur ces deux métiers en 1999, devrait donc bénéficier d'une conjoncture exceptionnelle ".Après avoir affiché une perte nette de 178 millions d'euros en 1999, le groupe sidérurgique devrait donc renouer avec les bénéfices en 2000. Le bénéfice net par action devrait atteindre 1.86 euros par action selon le dernier consensus publié par Thomson Financial/First Call, contre une perte de 0.73 euro en 1999. Usinor devrait également tirer parti de la faiblesse persistante de la monnaie unique contre la devise américaine, les prix de l'acier étant libellés en dollar. Pour ces raisons, Luc Pez estime que l'action a une valeur d'équilibre de 19.5 euros, ce qui représente un potentiel d'appréciation proche de 25 %.L'étude de la Banque Lehman Brothers a fait une autre victime sur le marché parisien. Péchiney a fini la séance sur un recul de 8,65 % à 44,99 euros. Depuis le 16 mai, le groupe sidérurgique a vu sa capitalisation fondre de plus de 14 %. Par rapport à son cours du début d'année, l'action Péchiney est en repli de 36,59 %.

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