Le point sur... les warrants

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Les valeurs des médias font l'objet de prises de bénéfices depuis plusieurs séances. Comment ont parallèlement évolué les warrants adossés à ces valeurs ?Les récentes prises de bénéfices n'ont pas beaucoup influé sur la volatilité implicite des warrants adossés aux valeurs des médias. Celle de Canal +, calculée à la monnaie avec une maturité de maturité d'un an, caracole d'ailleurs autour de 80 %. Concrètement, les investisseurs anticipent toujours une forte volatilité future, alimentée par les incertitudes concernant les mouvements de concentration en cours et les difficultés d'évaluations des titres du secteur. Les flux d'informations souvent contradictoires touchant les différents groupes de médias et de la communication en général en témoignent. Par ailleurs, les warrants, et particulièrement les calls, subissent un très fort engouement de la part des souscripteurs, engendrant un biais haussier sur les volatilités implicites et du coup, sur le prix des options.On assiste, depuis le début de l'année, à une inversion du smile sur l'ensemble de la cote française (la volatilité implicite des calls s'est accrue sur les prix d'exercice hors de la monnaie). Qu'en est-il aujourd'hui ?Apparue il y a quelques semaines, cette inversion s'est amenuisée depuis, sans toutefois s'effacer intégralement. Concrètement, cela signifie que les anticipations d'un rally fort et durable de la cote, si elles sont encore vivaces, se sont toutefois amoindries par rapport à l'euphorie prévalant il y a encore peu. On est aujourd'hui dans une zone d'incertitude, où la pente des volatilités est entre deux eaux. Elle n'est pas tout à fait positive, ni vraiment concave. Cet état de fait devrait toutefois se normaliser.Le Nasdaq commence à son tour à subir une légère correction. Quelle a été, au regard des titres de la « vieille économie », l'évolution des volatilités implicites attachées au valeur du Nasdaq ?La dichotomie prévaut encore entre les volatilités implicites des valeurs de la « nouvelle économie », que l'on peut appréhender avec l'évolution des composantes du Nasdaq, et de la « vieille économie », soient les valeurs du Dow Jones. A titre d'exemple, la volatilité implicite d'un warrant à un an à la monnaie plafonne à 110 % dans le cas de Yahoo !, contre près de 30 % pour Ford. Par ailleurs, compte tenu des incertitudes sur les perspectives des valeurs de la « nouvelle économie », rien ne permet d'anticiper aujourd'hui un rétrécissement de cet écart. Seule une poursuite du mouvement de concentration entre des valeurs de ces deux secteurs au sens large peut susciter au cas par cas un rattrapage de la volatilité. Ce fut notamment le cas lors du mariage entre AOL et Time Warner. Mais ce type d'opération est encore marginal et ne saurait à lui seul initier un rétrécissement de l'écart global. Enfin, à l'instar du secteur français des médias évoqué plus haut, les call warrants adossés à des valeurs du Nasdaq connaissent un très fort engouement en France, engendrant, là aussi, un biais à la hausse sur la volatilité implicite et, donc, du prix de ces options. Par conséquent, tant du point de vue des fondamentaux que des flux, la dichotomie entre les volatilités implicites pourrait demeurer autour des niveaux actuels.

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