Fed : Les marchés ne croient pas à une nouvelle hausse des taux

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/>Tous les regards des marchés financiers internationaux sont aujourd'hui tournés vers Washington, où se réunit depuis mardi le "Federal Open Market Committee" de la Réserve fédrale. Alan Greenspan et ses collègues rendront leur décision vers 20h15 ce soir, après avoir longuement pesé les risques inflationnistes présentés par l'économie américaine.Le suspense est toutefois limité. Les analystes attendent dans leur grande majorité un statu quo des banquier centraux. Selon une enquête réalisée la semaine dernière par Reuters, les spécialistes des valeurs du Trésor américain interrogés estiment unanimement que la Fed maintiendra ses taux inchangés, après les avoir relevé de 50 points de base le mois dernier.Les arguments sont nombreux pour justifier une pause dans le cycle de resserrement monétaire entamé par la Réserve fédérale en juin 1999. Les économistes mettent d'abord en avant les signes de ralentissement de la croissance économique américaine, qui se sont multipliés au cours des deux derniers mois. Le déséquilibre de l'offre et de la demande de biens et services, si souvent pointé du doigt par Alan Greenspan, est en voie de résorption. Les ventes de détail ont ainsi connu deux replis consécutifs au cours des mois d'avril et de mai, indiquant que l'enchérissement du crédit commençait à porter ses fruits. L'indice de confiance des consommateurs, publié hier par le Conference Board, a chuté de six points en juin, laissant entrevoir une poursuite du ralentissement des dépenses des ménages américains.Plus spectaculaire, le marché de l'emploi s'est sensiblement détendu au mois de mai. Le taux de chômage est ainsi repassé au-dessus du seuil des 4%, et les créations d'emplois ont été inférieures aux attentes des prévisionnistes, notamment dans le secteur privé. Les salaires horaires, en hausse de seulement 0,1%, ont également envoyé un signal positif aux gardiens de la stabilité des prix.La conjonction de ses éléments a apaisé les craintes inflationnistes, qui étaient réapparues après la publication d'un indice des prix à la consommation en forte progression au mois de mars (+ 3,7% en glissement annuel). Depuis, la détente temporaire des prix pétroliers et la correction d'un effet de base défavorable ont permis au CPI de revenir aux alentours des 3% (3,1% au mois de mai). L'indice de base, qui exclut les prix volatils de l'énergie et de l'alimentation, est resté sage depuis le début de l'année, avec une progression de 2,4% en glissement annuel au mois de mai.En déduire que la Réserve fédérale mettra un terme définitif à son cycle de hausse des taux serait néanmoins une erreur. Dans le communiqué accompagnant leur dernière décision, les banquiers centraux américains constataient en effet que " l'accroissement de la demande continue d'excéder l'accroissement de l'offre potentielle, malgré des gains rapides de productivité ". Pour Marc Touati, économiste de la banque Natexis, " il paraît aujourd'hui impensable d'imaginer autre chose qu'un nouveau resserrement monétaire lors du FOMC du 22 août 2000 ". Il tempère toutefois son propos en indiquant que de nouveaux signes de ralentissement de la conjoncture économique américaine pourraient prochainement inciter la Fed à opter pour un " biais accomodant ".Les marchés actions européens restaient calmes, mercredi midi, dans l'attente de la décision de la Fed. Ils abandonnaient toutefois quelques fractions dans le sillage des places américaines. Mardi à New York, les marchés boursiers ont en effet été nerveux. Si la tendance générale de Wall Street a été positive, avec 1.632 valeurs en hausse contre 1.296 en baisse, le DJIA, indice vedette de Wall Street, a finalement clôturé en baisse de 38,53 points (-0,37%) à 10.504,46 points, après avoir progressé pendant l'essentiel de la séance. L'indice composite de la bourse électronique Nasdaq a cédé 53,16 points (-1,36%) à 3.858,96 points. Sur les marchés des changes, l'euro restait sous pression contre le dollar, s'établissant à 0,941 USD alors qu'il cotait 0,9565 USD vers 8h ce matin. La monnaie unique avait chuté, la semaine dernière, les cambistes anticipant une pause prolongée dans le mouvement de hausse des taux d'intérêt mis en oeuvre par la Banque centrale européenne depuis le mois de novembre 1999.

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