Le sort du Crédit Lyonnais toujours incertain…

Lucien Douroux, alors directeur général de la caisse nationale de Crédit Agricole, avait expliqué à Bercy qu'un rapprochement avec le Lyonnais était bon moyen de constituer sur l'échiquier européen un groupe bancaire capable de rivaliser avec les plus grands. Le ministre de l'Economie de l'époque, Dominique Strauss-Kahn, avait donné son blanc seing à ce projet.Depuis, les relations entre le Lyonnais et le Crédit Agricole ont connu des hauts et des bas. Mais depuis quelques mois, le climat est à l'apaisement. D'un côté, Bercy a tapé du poing sur la table, pour que le président du Crédit Lyonnais, Jean Peyrelevade, cesse de jouer un double jeu en laissant espérer à d'autres partenaires qu'ils pourraient supplanter la banque verte. De l'autre côté, la création du véhicule coté du Crédit Agricole a pris beaucoup de retard, et ses dirigeants ont compris qu'en attendant cette échéance, il valait mieux arrêter la guerre de tranchées avec Jean Peyrelevade. Les deux clans ayant fait la paix, un autre question s'est vite posée. Les membres du groupement d'actionnaires partenaires instauré lors de la privatisation du Lyonnais ne seront plus liés par l'obligation de bloquer le niveau de leurs participations au début du mois de juillet. A cette date, le Crédit Agricole, Allianz ( via les AGF), Axa, Commerzbank, Banca Intesa, BBVA pourront choisir soit de rester dans le pacte d'actionnaires, soit d'en sortir en vendant leurs titres à ceux qui souhaiteront y demeurer. La banque verte, Banca Intesa et Allianz sont d'ores et déjà prêts à se maintenir. A Bercy, on estime que la prolongation du GAP n'a guère de sens car le Crédit Lyonnais ne peut rester autonome à court terme. Or l'Etat, qui est libre de gérer comme il l'entend sa participation de 10%, est un acteur de poids. Des réflexions sont donc en cours pour savoir s'il ne serait pas opportun de proposer au Crédit Agricole de racheter la part de l'Etat, afin de renforcer sa position au sein du Lyonnais avant qu'il ne dispose d'un véhicule coté. Car il ne fait pas de doute à Bercy que le Lyonnais doit tomber dans l'escarcelle du Crédit Agricole. Ce scénario tiendra-t-il jusqu'au bout ? Aujourd'hui certains banquiers d'affaires soulignent que si la Société Générale, qui détient 4% du Lyonnais, faisait l'objet d'une offre par un établissement étranger, la donne pourrait changer. En effet, si le patron de la Société Générale Daniel Bouton, proposait à l'Etat de se marier au Lyonnais pour échapper aux griffes d'un raider, le gouvernement serait susceptible de prêter une oreille attentive à une telle proposition. Dans ce cas, la messe serait dite pour le Lyonnais. Mais pas celle qu'on attendait.

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