Salles combles, salles vides

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Il existe un moyen relativement simple de s'en apercevoir mais il n'est malheureusement pas disponible pour les investisseurs particuliers. Régulièrement, les grandes banques d'affaires organisent des conférences pour leurs clients institutionnels. Elles ont lieu dans de grands hôtels et les entreprises ont généralement une heure pour se présenter. C'est là que la cote d'amour peut se mesurer. Plus la salle est pleine, plus l'entreprise intéresse les gérants de fonds. Plus il y a de places disponibles, moins l'entreprise intéresse les gérants.Au cours de l'automne dernier, Banc of America Securities a tenu sa conférence traditionnelle à San Francisco. A l'époque, deux sociétés avaient fait salle comble : Ariba, un éditeur de logiciel de commerce électronique, et VerticalNet, un holding de diverses places de marché. De fait, il n'y avait plus de places assises et il fallait jouer des coudes pour écouter la bonne parole des deux entreprises. Quatre mois plus tard, ces deux sociétés n'ont pas réussi à attirer les foules lors de la conférence organisée par Goldman Sachs. En revanche, deux autres entreprises ont fait salle comble. Il s'agit de i2 Technologies, spécialiste de la gestion de la chaîne logistique, et de PeopleSoft, un éditeur de progiciel de gestion Intégré. En quelques années, i2 Technologies est parvenu à dépasser le milliard de dollars de chiffre d'affaires et son carnet de commandes est bien rempli. PeopleSoft a réussi sa restructuration et son repositionnement.Ariba, qui par deux fois fut une star boursière pendant son existence, ne semble plus enregistrer la folle croissance de ses débuts. C'est normal. Après avoir vendu sa technologie aux premiers clients précurseurs et technophiles, le cycle de vente s'est allongé. Et Ariba qui flottait sur un petit nuage pendant l'automne dernier, est entré dans une zone de turbulences. Dell, qui utilise sa technologie, vient de fermer la place de marché " Dell Marketplace " qui était destinée aux PME-PMI. Ariba ne cessait de l'encenser et de la citer comme exemple de ce que l'avenir réservait au commerce électronique B2B. Certes, Dell reste un client important d'Ariba pour ses autres sites de commerce mais cette mésaventure prouve que l'adoption des pratiques des places de marché prendra du temps. Autre coup porté indirectement à l'image d'Ariba, Telefonica a décidé de réviser sa stratégie de création de places de marché pour les pays hispanophone et lusitanophone. Après avoir dépensé 80 à 100 millions de dollars, Telefonica n'aurait enregistré qu'une centaine de transactions sur ces places.Heureusement, Ariba est en train de réaliser le rachat d'Agile Software, qui devrait améliorer son offre en matière de chaîne logistique (La Tribune du 8 février).

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