« La prime à la qualité ne joue plus pour l’obligataire »

La Tribune. - La correction des Bourses mondiales n'a-t-elle pas entraîné, par un mouvement de fuite vers la qualité, la création d'une bulle obligataire ? Naïm Abou-Jaoudé. - La prime à la qualité a beaucoup moins joué qu'en 1998. Nous évaluons à 25 ou 30 points de base la part du « flight to quality » dans la baisse actuelle des taux longs. Et encore cette contribution s'est-elle essentiellement concentrée sur la fin de l'année dernière, et ne joue plus que marginalement aujourd'hui. J'en veux pour preuve la quasi stabilité des taux longs par rapport au début de l'année alors que les grands indices ont dans le même temps plongé de 10%. Les gérants qui s'allègent sur les marchés actions n'investissent pas massivement sur l'obligataire, mais préfèrent plutôt gonfler leurs liquidités.Quels sont alors les facteurs de la sur-performance des marchés obligataires ?Les marchés obligataires profitent de fondamentaux très solides qui justifient le niveau actuel des taux longs. D'abord, les tensions inflationnistes restent extrêmement contenues, voire orientées à la baisse, en Europe comme aux Etats-Unis. Les obligations à long terme, malgré des taux inférieurs à 5%, ne risquent donc pas de voir leurs rendements rognés par la hausse des prix. Et les gains de productivité toujours élevés des deux côtés de l'Atlantique garantissent la sagesse des prix à moyen terme. Le ralentissement économique constitue un autre facteur de soutien des marchés obligataires, plus particulièrement aux Etats-Unis. Ceci explique que le rendement du « T-bond » à dix ans soit aujourd'hui supérieur de moins de 20 points de base à celui du Bund allemand, alors que ce différentiel dépassait 100 points de base en juillet dernier.La réunion de la Réserve fédérale, le 20 mars, peut-elle changer la donne sur le marché obligataire ?C'est peu probable. Les marchés anticipent aujourd'hui une baisse d'un demi-point mardi prochain, suivie d'une nouvelle baisse de même ampleur d'ici fin juin. Si leurs attentes sont déçues, les marchés actions risquent bien de reprendre leur correction ce qui devrait relancer la fuite vers la qualité. Pas de risque majeur donc pour l'obligataire, même si les espoirs de gains sont eux-aussi réduits.Propos recueillis par Jean-Noël Roffiaen
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