"Retour vers les fondamentaux pour les agences Web"

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La Tribune.- Comment expliquez-vous le regain d'intérêt dont bénéficient les agences Web ?Lionel Pellicer.- Il y a deux facteurs. D'une part, il s'agit de titres fortement corrélés au Nasdaq. Le fort rebond de celui-ci a rejailli naturellement sur les agences Web. D'autre part, on était arrivé à des valorisations proches de la valeur à la casse. Tombée à 3 euros par action, la capitalisation boursière de la société Fi System ne dépassait pas son chiffre d'affaires 2000 et elle était presque couverte par son abondante trésorerie ! Il y a eu beaucoup d'amalgames autour des agences Web : début 2000, elles ont été valorisées comme des sociétés de logiciels, alors qu'il s'agit de sociétés de services. Après une première vague de rattrapage, on devrait donc revenir vers des niveaux de valorisations plus objectifs.Après la faillite d'une agence Web emblématique aux Etats-Unis, marchFirst, le modèle de développement de ces sociétés est-il remis en question ?Il ne faut pas confondre la situation américaine et l'Europe. Le phénomène de la bulle Internet a été très prononcé aux Etats-Unis, alors qu'il restait marginal en Europe et notamment en France. Les agences Web françaises sont donc peu exposées aux clients dot.com : elles répondent plutôt à la demande des grands comptes. Par ailleurs, il faut également distinguer plusieurs types d'agences Web. Celles qui se consacrent au front-office (graphisme, design) comme RazorFish ont vu leur demande s'effondrer, ce sont plutôt des sociétés de média à la rigueur. Mais le vrai potentiel réside dans les acteurs qui ont un modèle d'intégrateur, et proposent des solutions pour le business-to-business comme les places de marchés et la chaîne d'approvisionnement, mais aussi la gestion de la relation client. Y a-t-il un acteur atypique parmi les intervenants français ?Valtech présente un profil intéressant. Malgré un rythme de croissance élevé, avec une croissance organique de 114 % en 2000, le groupe est parvenu à maintenir une rentabilité nette de 5 %, comparable aux sociétés de services importantes. Et le positionnement du groupe est bon : Valtech se consacre surtout à des grands comptes, sur des segments de marchés très « B-2-B » (professionnels), et est une des seules à disposer de la taille critique. Face à la concurrences des cabinets de conseil et des SSII, ce devrait être un des rares acteurs à survivre à la restructuration du secteur qui se profile.Propos recueillis par Aline Robert

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