Oracle soulage le secteur du logiciel pour entreprises

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Dans le paysage désolé de la high-tech, les résultats annoncés hier soir par l'américain Oracle, deuxième éditeur mondial de logiciels, tranchent heureusement. Le groupe a en effet réalisé un bénéfice meilleur que prévu au quatrième trimestre de son exercice 2000/01 (clos fin mai) et s'est déclaré optimiste pour les mois à venir, prenant de court les analystes.Même si le chiffre d'affaires est demeuré légèrement inférieur aux attentes, à 3,26 milliards de dollars contre 3,37 milliards au cours de la même période l'an dernier et 3,4 milliards attendus par les investisseurs, le bénéfice par action a atteint 15 cents sur le trimestre, soit un cent de mieux que le consensus des analystes (14 cents) établi par l'agence First Call. Oracle, frappé comme l'ensemble du secteur informatique par le ralentissement économique mondial, a aussi laissé entendre qu'il pourrait avoir franchi le creux de la vague, anticipant ainsi des jours meilleurs. "Nous nous attendons à un premier trimestre [2001-2002, soit la période juin-août] plutôt bon", a déclaré son PDG Larry Ellison sur la chaîne d'informations financières CNBC. Le groupe anticipe un bénéfice de 8 cents pour ce trimestre, inchangé par rapport à la même période de 2000-2001 et conforme aux attentes des analystes.Ces derniers pouvaient pourtant craindre une révision à la baisse, alors que les avertissements sur résultat continuent de s'accumuler dans l'industrie high-tech. Sans fournir de projections plus précises, le PDG d'Oracle a aussi estimé que son groupe était bien placé pour "accélérer ses ventes l'année prochaine"."Nous pensons avoir atteint le point bas (de notre activité, ndlr) au quatrième trimestre", a-t-il ajouté, dans une allusion à la faiblesse de ses ventes de logiciels.Oracle, numéro un mondial des logiciels de gestion de bases de données, un marché sur lequel il est désormais sérieusement concurrencé par IBM, a notamment profité au cours des derniers mois du lancement de sa E-Business Suite, une suite de gestion électronique d'entreprise regroupant plusieurs fonctions clés (marketing, gestion de la chaîne d'approvisionnement, ressources humaines...). Un domaine dans lequel Oracle affronte désormais directement des généralistes de l'e-business, comme SAP ou des spécialistes comme Siebel Systems ou PeopleSoft, ce qui ne l'empêche pas d'afficher son optimisme. "Je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas retrouver une croissance de 50 à 100% de notre activité dans les applications", a souligné Larry Ellison. A la mi-séance sur le Nasdaq, l'action Oracle gagnait 13,75% à 16,88 dollars. Et le soulagement profitait à ses concurrents, mêmes lointains : à Francfort, l'action SAP progressait au même moment de 7,74% à 165,55 euros, tandis qu'à Paris, Business Objects gagnait en clôture 0,5% à 31,86 euros après avoir gagné plus de 4% en séance.Au cours du quatrième trimestre, les ventes de licences du groupe ont reculé de 10% à 1,65 milliard de dollars, les services associés (conseil, formation, support) continuant en revanche à tenir leurs promesses, avec un hausse de 5% à 1,6 milliard de dollars. Larry Ellison s'attend à une stabilité des ventes de licences sur le premier trimestre du nouvel exercice, le lancement, il y a quelques jours d'Oracle9i, la nouvelle version de son produit vedette de gestion de bases de données, devant soutenir l'activité commerciale du groupe.Dans ce contexte, le bénéfice net a reculé de 7% à 855 millions de dollars contre 925,9 millions de dollars hors éléments exceptionnels au quatrième trimestre 1999/2000. Le groupe a notamment réussi à limiter la casse en contenant fortement ses coûts. Et entend bien poursuivre sur cette voie, comme l'a souligne Larry Ellison. Sur l'ensemble de l'exercice 2000-2001, le bénéfice net s'est établi à 2,561 milliards de dollars, soit une hausse de 25% par rapport à l'exercice précédent, hors éléments exceptionnels. Le chiffre d'affaires annuel a progressé parallèlement de 7% à 10,86 milliards de dollars en 2000/01 par rapport à 1999/2000.Avec AFP

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