Etats-Unis : Le rapport sur l'emploi confirme le ralentissement de l'activité

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Les Etats-Unis s'acheminent de plus en plus clairement vers un atterrissage en douceur. Le marché de l'emploi a connu une détente inattendue en mai, permettant au taux de chômage de remonter de 0,2 point de pourcentage à 4,1 %. Les créations d'emplois sont ressorties à 231.000, alors que les économistes interrogés par Reuters attendaient en moyenne un chiffre de 386.000. Mieux encore, les salaires horaires n'ont progressé que de 0,1 %, bien en-dessous du consensus de marché (+ 0,4 %).L'hypothèse d'un atterrissage en douceur, après plus de huit années de croissance ininterrompue, est donc plus que jamais d'actualité aux Etats-Unis. Une batterie d'indicateurs récents laisseait d'ailleurs présager d'une inflexion progressive de l'activité américaine, et en particulier de la demande des ménages. Le premier signe était venu d'un repli des ventes de détail en avril. Celles-ci s'étaient contractées de 0,2 %, alors qu'elles étaient attendues en hausse de 0,4 %. Ce mouvement devrait d'ailleurs se confirmer en mai, si l'on en croit les statistiques publiées hier par les chaînes de magasins. En glissement annuel, les ventes se sont établies en hausse de 4,6 % en mai, alors qu'elles étaient en progression de 7,9 % en avril. Les ventes des grands constructeurs automobiles américains accréditent également la thèse d'un tassement de la demande des ménages. DaimlerChrysler a par exemple enregistré un recul spectaculaire de 17,8 % de ses ventes (hors Mercedes) aux Etats-Unis par rapport au même mois de l'année dernière. Sur cinq mois, les ventes de véhicules de Daimler Chrysler sont en baisse de 2,2% par rapport à la même période de 1999 à 1.135.041 unités.Le ralentissement est également flagrant dans le secteur manufacturier. L'indice d'activité industrielle établi par la National Association of Purchasing Managers (NAPM) est ressorti en baisse à 53,2 en mai contre 54,9 en avril. Il s'établit ainsi à son plus bas niveau depuis plus d'un an. Plus satisfaisant encore, la composante des "prix payés", qui reflète les pressions inflationnistes au niveau de la production, a significativement ralenti à 65,8 contre 76 le mois précédent. Cette baisse pourrait toutefois être de courte durée, en raison du rebond des prix pétrolier depuis le milieu du mois d'avril.Les marchés actions et obligations se sont littéralement envolés à mesure que se confirmait le ralentissement de l'économie américaine. L'indice Nasdaq a ainsi regagné 11,7 % depuis son plancher du 25 mai dernier, et le Dow Jones a enregistré une progression plus modeste de 3,17 %. Les marchés obligataires étaient également à la fête. Le rendement de l'emprunt d'Etat à 10 ans est ainsi repassé jeudi sous les 6,20 %, et le 30 ans s'est établi à 5,94 %. Les investisseurs anticipent un arrêt prochain du cycle de resserrement monétaire entamé en juin 1999 par la Réserve fédérale. Le 16 mai dernier, les banquiers centraux avaient relevé le taux des fonds fédéraux de 50 points de base, à 6,50 %.Le marché du travail constituait la dernière inconnue de taille dans l'équation macro-économique américaine. Les chiffres publiés aujourd'hui lèvent une partie du voile, en donnant un peu plus de crédit à l'hypothèse d'un ralentissement en douceur de l'économie outre-Atlantique. La Fed devrait en tenir compte, même si un nouveau relèvement des taux de 25 points de base est attendu à la fin du mois de juin.

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